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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Contre la Guépéou en Espagne - Terre Libre
Terre Libre N°35 – 10 Septembre 1937
Article mis en ligne le 12 janvier 2019

par ArchivesAutonomies
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La main-mise stalinienne sur l’Espagne antifasciste mène le peuple espagnol à l’écrasement dans une lutte sans espoir.

Sur le terrain militaire, la dictature de l’incompétence et de la trahison s’exerce par l’intermédiaire des cellules communistes du ministère de la guerre et du grand Etat-Major. Ces cellules comprennent presque tous les chefs militaires démasqués par les anarchistes pour accointances avec Franco et sabotage de la lutte populaire. Et ces messieurs songent avant tout à leurs petites vengeances. Résultats : Irun, Malaga, Bilbao, Téruel, Santander !

Sur le terrain économique, c’est l’encouragement donné à toutes les formes de la spéculation, de l’agiotage, de l’accaparement et du parasitisme. C’est la destruction systématique des collectifs agricoles, des branches socialisées de la production et des transports, des institutions régulatrices du ravitaillement et du commerce, etc. C’est l’exploitation éhontée des finances publiques par l’Etat russe qui fournit à prix d’or des cargaisons inutilisables — lesquelles n’arrivent généralement pas à destination — et, de ce non content, porte encore sur la note la valeur de remplacement à neuf des rafiots qu’il expédie sans billet de retour. La soi-disant aide à l’Espagne n’est qu’une entreprise de pillage et de baraterie à l’appui du plan quinquennal de sur-armement de l’Etat russe.

Sur le terrain social, on assiste à la répression la plus ignoble que le peuple espagnol ait jamais vécue. L’inquisition est rétablie, et avec elle l’arbitraire des caciques et des traîneurs de sabres, au profit de qui fonctionnent les "Tchékas", assassinant dans l’ombre, rançonnant les populations, arrêtant comme otages les familles des révolutionnaires. La tourbe de tous les pays du monde est recrutée par les officines criminelles de la Guépéou en Espagne ; on annonce le départ de Cuba de toute une "légion étrangère" stalinienne recrutée parmi les tueurs professionnels du fascisme de Machado. Déjà, la liberté catalane agonise sous la botte de soixante-dix mille mercenaires en uniforme, armés jusqu’aux dents. Et pendant que les combattants du peuple (y compris les milices de la CNT et du POUM) meurent par milliers devant Saragosse et Belchite, les troupes staliniennes de la division Karl Marx et de la Legion Roja tournent leurs baïonnettes, non pas contre l’ennemi commun, mais contre l’Aragon fédéraliste et libertaire, qu’ils traitent comme le feraient des phalangistes ou des requétés carlistes.

Dans le domaine politique, les provocations succèdent aux provocations. Officiellement, les partis politiques à la solde de Staline et de la bourgeoisie hispano-internationale sont pour le centralisme et la guerre à outrance. Mais lorsqu’ils voient que le peuple espagnol est disposé à conduire cette guerre par des méthodes et sur un terrain révolutionnaires, les Casanovas et les Comorera commencent à négocier la création d’un "Parti de la paix". Ils ont des entrevues avec les politiciens de la CEDA et du fascisme espagnol, entrevues dénoncées par le Manifeste du Comité National de la CNT, Madrid 22 juin 1937. Ce manifeste apporte la preuve d’une collusion entre le PSUC, l’Estat Català et les agents du fascisme italien, successeurs de Ricciotto Garibaldi. Il démontre que le putsch réactionnaire des communistes attaquant la Telefonica, le 4 mai 1937, était lié directement ou indirectement à un projet de débarquement italien en Catalogne pour la même date, projet qui avorta de peu, grâce à l’arrestation de son principal exécuteur.

Si l’on ajoute que la célébration publique des cultes et la rentrée du clergé émigré viennent d’être imposées au peuple espagnol antifasciste par la force des mitrailleuses russes, et que la restitution des terres collectivisées aux anciens propriétaires se poursuit grâce aux mêmes moyens, il ne restera plus aucun doute possible sur la signification de l’intervention russe en Espagne.

Staline travaille, consciemment ou non, pour Hitler, Franco et Mussolini !

Il fait la guerre au peuple espagnol. Il fait la paix avec les ennemis du peuple espagnol : cléricaux, militaristes, capitalistes et fascistes. Il travaille contre le prolétariat, contre les libertés démocratiques, contre l’indépendance des populations ibériques, contre tout ce qu’il prétend défendre en Europe et dans le monde.

Il est l’ennemi public n° 1 de la Révolution Mondiale !




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