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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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"il fallait donc appliquer à l’I.S. la critique qu’elle a appliquée souvent si bien à la société
Article mis en ligne le 13 avril 2013
dernière modification le 17 novembre 2013

par ArchivesAutonomies

Extrait d’un "document hors débat", signé Debord, paru dans un recueil ronéoté, Débat d’orientation de l’ex-Internationale situationniste, Centre de recherche sur la question sociale, 1974.
Texte fourni à René Lourau par Patrick Bellegarde.

"L’I.S. a eu (nous avons encore, quoique étant, heureusement, nettement moins en avant-garde) la théorie la plus radicale de son temps. Dans l’ensemble elle a su la formuler, la diffuser, la défendre. Elle a su souvent lutter bien dans la pratique ; et même certains de nous ont assez souvent pu conduire leur vie personnelle dans la ligne de cette théorie (condition d’ailleurs nécessaire pour en formuler l’essentiel). Mais l’I.S. ne s’est pas appliquée jusqu’à appliquer sa propre théorie dans l’activité même de la formulation de cette théorie, ni dans la condition générale de sa lutte. Les partisans des positions de l’I.S.n’ont pas été, le plus souvent, leurs créateurs et leurs véritables agents. Ils ne furent que des pro-situs plus officiels et plus prétentieux. Ceci est le principal défaut de l’I.S. (évitable ou non ?). Ne pas s’en apercevoir a été longtemps sa pire erreur (et pour parler pour moi, ma pire erreur). Si cette attitude avait dominé, c’eût été son crime définitif. L’I.S., en tant qu’organisation, a échoué en partie ; et justement, sur cette partie. Il fallait donc appliquer à l’I.S. la critique qu’elle a appliquée, souvent si bien, à la société dominante moderne. (On peut dire que nous étions assez bien organisés pour faire surgir dans le monde notre programme, mais non notre programme d’organisation.)"

Internationale Situationniste, 1971