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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Appel international de Radio 93 à tous les collectifs de radios libres, vidéos, journaux d’expression et de contre infrmation, aux travailleurs de l’audiovisuel pour la défense des radios libres italiennes et la libération d’Emilio Vesce et de ses camarades
{Autonomie pour le communiste}, n°5, 23 Juin 1979, p. 4.
Article mis en ligne le 29 mai 2013
dernière modification le 18 novembre 2013

par ArchivesAutonomies
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Le 7 avril 1979, 15 intellectuels et militants italiens ont été arrêtés et parmi eux, Emilio Vesce, professeur de lycée, ancien directeur du mensuel Potere Operaio, directeur de publication du journal Autonomia, et directeur de la radio libre Radio Sherwood de Padoue. Les chefs d’accusation sont très graves : "association subversive, participation à bande aimée, tentative de renversement de l’Etat". Parmi les multiples questions suscitées par cette vague d arrestations arbitraires, il y en a trois que nous voudrions poser .
1) Le rôle des médias, de la radio et de la télévision en particulier, a atteint dans cette affaire des sommets dans la manipulation de l’opinion publique.
Une véritable chasse aux sorcières s’est développée, appuyée sur des rumeurs démenties ou non démenties chaque jour. "Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose !" : telle a été la ligne des pouvoirs médiatiques et judiciaires rassemblés à cette occasion. Il s’agit de créer un consensus par la mise en spectacle d’une "Affaire" et le mensonge systé­matique.
2) La tentative de criminalistr fout mouvement qui ne se situe pas dans le cadre strict des institutions de l’Etat.
Pour les radios italiennes, ce n’est pas nouveau Radio Alice est fermée en mars 1977, sous le prétexte ofliciel d’être la direction stratégique de la guérilla urbaine à Bologne. Radio Rosa Giovana de Rimini est saisie par |a police pour avoir traité avec trop d’ironie l’enlève­ment d’AIdo Moro en mars 78. Radio Proletaria de Rome est saisie et ses animateurs matraqués et accusés d’association subversive et de constitutions de bandes années. Radio Onda Rossa de Rome a contre elle depuis deux ans 26 chefs d’inculpations. Radio Tupac à Roggio Emilia est saisie. Radio Donna (citta futura) est attaquée à la mitraillette par les fascistes en janvier 79. Aujourd’hui, c’est donc le directeur de Radio Sherwood de Padoue que l’on jette en prison sans preuves. Quelle que soit notre opinion sur l’orientation des radios ainsi poursuivies, nous affirmons notre opposition irréductible à cette tentative de réduire toute dissidence, tout opposition extra constitutionnelle à l’ordre établi. Nous rap­pelons l’importance de la fonction d’information et de communication sociale jouée par les radios.
Au moment où dans l’Europe entière, les médias officiels présentent à des dizaines de millions d’auditeurs et de téléspectateurs Vesce, Negri et leurs camarades comme de machiavéliques assassins, au moment où, en Italie, la lutte des sidérurgistes de Longwy et de Denain est déformée, montrée comme menée par des extrémistes extérieurs aux ouvriers, les radios libres ont un rôle essentiel pour sauvegarder et développer l’espace d’une information libre concernant les mouvements sociaux.
3) Les attaques qui se demopptnt dans toute l’Europe contre l’information libre (concentration de la presse, main mise des états et des multinationales sur l’audiovisuel, projets de lois, saisies et brouillages des émetteurs en France, Belgique, Allemagne) sont inquiétantes pour la démocratie et la liberté d’expression et d’information. Elles sont à mettre en relation avec l’espace judiciaire européen, avec le renforcement de l’Europe des polices. Ces attaques sont en contradiction formelle avec la Déclaration des Droits de l’Homme dont nous réaffirmons l’Article 19 :

"Tout individu à droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit à ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher de recevoir et de répandre sans considération de frontières les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit."

Ce droit, Vesce et ses camarades l’ont pris. C’est pour leur opinion, leurs idées qu’on veut les condamner.
En conséquence, nous demandons à tous ceux qui se reconnaissent dans ces principes de se joindre à nous pour exiger :

  • l’arrêt des poursuites judiciaires contre les radios libres italiennes ;
  • la cessation de la campagne de presse contre Vesce, Negri et leurs camarades ;
  • la libération immédiate de tous les emprisonnées.

    Plusieurs collectifs de radios italiennes, belges, françaises et québequoises ont déjà signé cet appel international, nous demandons à tous les collectifs de radios, de journaux de contre expression de bien vouloir le lire ou le reproduire et d’envoyer les signatures à l’adresse suivante : ...




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