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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Organisation de la conférence
Première journée – 2 mars 1919
Article mis en ligne le 14 mars 2019
dernière modification le 10 mars 2019

par ArchivesAutonomies

TCHITCHERINE [1] : Je propose d’élire trois secrétaires permanents au bureau. Ce bureau élira pour chaque séance un cinquième membre parmi les différentes organisations nationales. Comme membres permanents, je propose les camarades Lénine, Albert [2] et Platten [3] et, comme secrétaire permanent le camarade Klinger [4].

L’assemblée adopte à l’unanimité cette proposition. Les camarades élus prennent place au bureau.

PLATTEN : Au cours d’une conférence préparatoire [5], la question a été soulevée de savoir quel devrait être le caractère de notre assemblée. Les uns pensent qu’elle doit se constituer en "Troisième Internationale". Une autre conception, défendue avant tout par un délégué venu de l’étranger, considère qu’il est plus opportun de n’appeler l’actuelle session que a conférence communiste" et de reporter la constitution de la Troisième Internationale à une autre session [6]. Cette dernière conception repose sur le fait que le délai de convocation a été très court et que toutes les organisations n’ont pas pu être avisées que l’on envisageait la fondation de la Troisième Internationale. Il faut ajouter que plusieurs délégués n’ont pu atteindre Moscou du fait de difficultés techniques. C’est pourquoi il a été proposé de ne tenir aujourd’hui qu’une conférence et de lui fixer pour tâche de convoquer le plus rapidement possible un véritable congrès élargi où la Troisième Internationale serait définitivement constituée.

ZINOVIEV [7] : Au nom du Comité central du Parti communiste russe, je voudrais déclarer ceci : notre parti considère qu’il est grand temps de fonder formellement la Troisième Internationale. Et nous proposons que la fondation s’effectue dès cette première séance. Cependant, comme nos amis du Parti communiste allemand insistent pour que notre assemblée ne se constitue qu’en conférence, nous estimons nécessaire de nous rallier provisoirement à la proposition des communistes allemands. Mais, nous déclarons que nous continuerons à faire de la propagande afin que la Troisième Internationale soit formellement fondée le plus rapidement possible.

KUUSINEN [8] Nous, délégués finnois, nous pensons aussi que la Troisième Internationale doit se constituer maintenant. Mais, étant donné les circonstances que vient de rappeler à l’instant le camarade Zinoviev, nous ne voulons pas faire cette proposition aujourd’hui. Mais nous pensons que ce serait un résultat extrêmement encourageant si cette conférence pouvait se terminer avec la résolution d’entreprendre, en tant que congrès, la fondation de la nouvelle Internationale.

L’assemblée décide de siéger en tant que "Conférence Communiste Internationale".

On passe à la question de la commission de vérification des mandats.

PLATTEN : La composition de la Conférence est très variée et il est nécessaire de mettre sur pied une commission de vérification des mandats qui tienne compte de la variété de cette composition. Le bureau propose d’élire cinq camarades à la commission de vérification des mandats qui rapportera après liquidation des questions à l’ordre du jour. En même temps, cette commission rendra compte de la présence de deux sortes de délégués ; les uns avec voix délibérative, les autres avec voix consultative seulement. Nous
aurions des propositions à faire pour la commission des mandats.

Sont proposés les camarades : Tchitchérine, Rudnyanszky, Sirola, Albert et Stange [9].

LÉNINE : Maintenant, la question du règlement : droit de vote, répartition des voix, voix délibérative, voix consultative et temps de parole.

REINSTEIN : Je crois qu’il serait opportun d’accorder d’abord un quart d’heure à la commission de vérification des mandats afin de déterminer qui a le droit de voter. Je propose de suspendre la séance pour un quart d’heure.

ALBERT : Camarades, la proposition du camarade Reinstein n’est pas recevable à mon avis parce que la vérification des mandats exigera un temps assez long, en tout cas plus d’un quart d’heure. C’est pourquoi je propose de continuer la séance.

REINSTEIN retire sa proposition.

PLATTEN : Je pense que le temps de parole doit être limité dès le début de la discussion, car de nombreux délégués veulent retourner chez eux. C’est pourquoi il est opportun, étant donné le grand nombre des participants, de limiter le temps de parole à un quart d’heure, mais de ne pas limiter celui
des rapporteurs.

TROTSKY [10] propose que l’orateur qui parle pour la deuxième fois obtienne un temps de parole de cinq minutes.

PLATTEN : Le règlement sera le suivant : un orateur pourra se prononcer pour et un autre contre, et ensuite on votera.

LÉNINE : Y a-t-il des objections ? J’attends des propositions pour les séances.

SADOUL propose que la conférence ait exceptionnellement le droit de prolonger le droit de parole normal.

LÉNINE propose l’ordre du jour :

Ordre du jour

1. Constitution. 2. Lecture des rapports. 3. Plate-forme de la conférence communiste internationale (rapporteurs : Albert et Boukharine). 4. Démocratie bourgeoise et dictature prolétarienne (rapporteurs : Lénine et Rakhia [11]. 5. La conférence de Berne et la position envers les courants socialistes (rapporteurs : Platten et Zinoviev). 6. La situation internationale et la politique de l’Entente (rapporteurs : Obolensky [12], Platten). 7. Manifeste (rapporteur : Trotsky). 8. La terreur blanche (rapporteur : Sirola). 9. Élection du bureau et divers (Organisation).

LÉNINE remarque à propos de la liste des rapporteurs que nous avons été informés que le camarade Racovski était parti et devait arriver demain. D’autres camarades doivent encore venir. La liste des rapporteurs ne doit pas être considérée comme définitive ; elle est seulement provisoire. Trois délégués du Parti communiste hongrois ont été arrêtés en Galicie et l’on peut difficilement s’attendre à ce qu’ils viennent à notre conférence. Y a-t-il d’autres propositions pour l’ordre du jour ? Quelqu’un désire-t-il encore la parole ? Puisque personne ne se manifeste, l’ordre du jour est donc adopté.