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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Le congrès de la FAF a pris position
Terre Libre N°35 – 10 Septembre 1937
Article mis en ligne le 12 janvier 2019

par ArchivesAutonomies
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RÉSOLUTION sur la position de la FAF vis-à-vis de la CNT-FAI et du mouvement anarchiste en Espagne .

Considérant que, face à la situation, une partie de la CNT-FAI a commis, dès le début, des erreurs déplorables quant à l’attitude à prendre,

que les conséquences de ces erreurs, de plus en plus fatales et graves, ont amené cette partie de la CNT-FAI à un renoncement total aux idées anarchistes,

que, malheureusement, une partie de la CNT-FAI persiste toujours dans sa fausse position et s’éloigne, de plus en plus, de toute idéologie et de toute action véritablement anarchistes,

Le Congrès estime que l’unique moyen de redresser la situation en Espagne, aussi bien au point de vue anarchiste qu’à celui de la victoire finale, est d’abandonner immédiatement toute activité gouvernementale, politique, militariste et diplomatique et de revenir aux méthodes de lutte révolutionnaire, audacieuse et directe contre toutes les forces d’oppression.

Le Congrès déclare que seuls les éléments non-conformistes de la CNT-FAI pourront accomplir ce redressement s’il reste encore possible ; que seuls ces éléments méritent encore confiance et secours, mais que le mouvement anarchiste international se trouve dans l’obligation de rompre avec les éléments politiques et politiciens de la CNT-FAI, qui s’arrogent actuellement le droit de parler au nom de l’organisation et de la révolution.

Le Congrès est profondément peiné et indigné par la carence officielle de la CNT-FAI vis-à-vis des persécutions des anarchistes en Espagne. Il attire sur la situation terrible de nos camarades emprisonnés, calomniés et torturés, l’attention des anarchistes de tous les pays et les invite à une campagne d’énergiques protestations.

RÉSOLUTION sur le Congrès Anarchiste International

Vu l’heure tardive et devant la constatation que nombre de délégués ont dû partir, le Congrès propose qu’une Commission d’organisation soit constituée en vue de préparation d’un Congrès International et charge le Comité de Relations de la F.A.F de prendre au nom de cette dernière toutes les dispositions nécessaires pour mener à bien le travail préparatoire du Congrès International.

RÉSOLUTION en faveur des camarades emprisonnés et victimes de la répression stalinienne

Le Congrès de la Fédération Anarchiste de langue Française (F.A.F), tenu à Clermont-Ferrand les 14-15 août 1937,

Dénonce au monde ouvrier international l’odieuse répression qui sévit en Espagne ;

Récuse la campagne diffamatoire faite par la III° Internationale qui essaie par des calomnies perfides d’insinuer la trahison de ceux qui, dès les premiers jours de la révolte, se donnèrent tout entiers à la lutte contre le fascisme et réalisèrent, durant plus d’un an, des prodiges d’héroïsme pour écraser les bandes mercenaires de Franco, Hitler, Mussolini ;

Condamne d’une façon impérieuse les méthodes de répression appliquées par les staliniens qui, alliés de la bourgeoisie et du capitalisme organisent la contre-révolution ;

Invite les organisations de la CNT-FAI à réagir avec ,fermeté et à s’occuper de l’entraide matériel et moral à apporter aux camarades étrangers arrêtés depuis les journées de mai 1937 de Barcelone, à les défendre avec énergie et à empêcher, par tous les moyens, qu’ils ne soient exécutés.

* * *

Contre les bourreaux hypocrites et les calomniateurs patentés du mouvement ouvrier international, contre l’action criminelle de la Guépéou qui a installé une succursale en Espagne, le Congrès décide de mener une campagne pour rompre le silence fait sous le couvert des fronts "antifasciste" et "populaire" afin de dénoncer l’organisation de l’assassinat des meilleurs révolutionnaires par les larbins aux ordres de Moscou.

RÉSOLUTION sur la position de la F.A.F vis-à-vis du syndicalisme

Le Congrès,

Considérant que le "syndicalisme, mouvement naturel des travailleurs qui, groupés dans leur syndicat, luttent pour la défense de leurs intérêts matériels et moraux et pour la suppression de l’exploitation de l’homme par l’homme" est l’agent de transformation sociale indispensable à la réalisation des buts révolutionnaires du communisme libertaire.

Que le syndicalisme ne peut employer que des méthodes d’action directe sur le terrain de la lutte de classe ; que la suppression de l’exploitation de l’homme par l’homme implique. fatalement, la destruction de l’État,

Qu’en conséquence le syndicalisme ne peut être ni politique, ni apolitique, mais bien anti-politique et qu’il doit, en toutes circonstances, se dresser contre le capitalisme, l’État et les partis,

Constate.

Que la C.G.T., en pratiquant le réformisme, en freinant l’action ouvrière, en collaborant de façon de plus en plus étroite avec le capitalisme et l’État, a trahi l’idéal syndicaliste.

Déclare.

Que tous les efforts du communisme libertaire doivent tendre au renforcement du syndicalisme révolutionnaire, fédéraliste, anti-autoritaire, représenté actuellement en France par la C.G.T.S.R et dans le monde par l’Association Internationale des Travailleurs,

Demande

Aux compagnons communistes-libertaires égares à la C.G.T. et dans les syndicats autonomes, ainsi qu’aux inorganisés, de se rendre compte de leur présence dans ces organisations ou leur indifférence à l’égard du syndicalisme révolutionnaire est en désaccord formel avec les principes et la doctrine dont ils se réclament, et que leur adhésion à ces organismes ne peut que servir les intérêts de ceux qui, se réclamant du prolétariat, la trahissent en fait tous les jours.

Le Congrès les adjure fraternellement de participer à notre action de renforcement du syndicalisme révolutionnaire : tous ensemble, nous pourrons donner à ce mouvement la force indispensable mener à bien cette tâche qui nous incombe à tous : la révolution communiste-libertaire.




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