Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Nous sommes une dizaine de camarades, étudiants,
Archinoir, n°1, Février-Mars 1969, p. 3-5.
Article mis en ligne le 1er mai 2013
dernière modification le 6 novembre 2017

par ArchivesAutonomies
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Nous sommes une dizaine de camarades, étudiants, artistes, enseignant et travailleurs. Nous venons de plusieurs horizons politiques : les uns du GAAAB. La plupart (ex-scissionnistes de la F.A il y a deux ans), groupe pseudo-théorique fermé sur lui-même et qui éclata en novembre, les autres ayant milité au sein des C.A.L. et d’une Ecole Normale etc.
Nous sommes sommes réunis sur la reconnaissance de plusieurs propositions théorico-politiques et d’un besoin de travail commun dépassant le cadre local où nous nous situons. Nous ne sommes pas un groupe géographique, Nous sommes à Antony, Lyon, Grenoble et Chambéry et devons ainsi trouver des formes nouvelles de discussion et d’organisa­tion de nos activités.
Notre pratique politique au sein des comités d’action différents - CAL, CAEN (Enseignants-Normaliens), CA de Faculté etc, - ou dans diverses formes d’actions autonomes est inséparable d’une prati­que quotidienne expérimentale permettant une
connaissance, une action et une interprétation de divers éléments ; qui ne peuvent être que separés actuellement mais qu’il faut connaître et interprêter et sur lesquels il faut agir pour que la théorie pratique deviennent unitaire : les activités artistiques (qui sont aliénation d’une créativité réelle), l’amour ou l’érotisme, les réactions de l’esprit dans certaines si­tuations créées, en certains lieux, la dialectique du rêve et de la veille etc.
L’autonomie théorique de chaque individu se vérifie dans sa pratique politique. Toutes les expérien­ces politiques de chacun sont rapportées au groupe : elles s’encastrent ainsi dans la théo­risation unitaire pour se retrouver dans la pratique de tous et c’est de cette manière qu’un maximum de cohérence relatif est obtenu.
Là est l’intérêt d’un groupe formel et non localisé géographiquement. La solution aux retards, aux séparations et au "leaderisme" vient peu à peu par le flix et le reflux des expériences individuelles, trempées à la pratique politique du groupe.
Seule la pratique politique permet la fusion de la connaissance et de l’action, pratique politique rattachée aux luttes qui se sont cris­tallisées dans le moment révolutionnaire, car c’est là qu’existent les conditions pratiques de la conscience, c’est là que là classe prolétarienne, comme la minorité révolutionnaire se constituent à travers l’unité et le pouvoir prolétarien.
Nous nous proposons les travaux suivants :

  • travail d’études théoriques à partir du mouvement réel et de sa situation concrète ac­tuelle, et à partir de nos expériences, Nous espé­rons par là apporter quelques hypothèses de plus à la nouvelle théorie révolutionnaire en gestation, car nous pensons que la théorie est multiple, con­tradictoire, et uniquement un instrument permettant de mieux nous situer par rapport a notre action.
  • travail d’études économiques, politiques, sur les moments et les lieux de "faille" ou de ”fixation” du monde actuel, (EX : les luttes de classe en Afrique du Nord ; le problème des C,A.etc)
  • travail de réédition (Vdine, Archinov, H. Gorter, etc. )
  • travail d’expérimentation des techni­ques offertes au mouvement révolutionnaire (EX : ban­des dessinées etc.) ; la construction de situations, l’études des multiples relations de l’individu avec les. situations concrètes de la vie quotidierme (Ex : hasard etc.)
  • travail d’intensification de la diffusion de l’information par tous les moyens et partout où cela est important
  • la confection de ce bulletin où sera publié ce qui nous semblera nécessaire d’être pu­blié dans ce que nous aurons fait et aussi dans ce que d’autres auraons fait, le bulletin étant ouvert à tous.

Nous sommes d’accord pour faire un travail politique avec tout individu ou tout groupe reconnaissant l’autonomie d’organisation de la classe ouvrière, se reconnaissant comme le négatif à l’oeuvre dans cette société y refusant toute extériorisation figée de son action politique (bureaucratie) ainsi que toute justification d’un pouvoir autre que celui de la classe ouvrière sur son histoire, et exigeant la domination permanente du présent sur le passé et la critique de la vie quotidienne en actes.
Notre position par rapport aux mouvements révolutionnaires actuels est que le mouvement internationnal socialistes se réalise dans l’action et dans la rencontre des perspectives des différents secteurs en lutte Nous nous sentons ainsi plus près des camarades de Noir et Rouge, d’ICO, de Nanterres, et de Communisme de Conseil que d’une Fédération préten­due Anarchiste. Nous pensons que chaque moment de "faille" doit susciter son organisation nouvelle. Le mouvement Provo correspondait pour certains, dans une certaine situation très précise à une relation réelle et nécessaire. Le "22 Mars" de même. Ils sont disparus. La classe ouvrière crée et créera ses formes au cours de la lutte de façon autonome.
Nous sommes contre tout autoritarisme, hiérarchie, concentration léniniste, (centralisme démocratique) (Marxisme - Léninisme ou Troisky) contre toute activité entriste, bureaucratique Faiste, mais également contre toute forme d’organisation léniniste du mouvement théorique (exemple de l’IS se targuant d’être "l’axe central autour duquel..." ; et interprêtant Mai 68 comme son oeuvre.)

  • Russie 1917 ; les soviets, Cronstadt, Ukraine
  • Hongri 1917
  • Allemagne 1917-1919 Conseils Ouvriers
  • Italie 1921
  • Espagne 1936-1938
  • Budapest 1956
  • Chine 1967 : Ouvriers de Canton, etc.
  • 1968



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