Vers la fin de la préhistoire humaine... ou vers la fin de l’humanité

{Négation}, n°1, s.d., p. 15-30.
vendredi 2 août 2013
par  ArchivesAutonomies

I- LE PROCÈS DE PRODUCTION SPECIFIQUEMENT CAPITALISTE

1)- Le Capital parvenant à sa domination réelle, le procès de travail (humain) est absorbé par la procès de valorisation, en ce sens que le procès de production est toujours plus social et scientifique, et que le travail (humain) ne subsiste essentiellement qu’en tant que valorisateur du capital, c’est-à-dire producteur de plus-value. Autrement dit, le sur-travail domine toujours plus le travail nécessaire, et celui-ci est toujours plus assumé par la machinerie et la technologie se substituant à l’homme qui ne demeure essentiellement dans ce procès qu’en tant que sur-travailleur.
Le procès de production devient, donc, spécifiquement capitaliste lorsque le travail abstrait et le travail matérialisé se rejoignent pour dominer le travail concret et humain. Sa perfection et sa limite sont atteintes par la transformation des moyens de production en processus automatique.

2)- Ce procès de production n’est pleinement social que parce que le procès de valorisation absorbe le procès de travail. Il n’est donc social que par et pour le capital. Son organisation en est le reflet par une division du travail atteignant la parcellarisation dont la chaîne de montage semi-automatique est le meilleur exemple.
Les travailleurs soumis à des cadences toujours plus rapides ressentent le caractère humainement asocial d’une telle organisation. A travers celle-ci, c’est le capital qu’ils ressentent : le travail abstrait producteur de valeur d’échange apparait et se concrétise en quelque sorte, pour eux, dans l’organisation même du travail ; c’est un aspect de l’unification de l’être prolétaire dont la plaine existence de sur-travailleur dans le procès de production rejoint la pleine existence de dépossédé en tant que travailleur salarié.

3)- Le capitaliste traditionnel tend à disparaitre. Il apparait des organisateurs du procès de production et des gestionnaires, tels les managers et les technocrates. D’autre part, avec l’automation, la capital financier tend toujours plus, grâce au crédit bancaire ; à s’approprier les moyens de production. Ainsi, parti du capital financier (et du capitol commercial) dont il est le produit, le mode de production capitaliste, pleinement développé, tend à revenir à celui-ci ; mais, cette fois, c’est lui le producteur et le capital financier est le produit : la boucle est bouclée.

4)- Pour les travailleurs dans l’usine, la conscience de transformation de leur situation ne peut être que destructive, négatrice de l’organisation du travail ; elle ne peut être, de ce fait, que destructrice des rapports de production, puisque ces rapports apparaissent directement dans l’organisation du travail.
Cette conscience apparait déjà, de façon immédiate, dans les nombreux actes de sabotage organisés qmi touchent la plupart des usines les plus modernes en Europe (Fiat, Turin, 1969), et surtout aux U.S.A., où ces actes apparaissent de plus en plus comme mouvements de lutte organisés par les travailleurs et inassumables par les syndicats. Les saboteurs ont, entre autres objectifs, de s’attribuer du temps libre de repos par la désorganisation totale de la chaine de montage [1]. C’est une critique du sur-travail qui est un terme des rapports de production capitalistes, une critique de leur existance de sur-travailleurs, et un désir de vie. Ces mouvements ne s’attachent pas à réorganiser la production par et dans le procès de production existant ; ils n’ont aucune affirmation gestionnaire : les bases matérielles de l’autogestion ouvrière ont disparues avec le producteur immédiat. Bien plus, au point où en est arrivée la division du travail, la destruction de cette division passe par la destruction du travail, et le réappropriation des moyens de production implique leur transformation en processus pleinement automatique : l’homme domine la processus de production par son activité sociale du surveillance et de contrôle, c’est la transformation du caractère social du travail pour le capital en caractère social pour l’homme.

