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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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1er bilan du meeting du 23 à la Mutu
{Autonomie pour le communiste}, n°2, 28 Avril 1979, p. 3.
Article mis en ligne le 5 mai 2013
dernière modification le 18 novembre 2013

par ArchivesAutonomies
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Les conséquences positives ou négatives d’une échéance centrale comme un meeting (ou une manif, ou une A.G.), sont impossibles à discerner sur le moment, on ne peut sur le coup n’en donner qu’un aperçu très subjectif. Commençons par le début. Au départ il y a 3 semaines, une réunion à l’OCL (l’Organisation Communiste Libertaire), pour envisager les formes de la mobill sation pour le soutien aux camarades emprisonnés le 23 mars. Pas mal de monde, l’OCL, des collectifs qu’on n’avait pas revu depuis longtemps, des camarades qu’on ne volt qu’aux grandes occasions, des inorganisés (qui vont disparaître au fil des réunions), et puis nous de la coordination Autonome. Après avoir déterminé un accord politique minimum entre tous, on passe aux modalités et aux échéances que nécessite une telle campagne. La majorité de la réunion est pour faire un meeting à la mutualité, appuié par une affiche et un tract commun. Nous, de la Coordination, on est partagés, cer­tains pensent qu’il est intéressant poli­tiquement de participer à ce meeting (même si le surcroît de boulot militant va bouleverser nos propres échéances à nous), les autres pensent qu’un mee­ting c’est chiant, que çà ressemble trop au gôchisme d’antan, où les orgas pério­diquement s’offraient en spectacle, et installaient un miroir devant ses mili­tants pour qu’ils puissent s’y contem­pler. De plus en raison de la subjectivité du Mouvement, le caractère emmerdant d’un meeting avec ces orateurs, des interventions lues, passerait très mal, outre le fait qu’un meeting ou une A. G. pour qu’il en sorte quelque chose d’intéressant nécessite que tous les camarades aient à peu près le même niveau de débat et de pratique, ce qui est loin d’étre le cas. Malgré tout, on donne quand môme notre accord ; s’il y a des gens qui veulent se mobiliser, c’est con que nous on fasse un autre truc à côté. En fin de compte on se met d’accord pour qu’il n’y ait que quelques interventions préparées d’avance, puis te maximum de débat dans la salle. Tout ça sans tribune.
23 avril. Le grand jour arrive. Angoisse. Le meeting va-t-il être interdit au dernier moment ? Combien y aura-t-il de mon­de ? est-ce que tout va bien se dérouler ? Les 2 premières questions reçoivent une réponse positive ; pas de flics (en tenue) aux alentours ; 2000 personnes dans la salle, ce qui est énorme en ce moment. En ce qui concerne la 3e c’est une autre paire de manches, et il faut y répondre de 2 façons.
1) sur la forme. Là pas de problème çà ressemblait très fort aux A.G. de Jussieu, avec son côté passionné et cacophonique, mais avec une qualité très supérieure.
C’est la première fois qu’autant de gens parlent, même si des fois c’est pour dire des conneries, mais ça ne fait rien, il est préférable que beaucoup de cama­rades ne disent que 2 mots dans la passion d’une A.G, plutôt qu’un seul en dise 100 en emmerdant la galerie. A signaler le défilé désormais tradition­nel de ceux qui n’ont rien à dire, mais qui tiennent absolument à ce que ça se sache, et qui radotent sur ce thème en ponctuant leurs interventions de - "Y’en a marre des orateurs", ce qui commence à faire gerber tout le monde.
