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D5 - La conférence de la IIIe Internationale en Hollande (The Call) - 4 Mars 1920
Article mis en ligne le 27 mars 2019
dernière modification le 17 mars 2019

par ArchivesAutonomies

LA CONFÉRENCE DE LA III° INTERNATIONALE EN HOLLANDE [1]

Le rapport ci-dessous n’a pas la prétention d’être un compte rendu de la conférence de la II° Internationale tenue en Hollande le mois dernier. Sa publication n’a pour objet que de donner aux lecteurs une idée générale des affaires traitées et des questions discutées.

Le B. S. P. était représenté par deux délégués (J. F. Hodgson et F. Willis).

La conférence s’est déroulée dans des conditions très difficiles et, quoiqu’elle ait duré cinq jours, elle n’a pu traiter à loisir de ses affaires pendant deux ou trois jours.

Etaient présents des délégués de Grande-Bretagne (B. S. P. et W. S. F., Workers’ Committees), Allemagne (un délégué représentant un groupe antiparlementaire), Hollande, Amérique (Communist Party) et Belgique. La Hongrie était représentée par un camarade qui a été membre du gouvernement de Budapest pendant le régime Béla Kun, et la Suisse et les Indes hollandaises orientales étaient également officieusement représentées. Un camarade de Russie était également présent avec un mandat de Moscou pour prendre part à la conférence. Le camarade Loriot (France) avait envoyé une lettre disant qu’il était dans l’impossibilité d’être présent et souhaitant le succès de la conférence.

II fut clairement indiqué au début des travaux que la conférence était une tentative provisoire dans les difficiles circonstances actuelles de réunir des représentants des organisations de tous les pays affiliés à la III° Internationale, en attendant la tenue d’un congrès réellement représentatif.

Les travaux furent divisés en deux parties. D’abord les dispositions pratiques pour garder les éléments constituant la III° Internationale en contact entre eux, au moyen de la formation d’un bureau ; la collection convenable et le rangement des archives (à ce propos, on demande à toutes les organisations affiliées d’envoyer une série de toutes les publications depuis le début de la guerre mondiale) ; l’organisation d’un bureau de presse international, et le maintien de la communication directe avec Moscou. Tout a été réglé.

La deuxième partie consistait en la discussion d’un certain nombre de thèses rédigées par le bureau provisoire, modifiées ou amendées au cours de la discussion. Vers la fin, les travaux furent gravement interrompus et, en fait, l’ordre du jour ne put, pour cette raison, être épuisé.

A propos de la formation du bureau, une question importante a été soulevée. Il faut mentionner ici que la désignation exacte de cet organisme est "sous-bureau" puisque l’exécutif de l’Internationale existe déjà à Petrograd et Moscou. Il a été décidé que, dans ceux des pays où il n’existe pas de parti communiste unifié, les organisations affiliées séparément à la III° Internationale pourraient être représentées au bureau par un seul délégué, à condition que chaque pays n’ait qu’une seule voix. Notre délégué américain objecta au fait que des organisations industrielles comme le Worker’s Committees soient ainsi représentées, sur la base de ce que la III° Internationale est un organisme avant tout politique. L’objection a été écartée après discussion, mais il a été décidé de demander une décision sur ce point à l’exécutif en attendant la tenue d’un autre congrès.

Un organisme qui s’intitule bureau d’Europe occidentale avait été constitué en Allemagne quelque temps auparavant. Avec la formation de l’actuel bureau, quelque confusion et des tiraillements pouvaient en résulter si une telle combinaison persistait. Il a donc été décidé d’appeler l’organisme en question sous-bureau d’Europe centrale, avec une juridiction s’étendant à l’Autriche, la Hongrie et les Etats balkaniques. Des dispositions ont également été prises pour relier Chine et Japon à l’Europe par l’Amérique.

En dehors des détails d’organisation, deux questions politiques ont été discutées : 1) l’aide à la Russie soviétique, 2) l’unité communiste. Sur le premier point, une proposition a été faite par un délégué anglais pour l’organisation d’une grève générale internationale immédiate. Le sentiment de la conférence fut cependant que c’était impraticable, et on décida finalement de mettre à profit toutes les occasions d’agitation industrielle dans tous les pays pour la propagande en faveur de la Russie, tout en n’oubliant pas le mouvement plus large, en tant qu’objectif.

La question de l’unité communiste posait directement celle de l’affiliation au Labour Party, puisque la résolution proposée affirmait nettement que la base de l’unification serait la rupture avec toute organisation affiliée à la II° Internationale ou toute organisation "social-patriote". Les délégués du B. S. P. exposèrent complètement la position générale du mouvement ouvrier de ce pays, la structure souple et la composition du Labour Party, mais ne réussirent pas à convaincre les délégués de modifier les termes généraux de la résolution [2].

Du fait de difficultés croissantes que rencontrait la réunion et de la disparition progressive des délégués, l’un après l’autre, la conférence était devenue une simple succession de rencontres secrètes et desultory entre délégués, et elle fut abandonnée. La partie réellement importante de son travail ― les plans d’organisation ― était cependant achevée et constituera une base pour son travail à venir.