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Biographie de Perrissaguet, Adrien, Pierre
Article mis en ligne le 28 octobre 2018
dernière modification le 6 octobre 2018

par ArchivesAutonomies
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Né à Limoges (Haute-Vienne) le 22 avril 1898 — mort le 14 janvier 1972 - Ouvrier en chaussures - AFA — FAF — FA - CGTSR — Limoges (Haute-Vienne)

Adrien Perrissaguet, qui était né au Mas Loubier un quartier ouvrier de Limoges et qui résidait 20 Clos-La-Bregère, fut longtemps secrétaire du groupe anarchiste de Limoges. En 1922, il fut parmi les militants anarchistes et syndicalistes qui enfoncèrent la porte de la prison de Limoges pour protester contre l’incarcération d’un militant. Il fonda le syndicat autonome des Cuirs et Peaux dont il fut le secrétaire. Meilleur ouvrier formier de Limoges, il était très recherché par les fabricants. Inculpé de coups et blessures, provocation à l’attroupement et menaces de mort, à la suite d’une "conduite de Grenoble" infligée au directeur d’une usine de chaussures qui avait fait licencier deux ouvrières, il fut condamné à un mois de prison. Animateur en 1927 du comité Sacco et Vanzetti créé en Haute-Vienne, il fut l’un des organisateurs de la manifestation qui parcourut la ville quand parvint la nouvelle de l’exécution des deux anarchistes italiens.

Ami personnel de Sébastien Faure depuis le lendemain de la Première Guerre mondiale, il l’accompagnait souvent dans ses tournées de conférences à travers le sud-ouest. Il devint trésorier de l’Association des fédéralistes anarchistes (AFA) née de la scission qui, sous l’action de Sébastien Faure, s’opéra dans les rangs de l’Union anarchiste communiste au lendemain du congrès de Paris (30-31 octobre, 1er novembre 1927), et qui se donna comme objectif de combiner dans "une sorte de synthèse" les trois courants anarchistes  : l’anarcho-syndicalisme, le communisme libertaire et l’individualisme anarchiste. Perrissaguet fut également chargé à partir d’octobre 1928 de l’administration de la Voix libertaire (n° 1, mai 1928, n° 394, juillet 1939), organe de l’AFA, lorsque le journal s’installa à Limoges. A partir de mai 1930, L. Chabaudie lui succéda dans ces fonctions.

A. Perrissaguet créa, le 14 janvier 1933, un groupe intercorporatif de la CGT-SR, le syndicat unique des travailleurs de Limoges. Secrétaire de l’Union départementale CGT-SR de la Haute-Vienne, Perrissaguet fut également chargé à partir de 1933 de l’impression du Combat syndicaliste, l’organe de la CGT-SR. En 1936, il devint l’administrateur de ce journal qui, de mensuel, de décembre 1926 au 25 avril 1933, devint hebdomadaire à partir du 12 mai 1933 et le demeura jusqu’au 19 mars 1937. Au printemps 1933 il était également le responsable pour les groupes libertaires et les syndicats du Comité d’organisation d’un congrès contre la guerre et le fascisme devant se tenir à Saint Etienne les 24-25 juin.

Il fut candidat abstentionniste, libertaire et antiparlementaire aux élections législatives de 1932. Il accueillit les militants espagnols pourchassés Francisco Ascaso, G. Jover et Bonaventura Durruti et fit un voyage clandestin en Espagne qui lui valut de voir sa tête mise à prix par la dictature de Primo de Rivera.

En 1935 il demeurait 96 rue Victor Thuillat, était le responsable des Editions de la CGTSR et figurait comme militant "considéré comme dangereux pour l’ordre public" sur la liste des anarchistes de Haute-Vienne établie le 1er juin. Quand éclata la guerre civile espagnole, il fut envoyé à Barcelone comme observateur par la CGTSR et l’Association internationale des travailleurs (AIT). Il fut délégué du groupe de Limoges au congrès constitutif de la Fédération anarchiste de langue française en 1936 à Toulouse.

Résistant sous l’occupation allemande, il milita, après la Libération, au Comité pour l’Espagne libre ainsi qu’à la Libre pensée dont il fut trésorier fédéral du groupe limousin (groupe Francisco Ferrer). Il prit part à l’organisation du congrès de la Fédération anarchiste française qui se tint à Limoges les 29 et 30 mars 1970.

Victime d’un accident de la circulation — il avait été renversé par une voiture alors qu’il circulait en moto - le 5 décembre 1971, Adrien Perrissaguet mourut à l’hôpital de Limoges le 14 janvier 1972. Il a été enterré au cimetière de Lougat. Il avait accompli son dernier acte militant le 1er décembre précédent en allant témoigner de sa solidarité aux travailleurs lockoutés d’une imprimerie limousine.

Un hommage lui fut rendu le 18 mars suivant par M. Laguionie lors d’une réunion du groupe Francisco Ferrer de la Libre Pensée.

P.S. :

Sources  : R. Bianco, Un siècle de presse anarchiste, Th., op. cit. — M. Laguionie, Les Trois CGT, histoire du mouvement syndical en France de 1919 à 1939, Éditions de la CGT-Force ouvrière, s. d. — J. Maitron, Histoire du mouvement anarchiste en France, op. cit. — Le Combat syndicaliste, 22 janvier 1937 (photo) et 27 janvier 1972 (nécro. de M. Laguionie) — Le Mouvement social, avril-juin 1973. — Le Libertaire, 5 août 1937 — Le Monde libertaire, février 1972. — Notes de N. Faucier et J.-M. Lebas. — Témoignage de A. Perrier.= notice R. Bianco et J. Maitron in "Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier..., op. cit.// Espoir, 30 janvier & 6 février 1972 // CAC Fontainebleau 20010216-171// Espoir, 30 janvier 1972 (nécro de Michel Laguionie) // La Voix Libertaire




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