Bandeau
Fragments d’Histoire de la gauche radicale
Slogan du site
Descriptif du site
Tâches positives de l’anarchisme – Réponse à "un manifeste pour la défense du syndicalisme lutte de classes"... - Attruia
Terre Libre N°31 – Mai 1937
Article mis en ligne le 15 décembre 2018
dernière modification le 3 novembre 2018

par ArchivesAutonomies
logo imprimer

Nous rappelons à nos lecteurs que le problème : TÂCHES POSITIVES DE L’ANARCHISME, intimement lié à celui de nos rapports avec le mouvement syndical et syndicaliste, est en discussion sur les colonnes de Terre Libre depuis déjà un bon moment. Citons les articles parus de Maurice Imbart, Jean Dupoux, C. Paris (2), Voline. Avec le présent numéro, nous reprenons l’analyse de ce vaste problème en donnant place à un article du camarade Attruia qui traite le rôle du "syndicalisme pur" dans la Révolution Sociale.

La rédaction

Réponse à "Un manifeste pour la défense du Syndicalisme lutte de classes"

Il devient de plus en plus évident, au fur et a mesure que les nécessités imposent aux capitalismes de préparer plus activement la guerre, soit pour la défense des privilèges acquis lors de la dernière par les vainqueurs, soit pour la conquête de nouveaux débouchés pour les vaincus, que le syndicalisme devient une force au service de l’État, c’est-à-dire le contraire de ce que devrait être sa mission : la destruction de l’État.

Ce fait, qui n’a pas manqué de sauter aux yeux de quelques syndicalistes purs, nous a valu dernièrement un Manifeste de défense du syndicalisme lutte de classes. Si ce manifeste a pourtant reçu l’assentiment de ceux qui croient encore possible le redressement, par l’action d’une minorité révolutionnaire, d’une organisation pourrie du sommet a la base, nous sommes quelques-uns a penser que l’expérience du syndicalisme dans les divers pays du monde où il s’est manifesté le plus amplement, a suffisamment démontré l’utopie d’un tel redressement. En effet, de par sa structure même, le syndicalisme est voué a la faillite. Mais ce n’est pas du tout l’avis des signataires du dit manifeste qui, malgré que la réalité leur a toujours donné tort, n’en continuent pas moins à conserver leurs belles illusions. Aussi, devant l’effondrement actuel des partis politiques se réclamant de la classe ouvrière, comme devant celui de la C. G. T., ont-ils tenu à déployer une fois de plus l’étendard du véritable syndicalisme lutte de classes. Il nous semble pourtant que le syndicalisme, en tant qu’organe de revendications au sein de la société bourgeoise, a donné tous ses fruits puisque maintenant il ne s’agit plus de revendiquer quoi que ce soit à une société qui, pour se maintenir, marche à grands pas vers la dictature et la guerre. II s’agit donc, désormais, non plus de revendiquer, mais de détruire l’État sur lequel est fondée cette société. Nous ne nions pas que le syndicat ait toujours été un puissant organe de ralliement de tous les travailleurs salariés sans distinction d’opinions. Mais c’est précisément parce que le syndicat englobe aussi bien ceux qui pensent en révolutionnaires que ceux qui pensent en contre-révolutionnaires que sa mission était forcément limitée aux revendications pures et simples dans le cadre même du régime qui les exploite.

Il ne faut pas oublier non plus que, si le syndicat est parfois un organe de ralliement de tous les travailleurs, il ne peut pas ne pas être aussi un organe de compromis entre le capital et le travail, entre l’exploiteur et l’exploité ; et, chaque fois que le capitalisme se trouve vraiment en danger, un organe de trahison par suite de l’inévitable contradiction interne des intérêts. Quoique de pieux désirs puissent augurer d’une démocratie syndicale : vouloir réformer le syndicat, c’est un peu comme vouloir réformer la démocratie bourgeoise, humaniser la guerre, etc.

Vouloir réaliser l’émancipation du prolétariat au moyen du syndicalisme (même s’il s’intitule de lutte de classes), c’est aussi illusoire que de vouloir la réaliser au moyen du parlementarisme, car dans les deux cas il ne saurait être question de détruire, mais simple ment d’améliorer, de réformer, de replâtrer. C’est à quoi se limite pratiquement l’action du parlement et du syndicat.




Site réalisé sous SPIP
avec le squelette ESCAL-V3
Version : 3.87.53