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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Allez, allez Poulidor !!
Négation, n°2, Juin 1973, p. 16-17.
Article mis en ligne le 14 novembre 2013
dernière modification le 11 février 2018

par ArchivesAutonomies

LA LAÏCITE ? QU’EST-CE QUE C’EST ?

C’est le catéchisme qui n’a plus besoin de Dieu et de ses prêtres pour en­seigner la nécessité et la sainteté du travail sérieux, appliqué (et si enrichissant !), le respect de la famille, l’obéissance aux chefs (c.à.d. ceux qui ont le mieux travaillé à l’école), et la soumission aux normes de la société : travail­lez plus pour être mieux placé (cette pute de Pompidou n’est-il pas fils d’ insti­tuteur ? ATTENTION ! nous n’avons pas dit qu’il suffit d’être fils d’insti­tuteur pour être... fils de pute.)
L’École laïque est une création de la Bourgeoisie (3° République) ; elle ne peut être une arme contre elle. Rien à foutre de la protéger ou de l’améliorer. De toute façon, la Bourgeoisie n’a jamais eu l’intention de la détruire puisqu’elle est l’instrument de la répartition des individus dans les différentes classes sociales, et la machine qui permet de faire acquérir à chacun le savoir minimum né­cessaire à son rôle futur (cf. les différences de programme aux lycées, CES, CET, C. Agricoles etc...)

L’ÉCOLE LAÏQUE ET PUBLIQUE est la PROPRIÉTÉ PRIVÉE de la Bourgeoisie et de son État.

Un instituteur, un prof de CES ou CET est un travailleur exploité. Son École est l’endroit où on l’exploite, où on le réprime. On va quand même pas défendre ça ? En dehors des heures de travail, on a autre chose à foutre que de lutter pour un meilleur management de notre usine. On n’est pas masochistes !
Les organisations syndicales et les partis politiques qui nous proposent froidement de défendre nos lieux de travail sont des putains ! Ils y ont peut-être in­térêt : NOUS , NON !
En fournissant moins de fric à l’École Laïque, ce n’est pas les enseignants que la pouvoir baise, ce sont les bureaucrates de la FEN et des partis de gauche qui ont tout intérêt,en fonction de leur programme politique, à ce que la rénova­tion de l’enseignement réussisse, et que cet enseignement soit le plus possible a­dapté aux techniques nouvelles de la production et de la consommation ( mathémati­que moderne, travail en groupe et informatique).
Pourquoi les enseignants interviendraient-ils dans une lutte pour le pou­voir entre une classe qui le détient et des bureaucrates qui le convoitent alors qu’ils seront baisés par l’une ou l’autre et que leur travail et leur vie n’en se­ront pas changés ?

CEPENDANT...

Nous suivrons inconditionnellement tout mot d’ordre de grève aussi débile bureaucratique, flic etc.., qu’il soit. Parce que de toute façon, un jour de gagné c’est un jour de gagné.
La gravité de la situation éclatant aux yeux de tous et la réputation de la FEN n’étant plus à faire pour la violence et la dureté de ses actions, la seule issue possible au meeting du 18 fév, (et à d’autres lui ressemblant en France) ne saurait être qu’un appel de grève générale, illimitée, et sans préavis.
Nous en remercions par avance les bonzes de la FEN et dorzédéjà nous leur faisons une grosse bise empoisonnée.

Comité d’Action Enseignant,
Société des amis de Poulidor.

(Tract fait et diffusé à Grenoble en Février 71, à l’occasion d’une journée de grève de la FEN pour la défense de l’École Laïque)


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