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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Droit au travail ? Salaire féminin ?
{Autonomie pour le communiste}, n°1, 20 Avril 1979, p. 4.
Article mis en ligne le 20 avril 2013
dernière modification le 18 novembre 2013

par ArchivesAutonomies
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ACTE I : Là ou l’on volt comment la femme travail gratuitement...
37 % de la population active est composée de femmes.
Les chiffres sont clairs : 37 % des femmes travaillent et son productives.
Alors, que font donc toutes tes autres ? Les autres ce sont toutes celles qui restent à la maison !
toutes celies qui s’occupent des enfants
toutes celles qui font les courses
toutes celles qui préparent les repas
toutes celles qui font la lessive, le repassage
toutes celles qui nettoient la maison
toutes celles qui se démerdent avec le fric du mari etc.
Celles là font du travail ménager, un travail de femme de ménage, payé de 15 à 20 F de l’heure chez les autres, mais qui est dans leur propre foyer gratuit.
Ce boulot, sans grand intérêt, sans horaires, sans retraite, sans droit de grève, et surtout sans salaire : c’est le boulot que l’on attend des femmes !!!
Les femmes travaillent pour les enfants (c’est le fameux instinct maternel qui doit même lorsque l’on est toute seule et sans fric permettre ô la femme de nourir "ses" enfants, de les habiller correctement et en plus de les aimer jus­qu’au sacrifice) et le mari : c’est-à-dire pour la famille, dont elles sont le support principal.
Ce travail que font les femmes n’est pas un service personnel ou une vocation ou encore un désir profond, extérieur, à la société du Capital.
La femme au foyer est, par définition, dépendante du salaire du seul qui soit reconnu comme le travailleur : le mari travaille pour elle, elle doit bien faire quelque chose en échange. De toutes façons, sans fric, elle n’a aucun pouvoir.
En plus, il faut le dire bien fort, les femmes sont directement productives et rentables pour la société, car ce qu’elles font essentiellement c’est reproduire l’énergie et la force que l’homme perd, pour, et, dans son travail ; elles apportent à leur mari les repas, l’affection, le confort, dont il a besoin pour vivre suffisamment bien et donc pour travailler. Ainsi, le capital avec un seul salaire entretient deux forces de travail ; l’homme vend sa force de travail, la femme la donne.
Ce qui est trés important aussi, c’est que les femmes font des enfants !! C’est très important parce que les enfants sont les futurs travailleurs. C’est un point essentiel pour l’Etat ; ce n’est d’ailleurs pas par hasard si l’"on" tient à un certain taux de natalité que l’on tente toujours de préserver en incitant de gré ou de force à faire des mômes (campagnes publicitaires, ou, contrôles des avortements, légalisé mais chers et difficilement praticables n’importe où).
Et pourtant, malgré la somme de travail qu’elle fournit et son importance, la femme au foyer se sent dévalorisée, méprisée, et surtout exclue et isolée (tout comme le chômeur qui venant de perdre son emploi perd du même coup sa "valeur" sociale). Cela ne tient pas tant à la nature de son boulot, mais essentiellement à sa gratuité, et donc au fait qu’il ne soit pas reconnu par la société.
Alors ? Alors ? Alors ? pour avoir du fric, casser le rôle qu’on attribue à la femme, et sortir de l’isolement familial, faut-il réclamer le droit au travail ?

ACTE II ; LA, OU L’ON VOIT LA FEMME QUI TRAVAILLE A L EXTERIEUR DE LA MAISON, FAIRE UNE DOUBLE JOURNEE DE BOULOT ET RESTER ISOLEE...
Une statistique récente montre que femmes veulent à tout prix avoir une activité salariée, et quelles continuent à bosser, même lorsqu’elles ont des enfants en bas âge.
Cela veut-il dire que les femmes ont un goût particulier pour le travail et qu’elles s’y épanouissent parfaitement ?
Certainememt pas ! car sur les 8 millions de femmes qui sont actuellement salariées, 60% se retrouvent dans neufs types d’emlpois, ce qui fait tout de même un choix plutôt restreint, pour y trouver son compte.
Alors ? Alors ? les femmes travaillent par besoin de fric (il faut bien le dire) pour avoir une "indépendance financière" pour sortir du cercle familial.
Pour toutes ces raisons, elles vont chercher n’importe quel boulot, qui sera sous-payé, le plus souvent non-garanti, et constituent la masse préferée des boîtes d’intérim, où même font du boulot à domicile lorsque le manque de fric et le nombre des enfants l’impose.
Mais le travail salarié, s’il offre apparemment un peu plus de confort matérial et une "certaine position sociale", permet-il aux femmes de sortir réellement de leur isolement et du rôle que leur imposer la structure familiale ?
Quels contacts peut nouer la femme qui bosse à l’extérieur du foyer ?
Matériellement, à moins d’être une super-femme, il est très difficile de trouver du temps après le boulot, pour celle qui effectue encore bien souvent double journée de travail (travail dans l’entreprise, et après à la maison). Il est encore très courant, pour les femmes qui sont salariées d’avoir à se taper les tâches ménagères et les soins des enfants. Et dans quel milieu, quelle classe se situent les exceptions ?
De plus, sur le lieu même de son boulo, la femme n’a que très peu de moyens pour lutter pour ses propres intérêts, c’est-à-dire contre l’exploitation qu’elle subit en tant que salariée : on connaît trop bien les discours des syndicats qui ne défendent que l’ouvrier mâle, blanc et au salaire régulier.
Ou encore, les insuffisances des rares groupes de femmes existant sur les lieux où l’on bosse et qui se limitent aux problèmes dits des femmes (sexisme, contraception, etc.) et qui ne sont que des éléments parmi toutes les contraintes que peut vivre une femme qui "travaille".

ACTE III : où l’on voit, les femmes lutter et s’organiser pour leurs propres intérêts.
Alors ? Alors ? Alors ?
Alors, nous, nous pensons qu’il est très important que les femmes imposent la reconnaissance du travail qui est attribué aux femmes comme un TRAVAIL RÉEL et donc méritant SALAIRE.
Il ne s’agit pas d’allocations, nous ne voulons pas des miettes, mais bien d’un salaire, salaire qui permettrait enfin aux femmes d’avoir une position de force au sein de la famille et par rapport à son mari.
NOUS VOULONS DU FRIC POUR NOUS, nous les mères, nous les femmes au foyer :

  • pour être enfin indépendantes financièrement
  • pour pouvoir refuser ce qui nous est insupportable (fammes battues, séparation...) tout en étant suffisamment "armées"
  • pour avoir des enfants, sans problème de fric, par plaisir
  • ET NOUS VOULONS AUSSI CASSER CE RÔLE QUI NOUS A ÉTÉ SI LONGTEMPS PLAQUÉ
  • nous voulons prendre le temps de nous rencontrer, sortir de notre isolement, de nous organiser
  • nous voulons des crèches gratuites ouvertes 24 h/24 pour tout le monde
  • des équipements collectifs gratuits (laveries, etc.)



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