5)- Les syndicats se sont intégrés au capital avec le procès de travail. Ils défendent de moins en moins le prix de la force de travail des prolétaires, et de plus en plus les intérêts du capital, d’où la politique de concertation et les contrats dits "de progrès" pour éviter des grèves coûteuses ; en effet, lorsque le machinisme est la base du procès de production, "tout arrêt de ce procès a pour effet direct de réduire le capital lui-même, c’est-à-dire sa valeur initiale, la valeur du capital fixe ne se reproduit que dans la mesure où elle s’use dans la processus de production. S’il n’est pas employé, il perd son utilité sans que sa valeur se transmette au produit. Par conséquent, plus le capital fixe se développe, plus la continuité du processus de la production où le flux constant de la reproduction devient une condition impérieuse du mode de production fondé sur le capital." (Marx, Grundrisse : Machinisme, science et loisir créateur). Le sabotage organisé et l’absentéisme de masse ont le même effet que les grèves sur le procès de production, mais, eux, ne peuvent être évités par une bonne politique contractuelle.
L’intégration des syndicats a entrainé de nombreuses grèves sauvages dans l’après-guerre (les premières étant apparues dans l’Allemagne des années 20). Elles constituent une critique immédiate des syndicats en tant que prétendus représentants des intérêts des travailleurs ; mais elles ne sont pas, et ne peuvent pas être, un dépassement des syndicats, dépassement qui ne serait autre qu’une critique de leur rôle de représentant réel des intérêts du capital, et équivaudrait à leur destruction : les syndicats intégrés au capital, ne peuvent être détruits que par le destruction du capital et de ses rapports de production. L’une et l’autre (destructions) vont de pair, mais la destruction des syndicats ne peut précéder celle du capital comme le pensent ou le rêvent de nombreux conseillistes.
Le syndicat se dévoile de plus en plus tel qu’il est, aux yeux du prolétariat mais celui-ci ne nie pas pour autant son existence, il ne peut la nier pratiquement qu’en se niant lui-même pratiquement.
L’intérêt des syndicats va "naturellement’ vers la gestion des rapports de production capitalistes, baptisée par certains, telle la C.F.D.T. : "autogestion". Les managers les plus progressistes, c’est-à-dire les plus clairvoyants sur les luttes de classes, appuient cette revendication en prônant la cogestion, (cf : le dialogue PETRI, président du holding d’État I.R.I. TRENTIN, dirigeant de la C.G.I.L., paru dans le Monde du I4-I2-7I-)

II- LA COMMUNAUTE MATÉRIELLE DU CAPITAL

1)- La valeur devenue autonome et totalement dominatrice du travail et de la société, se débarrasse de ses anciennes présuppositions idéologiques telle que la politique, mais aussi la religion et la philosophie... dont elle n’a plus besoin pour assumer sa domination ; elle organise directement la vie de l’ensemble des hommes prolétaires et prolétarisés, en étant elle-même idéologie matérialisée dans la marchandise (ce que les situationnistes ont appelé le "spectacle") . La valeur organise directement la vie du prolétariat par le produit qui est aussi bien la masse de marchandises consommée par la force de travail pour sa production que la marchandise-capital (machine) qui consomme la force de travail dans le procès producteur de cette masse marchande. Ainsi la valeur produit et reproduit ses propres besoins spécifiques de valorisation. L’idéologie de la valeur tend à présenter les produits du développement du mode de production devenu spécifiquement capitaliste : science, machinisme, et loisirs, comme le patrimoine de la "société-tout-classes-réunies" comme appartenant déjà à la communauté humaine, alors que ce n’est que le patrimoine du capital.
L’État n’est plus que le régulateur de l’économie, c’est-à-dire de la vie du capital, et de ce fait il est partout. Il tend à se poser en conscience historique du capitalisme.

2) - L’idéologie du travail producteur trouve sa vérité et sa réalisation dans l’idéologie du produit marchand, dernier produit idéologique d’un système basé sur le travail et la production.
Le chantage au travail pour la satisfaction des besoins vitaux du prolétaire se prolonge en chantage pour la satisfaction de ses désirs aliénés -pseudos besoins d’accumulation de marchandises et, en fait, besoins vitaux du capital.
Bref, lorsque travail et capital ne font qu’un, la communauté matérielle du capital se présente à la société comme la communauté humaine : là où on croit saisir l’homme, il n’y a que la valeur et sa matérialisation marchande.
Cependant, sous la communauté matérielle du capital, vit et se développe la communauté humaine ; sous les désirs aliénés, vivent les désirs ; le système recèle sa propre subversion.

