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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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"considérant que le projet... intégrait la destruction des systèmes ecclésiastiques"
Article mis en ligne le 13 avril 2013
dernière modification le 17 novembre 2013

par ArchivesAutonomies

Paris, le 16 février 1975. Suivent une quinzaine de noms, dont ceux des leaders Pierre Baligand et Robert Davezies.
Échanges et Dialogues avait été fondé par des prêtres oppositionnels alors qu’était en train de se dissoudre le C.A.R.É. (Comité d’action pour la révolution dans l’église) créé en 1968 par des laïcs et quelques prêtres. Texte communiqué à René Lourau par Robert Davezies.

Le Bureau national du mouvement du 3 novembre, Échanges et dialogues, par une lettre du 14 janvier 1975, vient de consulter tous les signataires de la Lettre du 3 novembre 1968 sur l’avenir du mouvement.
Le processus dont cette consultation est le terme a été déclenché, il y a plus d’une année, par les porte-parole des assemblées régionales, lors de la réunion du bureau national qui s’est tenu à Paris les 1er et 2 septembre 1973.
Constatant que le projet des membres d’Échanges et dialogues ne se réduisait plus à la déclergification mais qu’il intégrait la destruction des systèmes ecclésiastiques et l’invention d’une nouvelle existence chrétienne, le bureau national proposait "qu’avant Pâques 1974, tous ceux qui se reconnaissent dans ces objectifs, et notamment les membres d’Échanges et dialogues, se réunissent en assemblée constituante au cours de laquelle seraient précisés les objectifs et serait créée une organisation capable de les atteindre". Le bureau national ouvrait ainsi un grand débat à l’intérieur de l’organisation.
Ce projet était repris dans le texte d’orientation pour l’Assemblée internationale des chrétiens pour l’avenir du monde, publié à Francfort-sur-le-Main le 9 septembre 1973 par les organisations de Chrétiens critiques de l’Europe occidentale.
Le bureau national, réuni à Paris les 11 et 12 mai 1974, déclarait dans ses Propositions pour un nouveau collectif : "Dans l’hypothèse d’une assemblée constituante en automne, le bureau national sera convoqué dans les semaines qui suivront. S’il reconnaît que son projet est repris par la nouvelle organisation, le mouvement du 3 novembre, Échanges et dialogues, pourrait alors inviter ses membres à y entrer à titre personnel et prononcer sa propre dissolution".
La première réunion répondant à l’appel du 2 septembre 1973 a rassemblé à Paris, les 29 et 30 juin 1974, vingt-huit porte-parole venant de toutes les régions de France. Ces porte-parole convoquaient une assemblée constituante pour le 30 novembre et le 1er décembre 1974. Celle-ci a rassemblé à Vincennes, Val de Marne, 46 délégués qui ont décidé de créer le Collectif du 1er décembre.
Ce collectif a défini sa ligne générale dans la Déclaration de Vincennes qui dit notamment : "A l’intérieur des luttes et pour leur cohérence, le Collectif du 1er décembre se donne comme projet spécifique l’invention de nouvelles formes d’existence chrétienne, la recherche d’une nouvelle intelligence de la foi, la révolution des églises à travers le combat contre les systèmes ecclésiastiques dont les structures et l’idéologie exercent une action répressive sur la société tout entière et constituent un des obstacles majeurs pour reconnaître Jésus de Nazareth.
Ainsi, des hommes et des femmes engagés dans les luttes séculières contre l’exploitation de l’homme par l’homme, par souci de cohérence, s’organisaient pour mener collectivement la lutte de libération à l’intérieur de l’Église.
Les 1er et 2 février 1975, le mouvement a pris le nom de Chrétiens critiques, a convoqué une assemblée nationale pour les 7 et 8 juin 1975 et a désigné un secrétaire permanent de son bureau.
Entre-temps, dans la lettre du 14 janvier 1975, trente-deux porte-parole des régions d’Échanges et dialogues posaient à tous les signataires de la Lettre du 3 novembre la question suivante : "Approuvez-vous la ligne générale du mouvement du 3 novembre ? Est-il juste, comme nous le pensons, que, les 15 et 16 février 1975, le mouvement du 3 novembre, Échanges et dialogues, s’il reconnaît que son projet est repris par le Collectif du 1er décembre, ayant au préalable invité ses membres à entrer à titre personnel dans ce Collectif, prononce sa propre dissolution ?"
Les 15 et 16 février 1975, le bureau national constate que la ligne générale du mouvement n’a rencontré qu’une très faible opposition.
Vingt-cinq signataires préfèrent qu’Échanges et dialogues soit maintenu. Onze s’opposent à ce qu’un appel soit fait aux membres d’Échanges et dialogues d’entrer à titre personnel dans le Collectif Chrétiens critiques.

En conséquence, le mouvement du 3 novembre, Échanges et dialogues, reconnaissant que son projet est repris et amplifié par le mouvement Chrétiens critiques, invite ses membres à entrer à titre personnel dans le mouvement Chrétiens critiques pour y continuer la lutte ; appelle chacun de ses membres à rester vigilant et à prendre toutes initiatives personnelles et collectives pour s’opposer à la répression qui s’exerce sur le clergé ; prononce sa propre dissolution. Celle-ci deviendra effective le 1er mars 1975.
Si vous aviez de la foi gros comme un grain de sénevé, vous auriez dit au mûrier que voilà : Déracine-toi et va te planter dans la mer, et il vous aurait obéi.(Luc XVII-6.)
La lutte continue.

Échanges et Dialogues, 1975