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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Briser le ghetto
{Autonomie pour le communiste}, n°5, 23 juin 1979, p. 3.
Article mis en ligne le 20 mai 2013
dernière modification le 18 novembre 2013

par ArchivesAutonomies
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Orange, mai 1979 : deuc colporteurs sénégalais meurent carbonisés dans l’incendie de leur hôtel, déclanché par la rage destructive de trois nervis en goguette.
Cet évènement n’est pas à classer dans la rubrique "Faits divers". Il ne s’agit pas de racisme primaire ! (2 des 3 agresseurs sont d’anciens légionnaires, qui ont certainement à leur actif, d’autres exploits identiques, en Algérie, au Tchad ou à Djibouti). Il faut inscrire cet assassinat dans la suite des nombreuses agressions dont sont victimes les immigrés, ratonnades, attaques et incendies de foyers, expulsions de militants et petits délinquants, contrôles dans le métro, etc. À la lumière des récentes dispositions administratives de l’État envers l’immigration, on parvient à cerner la tactique d’épuration agencée dans les sphères nauséabondes du cabinet de Bonnet (NdC : aux chiottes Bonnet... j’ignore qui a fait cette note, mais en tout cas ce n’est pas la claviste, peut-être qu’en plus ils ont une dactylo, c’est du joli !) Devant l’offensive ouvrière des ces dernières mois, et la confirmation d’une recomposition de classe concrétisée apr l’ouverture de nouveaux espaces de lutte et de vie impulsées par un jeune prolétariat actif et créatif, l’État voit son intégrité institutionnelle largement entamée et décide de développer le contrôle social et la répression judiciaire. Dans cette entreprise de terrorisme à grande échelle, pour légitimer la nécessité du renforcement de son appareil de gestion de l’ordre il désigne à la vindicte populaire le bouc émissaire de la restructuration capitaliste : la jeunesse marginalisée et l’immigration. En tentant d’expliquer à la classe ourvrière que la cause de tous ses malheurs n’est pas la faillite du système, mais un surplus de "main d’oeuvre étrangère" et qu’en l’éliminant, "on" fait preuve de salubrité dans l’économie nationale, Bonnet et Consort espèrent parvenir à établir un clivage ouvriers français-immigrés, détournement des problèmes, diviser pour mieux régner, Hitler avait les juifs, l’État français les immigrés, à quand l’étoile ?
La C.G.T.-P.C. n’est pas enreste dans cette offensive, mais avec un discours plus crapuleux dans la subtilité démago. La campagne de xénophobie menée à l’occasion des élections pour l’Europe, véhicule le postulat suivant : le danger, c’est l’autre ! On désigne d’abord le métèque européen (grec, portugais, espagnol) en souhaitant que subjectivement, s’installe dans la classe une onde de rejet beaucoup plus large. D’ailleurs, la C.G.T. n’en est pas à son coup d’essai, pour s’en convaincre, il suffit de se souvenir de l’attitude de ses bureaucrates dans la lutte des foeyrs Sonacotra. Partout où les résidants s’organisaient en structures autonomes, les émules de Staline se mirent à saboter systématiquement toutes les initiatives qu’ils ne contrôlaient pas (refus de roné pour les tracts, intimidations, calomnies, etc.). Malheureusement pour le flic n01 Bonnet et ses complices C.G.T.-P.C., on observe actuellement une convergence des luttes entre la jeunesse immigrée et le jeune prolétariat, dans des pratiques autonomes communes, pour la valorisation des besoins, l’autonomie de leurs espaces de lutte et d’expression, l’offensive contre l’agression tentaculaire du contrôle social.
Nous qui appartenons à cette seconde génération des immigrés en France, devons exprimer notre refus de l’intégration socioculturelle systématique, voulue par l’État afin de pouvoir mieux gérer notre quotidien. Mais nous devons être en mesure d’effectuer une auto-analyse relative à notre caractérisation en tant que composante du jeune prolétariat, de par nos pratiques et la communauté de nos besoins... Pour parvenir à briser les murs du ghetto dans lequel l’État veut nous maintenir, il y a nécessité de nous organiser dès à présent en collectif partout où nous sommes, dans les banlieuses, les boites, les facs, etc. Aux trois jours prévus à la rentrée de septembre, il serait intéressant d’être présents et porteurs d’un projet à discuter dans le mouvement.

PS : les colporteurs africains organisent une journée nationale fin juin à Paris.</p<




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