III- LA CRITIQUE DU TRAVAIL ET LE MOUVEMENT DU PRODUIT (DU MOUVEMENT EXTRA-TRAVAIL)

1)- La science ayant remplacé l’homme dans la procès de travail, celui-là tend d’autre part, a être toujours plus exclu du procès de production, et de ce fait, le chômage de conjoncturel devient structurel, acquérant une constance plus ou moins importante (surtout aux U.S.A., cf : James BOGGS : "La Révolution aux U.S.A. (?)) ; d’autre part, le prolétaire tend à s’exclure lui-même toujours plus de ce procès dont l’existence dominante en tant que procès de valorisation détruit les bases matérielles de l’idéologie du travail. La critique du travail se manifeste chez les jeunes prolétaires, nés avec ou dans la domination réelle du capital, par leur refus sous diverses formes : absences régulières du travail, au rejet catégorique qui entoure l’usage d’expédients comme moyens de subsistance, d’où le développement de la délinquance juvénile.

2)- Les prolétaires ainsi ramenés en dehors du procès de production retrouvent l’existence de marchandise potentielle, base de création du travail salarié mais contrairement aux chômeurs et au lumpen du XIXème siècle, ils ne constituent dans un "secteur" retardé du capital : les chômeurs, victimes, eu XIXème siècle, de la destruction de secteurs pré-capitalistes, constituaient alors des marchandises potentielles à avenir quant à leur pouvoir d’exercice dans le procès de production, avenir qui était celui même du mode de production capitaliste naissant et devant se développer.
Aujourd’hui, ils sont le produit même de ce développement arrivant à son terme dons les pays industrialisés. Ils constituent désormais des marchandises sans avenir, ne pouvant plus, ou ne voulant plus s’exercer dans le procès de production capitaliste. Ils sont, en quelque sorte, l’avancée extrême du système dont, historiquement, ils ont fait le tour, en redevenant marchandise même plus potentielle.

3)- De façon immédiate, ces marchandises ne circulant plus sur le marché spécifique du travail, circulent sur le marché commun à tous les produits : l’espace-temps de la distribution-consommation. Elles se confrontent comme toute autre marchandise et se consomment entre elles : rivalité, émulation, élimination. Sur cette base sont apparues, dans les années 56-60, des bandes hiérarchisées de jeunes prolétaires -"blousons noirs", "rockers", etc...- qui s’affrontent entre elles, et dont les membres s’affrontent au sein de chacune pour le droit au leaderisme, car chaque marchandise et chaque communauté de marchandises n’existent que par différence, les premières de ces bandes sont apparues dans l’Allemagne des années 30. Ce terrain de circulation et de consommation est aussi celui où s’exerce le discours idéologique de la valeur-matérialisée dans la marchandise. Ces communautés de jeunes prolétaires vivent totalement cette idéologie, et ne vivent qu’elle. Le refus de travail s’accompagne, chez eux, d’une glorification de la marchandise et d’eux-mêmes en tant que marchandise-produit du système (ils roulent leurs mécaniques, et non plus celles du procès de production). Ils existent, eux aussi, en tant que communauté du capital, et leur particularité est de l’être visiblement.

