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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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23 mars - 1 mai = 50 000
{Autonomie pour le communiste}, n°3, 12 Mai 1979, p. 1.
Article mis en ligne le 5 mai 2013
dernière modification le 18 novembre 2013

par ArchivesAutonomies
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50 000 manifestants de dif­férence... Le 23, il s’agissait de reconnaître une forme lutte offensive, passant objecti­vement par dessus les consignes syndicales. Le 1er mai, le choix était présenté par la droite entre la fête du travail et ta fête de la violence ; et à gauche entre la défense ou le rejet du syndicat (OCL, etc.) Ce choix-là pour une aspiration révolution­naire n’a aucun sens et la non-participation massive le prouve. La majorité du prolétariat qui considère les syndicats comme une assurance ne se bat pas sur un refus ni sur un culte niais mais casse ces limites quand l’enjeu face à l’État revêt un caractère offensif de classe. Que personne ne s‘y trompe ! cette absence des masses n’est pas l’effet du retrait de la Coordination auto­nome. mais participe des mêmes causes. Certains expliquent la désaffection au cortège par l’im­portance du par l’importance du "pont", par le refus de la tradition, par l’absence probable de la violence- spectacle D’autres, comme Libé cachent celte analyse derrière des faits spectaculaires qui n’amènent aucune indication nouvelle au mouvement persis­tant dans le rôle de sociologue envieux.
La proposition d’un 1er mai alternatif n’a pu être réalisée faute faute d’espace et faute de contributions positives de la part du mouvement. Il n’empêche que le besoin d’une confrontation politique large reste l’échéance centrale à satisfaire.
Nous devons sortir de la confusion, qu’elle nous soit propre ou qu’elle soit savamment entretenue par le biais des média, ce qui est beaucoup plus dangereux. Nombre de camarades révolutionnaires [sont] gênés dans leur approche par la composante restreinte du jeune prolétariat que nous représen­tons. L’autonomie n’est pas seu­lement le fait des squatters, ou des auto-reducteurs. Premiers touchés, vu leur faible revenu, par la campagne des restrictions ils sont les premiers à s’y op­poser, mais il est certain que d’autres secteurs vivent déjà la restructuration capitaliste (sidérurgie. SFP) ou vont la vivre dans un avenir proche (20 000 licenciements prévus à la SNCF, suppressions d’emplois à la RATP. etc.). La question centrale qui sera posée à l’en­semble des travailleurs sera ; se battre pour l’emploi, semaine des 35 heures avec baisse des salaires, ligne détendue par les syndicats ou se battre sur les revenus indépendamment du travail et des critères capitalistes du profit, donnant à la lutte des perspectives qui sortent de l’usine. grève des levers, salaire féminin, jonction avec les chô­meurs, etc. Ce qui revient à délier le salaire de la production en le posant comme moyen de satisfaire ses besoins quoiqu’il en coûte au profit des patrons. L’exemple d’Usinor-Dunkerque où les ouvriers se battent sur l’augmentation des salaires est à plus d’un titre remarquable. D’une part, la démarché est offensive et non plus défensive, ensuite Dunkerque est ce qu’on appelle une industrie de pointe donc compétitive contrairement à Longwy, où les ouvriers pratiquent l’art de transformer leur salaire en revenu garanti contre les exigences de produc­tivité du système. Au lieu d’un soutien idéologique de l’emploi en Lorraine, les ou­vriers de Dunkerque s’attaquant à la marge de profit rendent aux Lorrains leur compétitivité. Le point essentiel réside dans l’ouverture d’un second front que l’État y compris certaines stratégies syndicales auraient bien voulu éviter. Les "privilégiés" rentrent aussi dans la lutte en élargissant la classe. Il est certain que toutes ces questions doivent être abordées largement (si l’électricité a pro­voqué 1917, que peut provoquer la restructuration électrico-nucléaire ?)
Notre non-participation au 1er mai a ses causes dans la non-résolution de cette énigme poli­tique et notre proposition d’un débat alternatif allait dans le sens d’une mise en place de moments de confrontation. Nous devons comprendre quelle nouvelle forme de société impli­que la restructuration du com­mandement capitaliste. II est cer­tain qu’il ne s’agit plus de transformer l’usine mais bien la société dans son ensemble, com­prise comme moyen de pro­duction. Ce qui fait du refus de l’intensifiction du contrôle social un axe essentiel de la lutte et. de la volonté de vou­loir vivre "autre chose", un aspect fondamental du besoin de communisme. C’est dans ce sens qu’un des questionnements doit porter sur l’auto-valorisation comme valeur que l’on s’attri­bue en dehors des canons du consensus productivité que toute négociation implique
Le cadre de vie, la qualité de la consommation, les projets énergétiques, les moyens d’expression, le refus de l’autoritarisme, etc. Toutes ces aspi­rations qui donnent naissance à des pôles d’organisation "fa­rouchement" sectaires. L’auto­nomie. en tant que perspective doit donc dépasser la ponctualité de ses aspirations et orga­niser un discours ouvert comme une forêt de cordes à linge où chacun pendrait ses chemises Nous souhaitons l’apparition de journaux aussi nombreux que les feuilles des arbres et en at­tendant, nous ouvrons nos colonnes aux apports "exté­rieurs" en espérant toutefois ne pas y perdre notre identité. Cette proposition est une forme de démenti aux apprentis despotes qui veulent institutionaliser la division autonomie diffuse/autonomie organisée, pour mieux régner peut-être ? (cf. Libé). La manoeuvre est grossière et nos divisions, si elles proviennent d’appréciations dif­férentes de la théorie de la multiplication ne regardent que nous et nous restons camarades d’un même mouvement ; ce que d’autres redoutent mais ne deviendront jamais. La seconde proposition serait l’organisation de trois jours des autonomies appelées en commun avec d’autres composantes centrés au préalable par la circulation de différentes propositions écrites.




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