Bandeau
Fragments d’Histoire de la gauche radicale
Slogan du site
Descriptif du site
"la machine administrative et gouvernementale de l’État est abolie"
Article mis en ligne le 13 avril 2013
dernière modification le 17 novembre 2013

par ArchivesAutonomies

L’affiche rouge placardée sur les murs de Lyon le 26 septembre 1870 a été rédigée la veille par Bakounine. Les articles 6 et 7 ont été rajoutés par un très jeune disciple, Albert Richard, fils d’un vieux militant ouvrier. L’affiche est signée de 26 noms, la plupart d’ouvriers lyonnais. Parmi les trois ou quatre non-lyonnais, Michel Bakounine.
Deux jours plus tard, ce sera la tentative de prise du pouvoir par plusieurs milliers d’ouvriers des chantiers nationaux dont le conseil municipal vient d’abaisser le salaire journalier de 3 F a 2,50 F. Bakounine et le Comité central occupent l’Hôtel de Ville. Le leader anarchiste, un instant arrêté puis libéré, doit s’éloigner. Il part à Marseille, avec l’intention d’aider au soulè­vement de la ville.
Six mois plus tard naîtra la Commune de Paris. (Texte et renseignements dans la présentation de Fernand Rude : à Michel Bakounine, De la guerre à la Commune, recueil de textes, Anthropos, 1972.)

RÉPUBLIQUE FRANÇAISE FÉDÉRATION RÉVOLUTIONNAIRE DES COMMUNES

La situation désastreuse dans laquelle se trouve le pays ; l’impuissance des pouvoirs officiels et l’indiffé­rence des classes privilégiées ont mis la nation française sur le bord de l’abîme.
Si le peuple organisé révolutionnairement ne se hâte d’agir, son avenir est perdu, la révolution est perdue, tout est perdu. S’inspirant de l’immensité du danger et considérant que l’action désespérée du peuple ne saurait être retardée d’un seul instant, les délégués des comités fédérés du salut de la France, réunis en Comité central, proposent d’adopter immédiatement les réso­lutions suivantes :

Article 1er - La machine administrative et gou­vernementale de l’État, étant devenue impuissante, est abolie.
Le peuple de France rentre en pleine possession de lui-même.

Art. 2 - Tous les tribunaux criminels et civils sont suspendus et remplacés par la justice du peuple.

Art. 3 - Le paiement de l’impôt et des hypothèques est suspendu. L’impôt est remplacé par les contributions des communes fédérées, prélevées sur les classes riches, proportionnellement aux besoins du salut de la France.

Art. 4 - L’État, étant déchu, ne pourra plus inter­venir dans le paiement des dettes privées.

Art. 5 - Toutes les organisations municipales exis­tantes sont cassées et remplacées dans toutes les com­munes fédérées par des Comités du salut de la France, qui exerceront tous les pouvoirs sous le contrôle immé­diat du peuple.

Art. 6 - Chaque comité de chef-lieu de département enverra deux délégués pour former la Convention révo­lutionnaire du salut de la France.

Art. 7 - Cette Convention se réunira immédia­tement à l’Hôtel de Ville de Lyon, comme étant la seconde ville de France et la plus à portée de pourvoir énergiquement à la défense du pays.

Cette Convention, appuyée par le peuple entier, sau­vera la France.
AUX ARMES !

Autodissolution de l’État, Lyon, 26 septembre 1870