4)- Cependant, lorsque ces communautés de prolétaires non travailleurs et travailleurs intermittents, se révoltent contre l’ordre du capital, elles manifestent un potentiel destructif qui remet en cause toute la rationalité du système. En effet, vu la place extrême qu’elles y occupent, ces communautés en lutte dévoilent tout le système et l’organisation même de leur existence de marchandises.
Par le pillage, elles critiquent cette existence qui n’a d’au-delà que dans la communauté humaine débarassée du capital. Telles ont été aux Etats-Unis dans les années 65, les révoltes noires dont le potentiel communiste s’est puisamment manifesté. Le pillage est apparu insurrectionnel après Mai 68 (principalement à Lyon), à Paris, en Juin 71 au quartier Latin, un beau samedi soir, comme une des premières manifestations pratiques et massives du prolétariat européen en lutte sur les lieux de consommation. On peut assister alors à deux phénomènes remarquables : la constitution immédiate des gauchistes en "milice publique" pour la défense du capital "du peuple"et de ses marchandises, et l’unification réelle et mi-consciente de ces communautés de non-travailleurs avec d’autres secteurs du prolétariat et des couches moyennes prolétarisées (étudiants, travailleurs immigrés, et prolétaires "adultes et raisonnables".)
Ainsi, en détruisant les bases matérielles du travail et de son idéologie, en créant des communautés d’intérêts situés au-delà du travail, et donc potentiellement du capital, celui-ci crée son contraire et les bases mêmes de sa négation : le produit et son idéologie ne sont rien si la possibilité et la conscience du travail productif se dissolvent largement.
Ces mouvements de lutte sont inorganisables politiquement, de l’extérieur, par leur caractère purement destructeur, négation potentielle de l’ordre capitaliste. Car ce qui est - contenu dans le refus du travail - ou l’impossibilité de s’exercer - c’est la conscience historique du prolétariat, qui nait et se développe à partir de la dissolution de l’idéologie du travail et de l’idéologie politique. La conscience historique s’est libérée de son usurpation idéologique : le refus du travail s’accompagne du refus de la politique.
Cette conscience révolutionnaire- apparaît dans ces luttes sous sa forme immédiate de conscience destructrice du produit, de tous les produits du système. Elle ne peut se réaliser au sein même de ces luttes et de leur terrain : l’espace-temps extra-productif ; elle doit pénétrer les lieux de production où se produit et se reproduit l’existence pauvrement marchande de ces communautés.

5)- Sur ce terrain, deux remarques importantes s’imposent. La première remarque est que, plus ces communautés de prolétaires semi ou non travailleurs se révoltent et affrontent le système, plus elles dévoilent le système, et donc plus elles affrontent pratiquement leur propre organisation d’existence et se transforment irrémédiablement . Un camarade écrivait ceci (dans son texte intitulé : Naissance du mouvement radical", paru dans I.C.O., n° 93) "Ceux-ci (les blousons noirs) formaient des bandes hiérarchisées à l’extrême avec un chef indiscuté, ayant fait ses preuves, qui imposait sa
volonté, qui avait le droit de frapper "ses hommes", le droit exclusif de baiser ... avec sa favorite, etc...Le rivalité entre bandes (bagarres sanglantes) était le moyen d’émulation et de survie de chacune, et à l’intérieur de même pour les membres. Il subsiste peu de bandes, du moins dans leur formes d’alors ; elles sont remplacées par des groupes désorganisés à la composition fluctuant suivant les rencontres de la journée. Des leaders plus ou moins affirmés existent évidemment ; mais rarement sans discussion. On se bat de moins en moins contre d’autres groupes, de plus en plus contre un pouvoir se dévoilant. La révolte des jeunes "marginaux" est passée de l’âge préhistorique aux premières années de son histoire se fondant, en le révélant, au mouvement ouvrier dont les "marginaux" font effectivement partie.”
Hormis l’emploi, à tort, du terme "marginal", c’est bien de cela qu’il s’agit.
La deuxième remarque à faire est la comparaison entre ces communautés de marchandises que sont ces bandes, et les groupuscules, sectes, chapelles diverses de l’extrême gauche étudiante et intellectuelle. Elles vivent sur le même mode d’existence : rivalité, émulation, élimination, leaderisme, scissions, etc... et ne vivent aussi que par différence.(cf : le texte : "pour une théorie des chapelles" paru dans "Noir et Rouge" n°44, où un remarquable essai de description de ce phénomène est fait.) Il y a une base très simple à cela : une grande masse d’étudiants (et donc d’intellectuels), ne travaillent pas encore, et ne travailleront peut-être jamais ; ils sont voués au chômage, non pas à la suite d’une crise ou d’une"reconversion" mais par destination comme les jeunes travailleurs, ils sont des marchandises mêmes plus potentielles. La prolétarisation de ces couches moyennes ne les intègre pas dans les travailleurs productifs ou improductifs, mais dans les non-travailleurs, ce qui augmente le degré de leur prolétarisation, relativement. En devenant prolétaires, ils deviennent immédiatement totalement prolétaires. Mais là s’arrête la comparaison et l’unification ; de par leur position sociale, ils nagent, respirent, et vivent de l’idéologie politique. Alors que le jeune "blouson noir" ne vit que l’idéologie de la valeur matérialisée dans la marchandise, ils vivent encore en retard l’idéologie de l’organisation de la valeur en domination formelle, l’idéologie de l’idéologie, la politique ; cet espace-temps où il se sont toujours exercé. Leurs luttes se placent donc au même niveau que celles du prolétariat non-travailleur, (luttes dans l’espace-temps extra-productif : rues, lieux de consommation, universités, etc...), mais, de par leur nature "politique", tendent à aller dans le sens inverse, c’est-à-dire à soutenir le capital et son procès de reproduction des rapports sociaux, en parlant le langage de l’organisation et de la conscience venues de l’extérieur, de la "politique". Ils se heurtent de cette façon aux bandes de jeunes, dans leurs essais de les récupérer et organiser, ou de les canaliser (cf : le pillage du quartier latin) en se constituant en syndicats extra-productifs.
Leur lutte, alors, avec les syndicats est la concurrence pour le partage du pouvoir, les syndicats et partis gardant la main sur les lieux de production, et eux contrôlant la réalité sociale extra-productive (critique des institutions, manifs, universités, tribunaux populaires, fêtes pops, etc...) Mais elle est illusoire et de plus en plus inefficace, car elle est la lutte de la dernière conscience historiquement politique, le gauchisme, contre le capital et ses produits historiquements sociaux.
C’est la lutte des couches moyennes pour arrêter le temps, au moment historique où le temps social les extermine. En affirmant la politique, ils affirment également le travail et exaltent le prolétaire comme travailleur immédiat, ainsi que sa conscience immédiate, comme leur équivalent général.
Face au jeune blouson noir, chez qui apparaît la conscience destructrice du produit, de tous les produits, conscience qui, pour se réaliser, doit repénétrer les lieux de production, dans un mouvement unificateur. La conscience du jeune intellectuel gauchiste apparaît comme conscience organisatrice et apologétique, comme conscience du travail et du travailleur, par personne sociale interposée, conscience , qui pour arriver à faire semblant de se réaliser, doit rester en dehors des lieux de production où la réalité sociale est le discours matérialisé qu’il tient encore. En même temps son existence de prolétaire ou d’être se prolétarisant contredit toujours un peu plus sa conscience politique qui s’affirme toujours plus nettement idéologique. Ou bien ce mouvement de prolétarisation fait éclater l’idéologie du travail et de la politique, et il se retrouve dans les luttes du prolétariat ; ou bien, au contraire, l’idéologie du travail et de la politique le range dans les rangs de la contre-révolution qui s’organise.

