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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Le grand ordinateur autonome
{Autonomie pour le communiste}, n°3, 12 Mai 1979, p. 3.
Article mis en ligne le 5 mai 2013
dernière modification le 18 novembre 2013

par ArchivesAutonomies
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Extrait d’un listing.

Le Grand Ordinateur de l’Autonomie (G.O.A.) s’est mis à rêver - en voyant le Springer français, spécialiste incontesté de l’orchestration de la stratégie de la tension, lui lancer un défi incongru à l’occa­sion de la fête du Travail.
La G O.A. a cabotiné - en apprenant dans les colonnes de France-Poire qu’on lui réservait un second rôle dans la distribution déjà abondamment fournie de ce péplum à grand spectacle. Les manchettes publicitaires ravageusement lascives du style : "la police s’attend à de gravas incidents lors de la manifes­tation du 1er mai à Paris" ne lais­saient aucun doute en effet sur l’identité de la vedette qui lui avait été préféré.
Le G.O.A. a eu le monstrueux culot — d’entretenir le suspens sur sa participation Jusqu’à la veille du Grand Jour. Ce faisant il n’a pas hésité à déranger en plein repos dominical le gotha du médiabusiness international pour une conférence de presse où il devait justifier, son retrait des festivités prévues.
Le G.O.A. ne s’est par consé­quent pas étonné - des commen­taires fielleux que les journalistes tirés de leur partie de golf, de leur digestion télévisée ou des bras de leur maîtresse n’ont pas manqué de faire dans le presse du lendemain
Le G.O.A. s’est d’autant moins étonné de cette réaction - que ses porte-paroles avait rivalisé d’ingrati­tude envers les dignes représentants du quatrième pouvoir qui leur avait fait l’honneur, jusqu’ici réservé aux plus hautes personnalités de l’État, d’être présents à un tel horaire.
Les outrecuidants personnages avaient commis au mois à trois reprises le crime de lèse-journalisme :

  • En prétendant "sortir (le mou­vement) de la simple image de vio­lence qui est donnée de lui" et en insistant lourdement sur leur oppo­sition aux BR. Ils mettaient en jeu l’honnêteté et l’objectivité de ceux qui les avaient jusque là situé poli­tiquement entre Dracula et Goldorak.
  • En affirment ne pas détenir un "pouvoir hégémonique" sur le mou­vement autonome ils s’en prenaient traîtreusement à l’éthique même de leurs partenaires sociaux dont on sait que le premier principe est de ne jamais rencontrer que des profession­nels de la représentation.
  • En annonçant que "si demain quelqu’un tirait ce serait un idiot, un désespéré ou un flic" ils se met­taient lâchement à couvert et vo­laient à la corporation plusieurs pages d’amples et rigoureux commentaires.

