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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Pour les rencontres de l’autonomie organisée
{Autonomie pour le communiste}, n°4, 2 Juin 1979, p. 4.
Article mis en ligne le 9 mai 2013
dernière modification le 18 novembre 2013

par ArchivesAutonomies
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En Juin 1979, avons-nous assez de recul pour juger et évaluer au plus juste les bouleversements politiques qui sont intervenus ces 10 derniers mois ?
Peut-être pas, mais déjà les indications sont nombreuses, le champ d’investigation de l’analyse assez vaste, pour que nous tentions d’avancer tout au moins des hypothèses de travail, avant de pro­poser des orientations pour nous-même et pour le Mouvement. Ces bouleversements ont leur point de départ formel dans les résultats des élections de Mars 1978. même si leur origine remonte au-delà, et s’ils pouvaient être prévus (ce que nous anticipons en d’autres temps et lieux). En effet en Mars 78, s’est opérée une importante redistribution de cartes entre les différentes forces politiques institutionnelles, et à l’intérieur du Mouvement de Classe général, le pouvoir, après Mars 78, fort d’un consensus majoritaire, passe à l’offensive directe contre la classe ouvrière et cela grâce aux armes traditionnelles à sa disposition telle que l’inflation, la diminution des dépenses publiques, la restruc­turation productive. Ces armes qu’auparavant il utilisait avec une grande prudence en raison de l’échéance électorale (ce qui lui a d’ailleurs valu de prendre du retard dans son programme par rapport aux autres États capitalistes) ; l’État va les faire jouer dès le cap des élections franchi. Accen­tuation de la hausse des prix, augmentation des tarifs publics, accélération de ta restructuration (sidérurgie...).
Cette offensive capitaliste contre la classe ouvrière et le prolétariat va trouver, dès que le contre-coup de la défaite électorale se sera atténué dans la subjectivité d’une partie importante de la classe, sur son chemin les premières ripostes apportées par certains secteurs de classe. Ce sont tout d’abord les jeunes prolétaires métropolitains, qui vont constituer, à travers leurs luttes pour la satisfaction des besoins immédiats, des formes d’organisation collective autonome qui tenteront de stabiliser et renforcer ce Mouvement, encore peu solide, né fin 77, à la suite des événements de Stammheim. Puis, à partir de l’automne 78 c’est l’entrée en force de certains secteurs de la classe ouvrière dans la lutte frontale violente contre la restructuration (même si depuis Juin des signes avants-coureurs de cette tendance pouvaient se déveler par exemple dans la lutte des O.S. de Renault-Flins). Et ce sont les splendides opérations coups-de-poing et les combats des sidérurgistes de Longwy et Denain. Ce sont les affrontements violents de Caen, St Chamond, St Nazaire, Cherbourg... Ces différents évènements vont provoquer, entre autres choses, l’apparition d’une aire autonome dans la classe ouvrière d’usine, qui va, par sa force d’impact, lézarder le consensus qui s’était établi autour des élections. La défaite d’une issue réformiste à la crise et la restructuration accélérée, jettent donc dans l’énorme affrontement de classe qui s’est amorcé, des secteurs ouvriers et prolétaires de plus en plus vaste, ceci est le cadre général de l’année de lutte que nous venons de vivre.
Mais ce cadre général découle, bien évidemment, de multiples indications, approfondissements/questions, dont l’évaluation exacte déterminera à n’en point douter certaines des orientations futures que prendre le Mouvement.
Pour tenter de définir ces orientations, nous voudrions essayer d’adopter une démarche à la fois collective et graduelle. Et c’est dans ce sens que nous faisons 2 propositions :

  • Tout d’abord, la tenue d’ici la fin Juin de rencontres de l’autonomie organisée, c’est-à-dire de tous ceux qui voient à travers l’Autonomie un projet politique révolutionnaire cohérent, une alternative globale de classe, et qui veulent se donner les moyens politiques et organisationnels pour mener à bien ce projet.
  • Puis deuxième proposition, la préparation pour la rentrée, en Septembre, de 3 jours de l’auto­nomie. Qui seraient un moment central de confron­tation entre les diverses Autonomies, de l’Auto­nomie ouvrière à l’Autonomie immigrée, au Mouvement des Femmes, aux minorités "nationales", sexuelles, en passant par les Jeunes Prolétaires et les Travailleurs Précaires, jusqu’au Mouvement Anti-Nucléaire... Nous aurons l’occasion de revenir sur ces 3 jours, en raison des problèmes importants qu’ils soulèvent (quelles forces doivent le porter, et dans quel cadre ?...) Nous voudrions simplement ici, amorcer la préparation des rencontres de Juin, en délimitant un certain noinhre de thèmes sui lesquels, pour notre part nous aurons des contributions qui sont la traduction de notre propre expérience pratique et théorique.

I - État et bilan du Mouvement, De l’Assemblée parisienne des Groupes Autonomes au lcr Mai 1979. Fn passant par la Campagne contre le » hausses, St Lazare, le 23 mars, la défense militante (Ct)M), niveaux d’extension et d’organisation actuels du Mouvement de l’Au­tonomie. Rôle de l’Autonomie Organisée.
II - Composition de classe du Mouvement, le Jeune Prolétariat. L’hégémonie de ses compor­tements. Les limites que cette hégémonie pose à l’ouverture vers d’autres figures de classe.
III - Situation et analyse de classe. (Voir dans ce numéro notre contribution au débat), l’Au­tonomie Ouvrière, de la défense de l’emploi à la lutte offensive sur le salaire.
IV - Les axes d’intervention politiques à éla­borer. la lutte contre l’État-nucléaire (voir notre contribution dans ce numéro et le n" 3). La lutte contre le travail précaire, contre le chômage et pour le revenu garanti, la lutte pour la gratuité et contre les hausses.
V - Perspectives et organisation. Le Mouve­ment et la Coordination Nationale de l’Auto nomie.

Ces thèmes ne sont pas exhaustifs, ce sont ceux en tout cas, sur lequels nous pensons avoir quelque chose à apporter (mais pas tout). le but des RENCONTRES étant de permettre l’ouverture d’un débat politique entre Paris et la Province, qui puisse déboucher sur des projets communs, qui rassemblent le plus de forces réelles possibles, etd’aller vers une homogénéisation politique des camarades et collectifs impliqués ou sollicités à des niveaux très différents.

Organisation concrète :

Ces RENCONTRES seront organisées sur invitation. Tous les camarades ou collectifs désireux d’y participer, peuvent, soit passer le Mercredi soir à 19h à la Coordination Autonome (3, rue du Buisson Saint-Louis - Métro Goncourt), soit écrire à la même adresse pour s’inscrire. La date et le lieu (sûrement en Province) exact seront précisés dans le prochain numéro d’"Autonomie".




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