IV- NAISSANCE DU MOUVEMENT COMMUNISTE.

1)- Depuis plusieurs années aux États-Unis et récemment en Europe, le mouvement critique du travail s’est répandu largement chez les prolétaires demeurant dans le procès de production. Cette critique prend plusieurs aspects : -sabotage organisé, comme nous l’avons vu dans ce qui précède. - Absentéisme massif dans la plupart des entreprises les plus importantes et les plus modernes (chaque jour 12% des ouvriers manquent sans motif à la Général Motors ,(cf : I.C.O. n° ), à peu près autant à la Fiat de Turin ; dans de nombreuses usines de Grande-Bretagne, il n’y a presque personne le lundi matin ! - Changement fréquent d’usines par la majorité des jeunes prolétaires, avec, entre les changements, des temps plus ou moins longs d’arrêt complet de travail.
Tous les aspects de cette critique sont réunis chez les mêmes prolétaires qui sabotent, s’absentent, s’arrêtent, sabotent, etc...
Cette pratique s’avère être une critique des rapport de production capitalistes, et notamment du sur-travail dominant, c’est donc bien une critique de la condition de prolétaire.
Par cette pratique, les jeunes prolétaires affirment leur choix du temps de loisir (non-travail) comme mesure de la richesse sociale.
Dans les loisirs (non-travail) il y a déjà une possibilité de choix affinitaire des êtres (même si ce choix est encore mystifié sous le capital) avec qui on a envie de vivre, dans l’usine ce choix est uniquement celui du capital. Le choix est l’affirmation consciente de la communauté humaine dominant les choses, c’est la rationalité passionnée et passionnante de l’humanité sociale contre la rationalité glacée et glaçante du capital : les prolétaires de Détroit, aux U.S.A. qui quittent leur atelier pour rejoindre leurs copains dans un autre atelier, affirment leur contre-choix. (cf : n° d’I.C.O. déjà cité : "Contre-planning dans l’atelier").
La communauté humaine se choisira parce qu’elle n’a qu’elle même à produire consciemment.
Choix communautaire et choix de"loisir" comme mesure de le richesse sociale, sont déjà, donc, une affirmation immédiate du communisme.