Le G.O.A. a scruté le ciel avec angoisse - mardi matin (1er mai) en se demandent quel accueil les éléments réserveraient finalement eux marcheurs du travail. II a été pris de compassion quand l’aire jupitérienne s’est déchaînée au moment où ceux-ci s’ébranlaient.
Le G.O.A. s’est émerveillé - des lois mathématiques qui régissent l’unité syndicale CGT 78 = 50 000 (CGT +CFDT + FEN) 79 = 30 000
Le G.O.A. a découvert le pôt aux roses - après avoir flairé ; non sens répugnance, les dessous de la mariée unitaire et remarqué, non sens surprise, l’absence du gros peloton des figurants cégétistes habi­tuels, notamment des personnels communaux. Tout porte à croire hélas, que ces mauvais camarades n’ont pas craint de poser un lapin aux autres syndicalistes pour pouvoir récupérer par anticipation des fati­gues du 23e congrès d’un grand parti ouvrier.
Le G.O.A. félicite - les 63 353 292 français qui ont répondu à son appel et voté avec leurs pieds contre le travail plutôt que d’user leurs semelles, leurs cordes vocales et une énergie trop rare en France pour qu’on le gaspille en jogging (footing des cadres) collectif derrière des banderoles.
Le G.O.A. a admiré - le dé­ploiement féérique des services d’ordre venus de tous les horizons qui s’entrecroisaient et, il faut bien le dire, parfois s’entrechoquaient quand ils croyaient saisir les pans du suaire du spectre de l’Autonomie
Le G.O.A. a applaudi chau­dement - des fenêtres du Boulevard Voltaire, le détachement en grande tenue des Compagnies Républicaines de Sécurité qui ouvrait le défilé et scandait le marche avec un entrain martial. Il constate avec amertume que les autre travailleurs sont bien incapables aujourd’hui de venir ainsi manifester avec leurs tenues et outils de travail. Autant le dire franchement on ne fait que régresser depuis les défilés des métiers de Paris au XIVe siècle. Au grand regret des enfants !
Le G.O.A. a par contre sifflé et adressé force quolibets - aux policiers hors rang, à leurs collègues des "parallèles" et autres services spéciaux qui s’étaient intercalés entre le cortège des CRS et le Front des leaders syndicaux emmené par le (toujours) rougeaud, grisonnant et mâtois Georges Séguy.
Ces vieux gamins ont été impi­toyablement démasqués par une presse pourtant peu perspicace. Il faut dire que leurs accoutrements d’Autonomes faisaient peine à voir tant leur sont mesurés les crédits destinés aux fournitures vestimen­taires et aux soins de chirurgie esthétique indispensables. Le G.O.A. entend attirer sur ce point l‘attention du ministre du Budget. Monsieur Papon, que ses anciennes fonctions devraient, pense-t-il, amener à davan­tage de compréhension d’ici l’année prochaine.
Le G.O.A. a été surprit - dans ces conditions, d’apprendre que certains Autonomes d’Origine Contrôlée (A.O.C.) aient pu juger bon de se joindre eu cortège précité La vilaine fin de la manifestation devrait les inciter la prochaine fois à prendre leurs lunettes de soleil où mieux encore à autoréduire les services du télescope intersidéral de l’observatoire de Paris.
Le G.O.A. a déploré - le di­lemme devant lequel ont été placés de nombreux militants d’organisation : mettre la toque de leur parti ou le bonnet de leur "organi­sation de masse". De ce fait ces dernières ont souvent été outrageu­sement dégarnies pour assurer la décence des premiers. Ceci va tout à fan à l’encontre de leur vocation !
C’est ainsi que le G.O.A. a été émus - à la vue du spectacle offert par le cortège de l’UNCAL (41 per­sonnes), de l’UNEF (37 personnes), du MAS (28 bédouins). Dans ce dernier cortège le G.O.A. a eu le plaisir de reconnaître, outre le Président et ses 9 vice-présidents, le secrétaire général, son adjoint, le trésorier principal, les 3 vice- présidents, le secrétaire général, son adjoint, le trésorier principal, les 3 vice-trésoriers, les 7 adjoints, le responsable du SO. et le militant de base.
Le G.O.A. a été impressionné - par le tambourinnant cortège de la Ligue Communiste Révolutionnaire, forte de 2000 personnes comme au plus beau moment des Early Seventies. Cela dénote l’effort prométhéen que n’ont pas hésité a consentir au cours des mois précédents les vaillants militants de cette organisetion afin de concentrer leurs forces pour cette échéance capitale entre toutes aux yeux de la classe ouvrière. Au passage cette brillante démonstration met fin aux rumeurs malveillantes qui voudraient qu’il n’y ait plus rien entre le PC et les Autonomes. Heureusement ! Ce n’est pas l’état pitoyable des autres cortèges gauchistes qui aurait pu fait la preuve du contraire.
