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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Tâches positives de l’anarchisme – Réponse à "un manifeste pour la défense du syndicalisme lutte de classes"... - Attruia
Terre Libre N°33 – Juillet 1937
Article mis en ligne le 15 décembre 2018
dernière modification le 4 novembre 2018

par ArchivesAutonomies

Là-dessus se termine le Manifeste des "défenseurs du syndicalisme révolutionnaire". Ce que l’on veut, ce n’est pas l’abolition de l’esclavage, du salariat, auquel est soumis le travailleur en régime capitaliste, c’est faire de lui un ESCLAVE SATISFAIT, toujours prêt à défendre son maître le cas échéant.

On est CONTRE la société bourgeoise, non pas pour la DÉTRUIRE, mais pour la RÉFORMER de telle sorte que le travailleur N’Y MEURE PAS DE FAIM. On est contre l’armée bourgeoise, mais pour la démocratiser, la rendre plus heureuse et partant PLUS FORTE, plus apte à défendre cette société.

On s’élève contre la "politique de compromis", contre le réformisme et le néo-réformisme, mais l’on rédige une plate-forme sur "la tâche urgente du moment : amélioration des conquêtes sociales légalisées ou non imposées au patronat grâce à l’action spécifique de la classe ouvrière".

On est révolutionnaire, mais on ne cesse pas pour cela d’être de parfaits réformistes.

Nous connaissons les arguments que les réformistes de tout poil ne manquent jamais d’opposer aux révolutionnaires : ils sont des "réalisateurs" et nous, de vulgaires "utopistes".

Les vrais révolutionnaires n’entendent nullement faire du travailleur un esclave satisfait ; ils veulent au contraire en faire un HOMME, un homme LIBRE : c’est là un langage que ne comprendront jamais les réformistes, même quand ils s’intitulent révolutionnaires.

Les vrais révolutionnaires n’entendent pas œuvrer à l’amélioration des conditions d’existence dans le CADRE même d’un régime d’ESCLAVAGE imposé par la force représentée par l’armée, la police et la magistrature ; ce qu’ils veulent, c’est LUTTER OUVERTEMENT pour saper la base d’un tel régime, d’autant plus que ce régime n’est plus viable sans le recours à la guerre. Mais pour cela, il faut une action POSITIVE du prolétariat mondial, du moins de ceux qui en sont les représentants les plus conscients. En d’autres termes, la lutte pour les réformes a fait son temps depuis que le capitalisme est entré dans sa période de déclin. Dès lors, on comprend que la lutte antimilitariste devienne la véritable tâche urgente du moment. Cependant, cette lutte ne saurait être limitée aux revendications au sein de l’armée comme l’entendent les auteurs du Manifeste. Là, comme ailleurs, la lutte de classes doit se manifester d’une façon directe : c’est-à-dire par la GRÈVE, le SABOTAGE et le DÉFAITISME RÉVOLUTIONNAIRE.

Lutter contre le fascisme et la guerre, c’est pour un révolutionnaire lutter CONTRE L’ÉTAT capitaliste et ses organes de défense, dont la C.G.T. et les partis qui se réclament de la classe ouvrière. Chacun sait en effet que ces partis sont tous d’accord pour respecter la propriété privée des moyens de production, base de la société bourgeoise qu’il s’agit justement de renverser.