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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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V - Appel aux travailleurs et aux soldats de tous les pays - Zinoviev, président du CE de l’IC
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Article mis en ligne le 14 mars 2019
dernière modification le 6 mars 2019

par ArchivesAutonomies

Camarades !

En Hongrie, le pouvoir est passé dans son intégrité aux mains de la classe ouvrière [1].

Les impérialistes des pays de l’Entente ont lancé un nouvel ultimatum à la Hongrie. Ils voulaient dérober à la Hongrie toutes ses ressources vitales. Ils voulaient faire la guerre à la Russie soviétique à partir du territoire hongrois.

Les impérialistes de l’Entente comptent beaucoup sur le fait que la bourgeoisie hongroise va répondre à leur nouvel ultimatum. Les impérialistes de l’Entente espèrent que le prolétariat hongrois sera incapable d’opposer une quelconque résistance à leurs sanguinaires exigences.

Mais il n’en a pas été ainsi. Redoutant la colère du peuple, la bourgeoisie hongroise ne s’est pas décidée à s’incliner devant l’ultimatum des impérialistes de l’Entente. La bourgeoisie hongroise a dû, les dents serrées, renoncer au pouvoir au profit des ouvriers [2]. Les impérialistes de l’Entente se sont brûlés les doigts. Leur pression de pillards sur la Hongrie a seulement accéléré la naissance de la République socialiste soviétique en Hongrie. Après que la bourgeoisie hongroise ait constaté son impuissance à empêcher le déclin du pays, elle a prouvé avec une totale clarté que le rôle historique de la bourgeoisie était terminé et que ses fossoyeurs — le prolétariat — étaient là pour l’inhumer.

Seuls les impérialistes des pays de l’Entente ne s’en remettent pas. A Paris, les pillards capitalistes aiguisent les couteaux pour abattre la jeune république soviétique de Hongrie.

Il n’est pas de calomnie que les seigneurs de la bourgeoisie n’aient trouvée contre la République socialiste soviétique de Hongrie.

Le gouvernement impérialiste français a l’intention d’entraîner ses soldats contre les ouvriers hongrois, de même que de diriger les troupes roumaines et tchécoslovaques contre la République soviétique de Hongrie.

Ce plan démoniaque va-t-il réussir ? Dans un avenir très proche, c’est le destin de la Hongrie laborieuse qui se décidera. Et, également, sur une plus grande échelle, le destin proche de la révolution prolétarienne dans tous les autres pays d’Europe en dépend.

Au nom de l’Internationale communiste, nous nous tournons vers les ouvriers de tous les pays et les appelons à venir au secours de nos frères, les travailleurs et les paysans hongrois.

Ouvriers et soldats de France ! C’est sur vous qu’est dirigé le regard des travailleurs du monde entier ! La bourgeoisie française est actuellement la plus réactionnaire de toute l’Europe. Particulièrement, le dirigeant des impérialistes français, Clemenceau, pousse les membres de la Société des Nations à la répression contre les révolutions hongroise et russe.

Vous, travailleurs et soldats français, on veut vous forcer à faire ce travail de bourreau, c’est-à-dire à étrangler la révolution socialiste hongroise. La bourgeoisie française veut étrangler de vos mains la révolution prolétarienne à Budapest, pour éviter par là la révolution prolétarienne qui mûrit à Vienne, Berlin et Paris. Après la guerre de quatre ans et demi que vous avez faite dans l’intérêt des banquiers, on veut faire de vous maintenant des gendarmes internationaux, des bourreaux de la révolution prolétarienne.

Cela n’arrivera pas. Les ouvriers français ne se saliront pas par une telle trahison. Ils retourneront leurs baïonnettes contre leurs propres oppresseurs, les impérialistes français et autres.

Camarades ! La révolution prolétarienne embrase le monde entier ! La révolution hongroise n’est qu’un premier éclair qui zèbre les nuages menaçants dans le ciel.

La bourgeoisie de tous les pays qui a exterminé vingt millions d’êtres humains dans la plus sanglante de toutes les guerres, va maintenant nous faire des discours pour expliquer ce crime. L’humanité n’est pas encore devenue folle. Elle ne va pas laisser le pouvoir aux mains de ceux qui nous ont conduits à ce bain de sang impérialiste !

Tous au secours de la République hongroise !

Soldats, refusez d’obéir à ceux qui vous envoient contre la révolution rouge de Hongrie. Soulevez-vous, constituez vos conseils et passez du côté de la Hongrie socialiste !

Travailleurs, soulevez-vous dans le dos de vos gouvernements qui vous conduisent contre les travailleurs de la Hongrie !

Que la révolution socialiste de Hongrie soit une menace sévère pour la bourgeoisie de tous les pays ! Bas les pattes devant la Hongrie rouge ! Ce cri doit résonner à travers le monde entier.

Que la révolution socialiste hongroise marque le début de toute une série de nouvelles révolutions prolétariennes ! La fin du règne de la bourgeoisie est arrivé !

Vive la classe ouvrière et les soldats révolutionnaires de Hongrie ! Vive le parti communiste hongrois ! Vive la révolution mondiale prolétarienne !

Le Président du Comité exécutif de l’Internationale Communiste,

G. ZINOVIEV.

Le 28 mars 1919.