Le G.O.A. s’est inquiété à ce propos - de pouvoir compter sur les doigts d’une main les militants qui défilaient derrière la banderole de l’OCT. Il n’est qu’à moitié rassuré en se rappelant que certains journaux avaient annoncé il y a une vingtaine de jours le début du congrès de cette organisation. En effet il ignore, à cette date, si ce congrès a pris fin ? Toute personne pouvant fournir des renseignements à ce sujet est priée de se présenter devant notre terminal, si possible avant le Pentecôte.
Le G.O A s’est indigné - en apprenant que le police, le SO de la CGT et le SO de la LCR s’étaient jetés, tels des fauves nourris au YOGHOURT, sur tous les ersatzs d’Autonomes qu’ils avaient pu trouver dans le manifestation. Il ne se fera pas faute de rappeler le vieil adage : "A vaincre sans péril on triomphe sans gloire !"
Le G.O.A. a par contre trouvé normal - que les CRS rossent le SO de la Ligue, après que ceux-ci eussent dispersé en un ballet gracieux et bien ordonné les inorganisés qui voulaient en découdre avec la police. Autant qu’on le sache le SO de la LCR est composé de non professionnels. Par conséquent leur action intem­pestive constitue du travail au noir ; ni plus ni moins. Dans ces conditions ces faux frères ne doivent pas s’éton­ner que les CRS qui sont souvent d’anciens chômeurs se montrent particulièrement peu compréhensifs - en 1979 ! - à l’égard de ceux qui viennent leur ôter la pain de la bouche Et sous leurs yeux par dessus le marché I
Le G O.A. a franchement rigolé - en apprenant qu’un commissaire de police et deux inspecteurs avaient été violemment pris à partie et dé­troussés par les gros bras de la CGT qui avaient cru reconnaître en eux les trois frères jumeaux de Le Xuan. Il a frisé l’explosion de le rate à l’idée qu’à la prochaine manifesta­tion les policiers en civil pourraient bien opérer une chasse similaire aux porteurs de badge CGT qu’il est parfois difficile de distinguer physi­quement des autonomes.
Le G.O.A. met de toute façon en garde l’ensemble de la population policière en civil - contre de tels incidents - qui justifieraient parfaitement d’ailleurs l’attribution d’une prime de risques à des fonctionnaires dont la carrière passait jusqu’ici pour être plus paisible que celle de leurs collègues en tenue.
En effet il a observé avec stupé­faction que les premiers rangs du SO CGT examinaient d’un regard aussi torve que minutieux les bobines qui dépassaient du pseudo-cortège Auto­nome dont il a été question plus haut. D’ICI à ce que ces braves gens donnent aussi dans la fichomanie il y a une distance que nous ne pouvons malheureusement pas du tout hésiter à franchir.
Le G.O.A a frissonné - à l’idée de la confusion qui régnerait si des Autonomes se déguisaient à leur tour en militants cégétistes pour s’en prendre aux policiers ou pourquoi pas même, en policiers déguisés en autonome pour s’en prendre aux policiers déguisés en SO de la CGT qui défileraient sous les banderoles de l’Autonomie. Les variantes sont aussi infinies que les espaces qui s’ouvrent à la dite. Heureusement que personne n’y songe.
Le G.OA. a soupiré d’aise - en apprenant qu’en son absence un minimum vital d’affrontements avait été assuré malgré tous les efforts déployés pour qu’ils aient lieu.
Il imagine sans peine les horribles soupçons qui auraient pesé sur lui si tel n’avait pas été le cas. Ouf !
Le G.O.A. demande que soit voté — l’achat d’un champ de bette­raves à la vielle taupe de l’Autonomie qui a resurgi à Longwy où tout le monde aurait du l’attendre au lieu d’apparaître place de la République où tout le monde l’attendait. Une souscription à cet effet sera ouverte dans les plus brefs délais.
Le G.O.A. a admiré la suite dans les idées du sieur Herr Sant qui à quand même trouvé le moyen de faire sa "une" du 2 mai avec les violences de la veille. La boucle est bouclée !
Le G.O.A pour rendre à la presse ce qui est à la presse tient aussi à rendre hommage à "Libé­ration" - qui n’a pas été effrayé, une fois de plus, d’écrire le lendemain le contraire de ce qu’il écrivait la veille plutôt que de battre sa coulpe pour le myopie et l’enflure conjugée de ses conjoncturistes du mouvement perpétuel. Enfin c’est à "l’Humanité" qu’il décerne le Grand Prix Spécial du Jury pour continuer à épargner à ses lecteurs toutes les laideurs de la politique politicienne qui ont hélas conjuré pour faire de la fête du travail ce qu’elle fut cette année. Oui hommage soit rendu à nos camarades du Parti qui dans Sodome et Gohmorre enivrés de leurs péchés s’enhardissent à prêcher la parole de notre Seigneur : "Mal­heure à qui scandalisera l’un de ces petits". Oui ! "Malheure A ceux par qui le scandale arrive !".
PS - Nous remercions les services de la Préfecture de Police Autonome qui ont recueilli sur le terrain les éléments d’information destinés à nos périphériques.

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G.O A. DA 22/]




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