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Biographie de Lentengre, Célestin, Pierre " (Pierre Lentente")
Article mis en ligne le 28 octobre 2018
dernière modification le 6 octobre 2018

par ArchivesAutonomies
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Né le 17 décembre 1890 à Paris (XIXe arr.) - mort le 20 mars 1982 - ouvrier mécanicien puis comptable - UA — UAC - AFA — UFSA - CGTSR — Paris 19 & 20 - Le Pré Saint Gervais (Seine-Saint-Denis)

Au début des années 1920, Pierre Lentengre dit Lentente avait fondé un groupe anarchiste dans le 19è arrondissement de Paris où il demeurait et commençait à collaborer au Libertaire. Les 2-4 décembre 1922 il participa au 3è congrès de l’Union anarchiste (UA) tenu à Levallois. Fin mai 1923, suite à un article paru dans le Libertaire et soutenant Germaine Berton, il fut condamné à 6 mois de prison et fut incarcéré jusqu’en septembre. Nommé membre du conseil d’administration du Libertaire quotidien ave entre autres Séverin Férandel, il remplaça à partir du 11 décembre 1923 Georges Vidal à l’administration du quotidien, poste qu’il exerça jusqu’au 14 décembre 1924 où, démissionnaire, il fut remplacé par Henri Delecourt nommé au congrès de l’UA à Paris les 1er-3 novembre. Selon le Maitron , il aurait été également à la même époque administrateur de La Revue Anarchiste (Paris, 35 numéros de janvier 1922 à août 1925) de Sébastien Faure.

Lors du congrès de l’UA tenu à Pantin les 31 octobre-2 novembre 1925, il fut élu membre du Comité d’initiative de l’UA, poste auquel il fut reconduit lors du congrès d’Orléans les 12-14 juillet 1926.

Il était à cette époque archiviste du bureau de l’Union fédérative des syndicats autonomes dont les secrétaires étaient Lucien Huart et Pierre Besnard.

En 1927, il accompagna Sébastien Faure dans une tournée de conférences dont il assura l’organisation matérielle.

Lors de la scission survenue fin 1927 au sein de l’Union anarchiste communiste entre partisans de la plateforme dite d’Archinov et ses opposants regroupés autour de Sébastien Faure, il fit partie de ces derniers et assura provisoirement le secrétariat de la nouvelle organisation, l’Association des Fédéralistes Anarchistes (AFA) jusqu’en février 1928 où il fut remplacé par Darsouze. Secrétaire du groupe Fernand Pelloutier (AFA) de Paris 20è où il demeurait 55 rue Pixérécourt, , il fut le rédacteur administrateur de son premier organe, Le Trait d’union libertaire (Paris, 4 numéros et un supplément du 1er janvier au 1er avril 1928), puis des 6 premiers numéros de La Voix Libertaire (n°1 mai à n°6, octobre 1928) qui lui succéda et qui parurent à Paris avant que l’administration soit transférée à Limoges.

En 1929 il fut membre avec G. Rolland, G. Grégoire, M. Theureau et M. Langlois du groupe la Colonie enfantine libertaire qui au cours des deux mois de l’été avait accueilli chez Jeanne Morand cinq enfants d’ouvriers à la campagne. Il collabora également dans les années 1930 à l’Encyclopédie anarchiste de Sébastien Faure ainsi qu’au Libertaire.

En janvier 1930, lors de l’enquête "A quelle CGT doit adhérer un anarchiste syndicaliste  ?" lancée par le journal La Voix Libertaire (Limoges), il s’était prononcé catégoriquement pour l’adhésion à la CGTSR.

Au congrès de Paris (19-21 avril 1930), il signa le "manifeste des anarchistes communistes" favorable à l’union large des anarchistes et fut élu à la commission administrative de l’UACR. Toutefois il était toujours membre de l’AFA, dont en 1933 il fut le secrétaire.

Du 11 au 13 novembre 1932 il avait assisté, comme délégué du syndicat des métaux de la région parisienne au 4è congrès de la CGTSR où il avait été élu à la Commission administrative - avec entre autres Doubinsky, Robinet, Demeure, Snappe, Boisson, Ganin...- en tant qu’administrateur du Combat Syndicaliste (1926-1939). Il demeurait alors 34 rue Curial dans le 19è et figurait sur la liste de vérification de domiciles d’anarchistes. Dans un de ses articles (16 février 1934), il tira les enseignements des événements de février 1934  : l’insuffisance de liaison entre les organisations du mouvement ouvrier et sa confiance dans l’unité entre socialistes et communistes favorables à l’unité syndicale.
Le 30 juillet 1936, il fut l’un des orateurs, avec Justin Olive, Raoul Chenard, Pierre Besnard et Sébastien Faure, du grand meeting organisé à la Mutualité à Paris par la CGTSR en solidarité et commémoratif de camarades étrangers  : E. Mühsam assassiné en Allemagne et sa compagne Zensl emprisonnée en URSS, A. Berkman mort en exil, F. Ascaso et Manuel Pérez tués en Espagne, Simon Radowitzky emprisonné en Uruguay et V. Orobon qui venait de décéder en Espagne.

Lors d’un meeting de soutien à l’Espagne, tenu à la Mutualité le 1er octobre 1936, il insista sur le manque d’armes et dénonça la neutralité adoptée par les démocraties.

Lentente, qui habitait toujours à la Libération, 55 rue Pixérécourt (Paris 20è) et souscrivait régulièrement au Libertaire, diffusait alors les fascicules de l’Encyclopédie anarchiste. Il habita ensuite Le Pré-Saint-Gervais où son domicile figurait sur les listes établies par la police et fut avec Justin Olive le premier secrétaire du groupe des "Amis de Sébastien Faure", association fondée en 1948. Responsable des éditions de l’association jusqu’en 1955, il édita deux ouvrages de S. Faure  : "Mon communisme  : le bonheur universel" (365p.) et "Propos subversifs" (258p.). Il participa ensuite à La Ruche culturelle, nouveau nom pris en 1958 par l’Association des amis de Sébastien Faure, dont les responsables étaient Justin Olive et André Maille. A l’automne 1952 il fut avec entre autres P. V. Berthier, membre du Centre de Recherches philosociales qui chaque semaine organisait des débats à la salle des sociétés savantes.

Pierre Lentente est mort le 20 mars 1982 à Draguignan (Var).

Œuvres  : - co-auteur avec A. Lapeyre de "La fin douloureuse de Sébastien Faure" (Paris, 1957, 160p.)

P.S. : 

Sources  : J. Maitron, Le Mouvement anarchiste en France, op. cit. — Journaux cités. — Lettre de P. Lentente, s.d. — Contre-Courant, n° 75, fin janvier 1957. — S. Jospin, Mémoire de Maîtrise, 1974, op. cit. — État civil de Paris (XIXe arr.).= notice de J. Maitron in "Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier...", op. cit. // Plus Loin, année 1929 // Notes D. Dupuy // R. Bianco "Un siècle de presse...", op. cit. // Le Combat Syndicaliste, 9 octobre 1936 // APpo BA 1900 // CAC Fontainebleau 200 10216/170// La Voix Libertaire, année 1930, n°196, 26 novembre 1932 (compte rendu du 4ème congrès CGTSR)




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