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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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A tous les ouvriers de Barcelone ! Aux camarades de l’UGT et de la CNT !
Terre Libre N°34 – Août 1937
Article mis en ligne le 15 décembre 2018
dernière modification le 4 novembre 2018

par ArchivesAutonomies
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Nous venons de recevoir le document édifiant dont le lecteur trouvera ci-dessous la traduction fidèle.

C’est une proclamation imprimée et diffusée clandestinement à Barcelone par nos camarades de la C.N.T.

Elle dévoile et confirme les faits que nous connaissons déjà et dont la presse anarchiste de France parle depuis un bon moment.

A TOUS LES OUVRIERS DE BARCELONE ! AUX CAMARADES DE L’U.G.T. ET DE LA C.N.T. !

Personne n’ignore que, depuis quinze jours environ, une terreur incroyable est déclenchée à Barcelone par les agents de la police et les hommes chargés de l’Ordre Publique, instruits et commandés par le gouvernement central de Valence : suppression de la presse, censure rigoureuse, arrestations en masse des camarades de la C.N.T. et de etc., etc. Tout cela est le nouvel "ordre du jour"  ! Sous prétexte d’ "épuration de l’arrière-front" sont effectuées journellement des "razzias" dirigées, non pas contre les vrais ennemis de la Révolution, mais contre les plus vaillants parmi les vaillants : contre nos camarades qui furent les premiers, le 19 juillet, à défendre avec leur vie et leur sang les libertés du peuple espagnol. Des centaines de nos fonctionnaires et de militants distingués de notre mouvement révolutionnaire se trouvent actuellement — et cela se passe dans l’Espagne antifasciste - enfermés, dans des conditions inimaginables, entre les murs de cellules infectes car les cachots eux-mêmes y sont archi-combles. Aucune accusation formelle n’existe vis-à-vis de ces camarades. Mais la façon dont on les interroge démontre la manière de les traiter. On veut les considérer comme des fascistes, comme des malfaiteurs, on les qualifie de contre-révolutionnaires.

De tels procédés signifient les premiers pas vers la dictature communiste ou, mieux encore : la capitulation de l’Espagne devant Franco et ses adeptes internationaux des États fascistes d’Europe !

Ces manœuvres dictatoriales de la garde d’assaut fasciste sont dirigées moins contre les camarades espagnols, mais surtout contre les sections étrangères de l’A.I.T. Après avoir liquidé l’organisation du P.O.U.M. qui s’était dressée contre les desseins dictatoriaux de Moscou, après avoir dénoncé cette organisation comme "fasciste", — on y reconnaît bien la manière russe, — on se met à l’œuvre pour attaquer et liquider les organismes étrangers de l’A.I.T. Depuis quelques jours, plus de cent de nos camarades étrangers ont été jetés en prison : de ces camarades qui, ayant quitté leurs pays fascistes, étaient venu en Espagne pour nous offrir leurs services, pour aider le peuple espagnol dans sa lutte contre les généraux traîtres, contre les fascistes.

Dans la rue du Docteur Pavlov, au n° 24, existe un soi-disant "Service d’Information". C’est un service policier de la Tchéka. Il applique très habilement les méthodes russes pour exercer une forte pression sur nos camarades étrangers et les jeter par la suite en prison dans des conditions inhumaines, sans égard à une documentation complète que les camarades possèdent. Au cours des "interrogatoires", les policiers déclarent à ces camarades qu’ils sont soupçonnés comme étant des agents secrets de la Gestapo, se servent de tous les procédés russes de la Tchéka pour obliger les camarades à avouer des crimes qu’ils n’ont jamais commis, pour la bonne raison que ce sont d’excellents militants du mouvement antifasciste allemand, français et italien, depuis des années. Pour cacher leur propre culpabilité par rapport aux sanglantes journées du début de mai, ils ont l’air de chercher parmi nos camarades étrangers les responsables de ces événements, pourtant connus de tous. Sous prétexte de "contre-révolution" et d’"espionnage", on cherche à liquider, d’abord, les mouvements étrangers en la personne de leurs représentants ici, pour pouvoir soumettre ensuite plus facilement le peuple espagnol à la dictature communiste ou même au traître Franco.

Au n° 24 de la "Puerta del Angel", 17 camarades allemands sont détenus, parmi eux quelques femmes. Ils sont jetés dans des caves, ils couchent par terre, sans couvertures, sans rien. La nourriture est insuffisante. Courageusement, ces camarades ont déclaré, il y a trois jours, une grève de la faim contre le mauvais traitement.

Un camarade espagnol de la Commission juridique de la C.N.T. intervenu en leur faveur, a été arrêté.

Parmi les détenus, il y a quatre malades. Ils restent sans secours médical.

Le moral de nos camarades internationaux est excellent. Mais si l’on ne les aide pas du dehors, ils seront vaincus.

Notre presse est censurée. Notre radio est supprimée. Ce sont là des méthodes employées pour nous empêcher de dire la vérité  ! Pour cette raison, nous adressons cet appel aux travailleurs de Barcelone en leur demandant de se solidariser avec les prisonniers antifascistes internationaux.

Dans toutes vos organisations et dans vos ateliers, votez des résolutions de protestation, exigez la mise en liberté des prisonniers, lesquels ont lutté pour la cause antifasciste sur le front et à l’arrière !

Exigez la dissolution de la Tchéka étrangère !

Huit cents camarade de la F.A.I. sont détenus en Espagne antifasciste

Quatre de nos militants antifascistes ont été condamnés à mort en Tarragone !

Hors des prisons les militants antifascistes !

Vive la solidarité internationale du prolétariat. contre toute dictature !

Vive l’Association Internationale des Travailleurs  !

Vive l’Espagne libre et révolutionnaire  !




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