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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Que sera la Révolution : démocratie, dictature du prolétariat ou liberté ? - A. P.
La voix libertaire N°275 – 15 Septembre 1934
Article mis en ligne le 28 octobre 2018
dernière modification le 15 octobre 2018

par ArchivesAutonomies
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I — Principes. — Démocratie signifie : contrôle du peuple sur le gouvernement ; dictature du prolétariat signifie : contrôle exclusif du prolétariat sur le gouvernement. En ce sens la dictature du prolétariat s’oppose à la démocratie, partout où le prolétariat n’est pas identique à l’ensemble du peuple.

Le prolétariat (classe non-privilégiée) ne se confond avec l’ensemble du peuple que lorsque se trouve réalisée la suppression de tous les privilèges sociaux, ce qui signifie en même temps l’unification et l’abolition du prolétariat comme classe. La suppression de tous les privilèges sociaux ne peut, à son tour, résulter que d’un état de fait dans lequel le gardien et l’arbitre des privilèges sociaux, l’État, le Gouvernement, est aboli.

Ainsi la démocratie et la dictature du prolétariat se manifestent comme deux termes antagonistes, dont le contraste ne peut être résolu en dehors de l’intervention d’un troisième terme : l’anarchie, le "saut dans la Liberté".

II. — Organisation. — Il ne s’agit pas essentiellement du contrôle sur les affaires publiques, qui est le propre des systèmes de gouvernement basés sur la monopolisation des fonctions sociales (dictature ou démocratie), mais il s’agit ici de la direction, ou plutôt de l’exercice, direct des fonctions sociales par des collectivités réelles, fondées sur des rapports personnels et libres, et travaillant pour des besoins consciemment ressentis. Le développement de cette vie collective et l’essor personnel des hommes vers la liberté ne saurait trouver de garantie qu’en eux-mêmes, c’est-à-dire dans l’entr’aide mutuel et la reconnaissance de la liberté d’autrui.

En tant qu’ils constituent des instruments de contrôle sur une société à fonctions monopolistes, le Parlement national et le Parlement de classe (Soviet) seront rejetés par la révolution au cours de son développement, et par là-même, seront écartées la dictature d’un parti au nom de la nation et celle d’un parti au nom de la classe prolétarienne (formes extrêmes de régression du système monopoliste parlementaire).

III. — Fonctionnement. — Pour que le monde ne se casse pas le cou lors du "saut dans la liberté", l’individu doit être préalablement débarrassé de ses chaînes. Ceci ne saurait être le rôle d’une armée d’éducateurs autorisés, car "les éducateurs ont eux-mêmes besoin d’être éduqués". L’initiative prise spontanément sous la pression est la seule école de l’initiative. Toute fonction sociale qui n’est pas prise directement en main par les intéressés continue à être exercée par l’État, c’est-à-dire qu’elle reste la racine d’une privilège social. C’est par l’extension révolutionnaire de "l’anarchie spontanée", fait fondamental de toute révolution, autrement dit c’est par l’initiative des masses brisant une à une les digues du pouvoir, que se réalise pratiquement l’apprentissage des solutions nouvelles. C’est par l’anarchie que sera réalisé l’ordre social libertaire de demain.




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