2) Sur le fond. Pas de changement, d’un côté, des collectifs qui tentent d’appor­ter des bouts de réponses aux questions qui se posent sur les perspectives du Mouvement, sur son bilan, mais qui, en raison du caractère d’une A.G. sont dans l’impossibilité de pouvoir s’exprimer (et cette censure, est le fait de quelques dizaines de vieux ringards, qui depuis plusieurs années ne sont capables que de venir) déposer leur petites crottes vociférantes dans les A. G., ah ! spectacle quand tu nous tiens). De l’autre, des camarades souvent isolés dispersés, qui refusent d’aborder les questions et font, parce qu’ils ont l’impression de se faire avoir, en raison de décalage qu’il y a dans le niveau de débat et de pratique, entre ceux qui se regroupent en collectifs pour réfléchir, et ceux qui persistent, dans leur superbe isolement, à refuser la confrontation politique, et qui par là méme continuent à stagner, lamentablement. Et en fait de perspectives du Mouvement, ces camarades ne veulent discuter au maximum que de la pro­chaine échéance (p. ex. le 1er mai), et encore en termes politiques très vagues, quand il faut passer à la gestion et à l’organisation concrète de ces échéances, tout le boulot repose sur le dos des collectifs.
Enfin bref, en ce qui concerne le débat, c’était insatisfaisant, mais pas mal de de choses sont en train de se débloquer, et le niveau est supérieur à ce que nous avons vécu jusqu’ici en A.G. à Jussieu.
Je ne voudrais pas terminer ici, tans faire un point sur les gentils co-organisateurs du meeting. Alors là, si l’on excepte la Coordination et le collectif B.N.P., ça devient carrément lamentable, aussi bien l’OCL, que certains collectifs autonomes (dont certains qui sont plutôt des petites bandes que de réels collectifs, ne se sont pas génés pour déclencher des merdes tout au long de la soirée). En ce qui concerne l’OCL c’est plus chiant et plus grave. Plus chiant parce que ce sont des cama­rades que l’on aime bien, plus grave parce que maintenant ça fait plusieurs fois que nous travaillons en collabo­ration, et que trop souvent vous nous claquez dans les pattes juste avant la ligne d’arrivée, vous ne trouvez pas que ça commence à faire baucoup et que votre état de santé commence à nous poser des problèmes ?
Camarades, tenir un meeting, celà ne consiste pas seulement à appeler des gens à venir remplir une salle et à coller des affiches et diffuser des tracts. Celà consiste aussi à être protagoniste politique dans le déroulement du mee­ting tel qu’il était prévu.
C’est à l’épreuve du feu qu’on juge les gens. Et ce soir-là vous fûtes absents, une fois de plus, si l’on excepte une intervention, qui d’ailleurs débuta d’une façon crapuleuses en effet, après qu’un camarade de la coordi­nation ait lu 2 lettres de camarades emprisonnés qui nous tiennent parti­culièrement à cœur, Gilles Collomb et Lionel Graciendo, qui sont au ballon depuis bien avant le 23 mars, un cama­rade de l’OCL débuta son intervention en prétendant que ces lettres avaient été lues afin de calmer la salle houleuse ! Beuark ! Déguelbif mec ! quand ont veut lutter contre la répression et sou­tenir les camarades des prisons, il ne suffit pas de gueuler "libérons les prisonniers", il faut aussi continuer à avoir dans la mesure du possible des liens avec eux pendant leur incarcéra­tion, ce qui permet de faire sortir leurs voix d’entre les 4 murs gris. Ça on essaye de le faire au mieux, et c’est pas pour se t’entendre reprocher. Et par personne O.K. Le fait que vous ayez dit celà prouve tout simplement que vous acceptiez le bordel qui avait ten­dance à s’instaurer comme un état de fait, contre lequel il ne fallait pas se battre, c’est lâche, démago et petit.
Je ne vois que 2 explications à votre attitude, ou vous vous complaisez dans les niveaux les plus bas du Mouvement, ou vous n’aviez rien à dire. A VOUS DE CHOISIR !
Sur le 1er mai, la discussion continue dans les collecitfs, et nos décisions seront rendues publiques. Nous, nous avons toujours dit ce que nous faisions, et fait ce que nous disions, II faudrait que dans le Mouvement un peut plus de camarades commencent à appliquer ce principe qui doit être la base de toute démarche de l’AUTONOMIE ! Ciao !

P-S, Les réunions de la coordination se déroulent tous les mercredis à 18 h 30 au 3, rue du Buisson St Louis (10e) Mo Goncourt - Local d’Alternatives Sociales.




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