2)- Cependant le mode de production capitaliste ne connaît que le temps de travail comme mesure, et il ne produit le loisir que par rapport au travail : la contradiction surgit directement entre le maintient de ce mode de production et la pratique sociale des jeunes prolétaires. En dehors et en complément du sabotage, la traduction de cette contradiction au niveau des luttes se situe sur deux plans :

  • Lutte sur les lieux de"loisirs", de la rue aux bals, où les jeunes prolétaires découvrent de plus un plus le capital comme organisateur de l’espace-temps du non-travail.
  • Luttes plus dures sur les lieux de production pendant le temps où ils y sont par nécessité d’obtenir le maximum de pognon en vue de subvenir à leurs besoins pendant le temps de non-travail (constitution d’une sorte de réserve sociale). Ils deviennent le fer de lance des grèves sauvages.

    Ainsi, de plus en plus de jeunes prolétaires ont une pratique de lutte qui recouvre toute la réalité sociale. Ils s’affirment en tant que possesseurs de la pratique dialectique qui ne laisse aucun aspect de côté. Partout où est le capital sous ses diverses matérialisations, ils s’affirment comme sujet de sa destruction.
    Le mouvement critique du travail donne tout son sens au mouvement des grèves sauvages.

    3)- Il était normal que le mouvement prolétarien recommençât à se manifester globalement sur les lieux où il avait été inhibé dans les années 20-30 : les usines, et dans un contenu qui l’avait, après sa défaite, transformé en simple objet du capital : les occupations.
    C’est la France, où cette inhibition avait eu le caractère le plus démocratique (mouvement des accusations en 36), qui a hérité de cette espèce de répétition (mai-juin 68), où apparaissait en même temps que le mouvement n’assumait plus l’inhibition et amorçait son dépassement, ceci en négatif : non tentative de réorganisation de le production capitaliste, et en positif : fuite des usines par de nombreux jeunes prolétaires qui transportaient, quand ils le pouvaient, leurs luttes dans la rue et sur les barricades.
    Il était non moins normal que le mouvement prolétarien ait été précédé et "catalysé" par le mouvement étudiant, à la fois mouvement des couches moyennes "prolétarisées" revendiquant la "démocratie", et mouvement de non-encore-travail.
    C’est ce qui mystifia tout le mouvement de Mai 68 qui ne pouvait se reconnaître de fait de son incohérence due à ses multiples composantes de classes et d’aspects historiques (caractère du passé et caractère de l’avenir). Le mouvement étudiant ne fut pas dépassé par le mouvement prolétarien, ce qui montre bien toute les limites de Mai 68, et explique que les débats soient restés, alors, et par la suite, au niveau démocratique et auto-gestionnaire.

    4)- Le mouvement de négation du prolétariat doit refaire le chemin parcouru par le fascisme, mais en inversant le mouvement : là où le prolétariat "classique" (producteur de plus-value) était devenu objet, il tend à redevenir sujet. Par sa protique dialectique, il constitue la direction pratique des luttes de la classe s’universalisant - l’ensemble des hommes prolétarisés qui commence à affronter le capital -. Par sa pratique qui n’est révolutionnaire que si elle est négatrice, le prolétariat "classique" donne tout le sens de cet affrontement : lutte pour la libération de l’humanité. Il doit intégrer dans son mouvement de négation, outre les luttes du prolétariat non productif, chômeur, ou non-travailleur, les luttes des couches moyennes prolétarisées, et celles qu’il ne peut intégrer, il ne peut que les détruire, s’il n’est pas détruit et/ou intégré : par elles.
    Ainsi, se remet en mouvement, en pratique, ce qui avait été figé, statufié par l’idéologie marxiste, correspondant à la phrase de domination formelle du capital, dans le concept de "dictature politique du prolétariat".
    Le mouvement communiste nait sur et contre l’idéologie communiste.

    V- LES VIEUX RACKETTS POLITIQUES.

    1)- Quant le capital domine réellement et totalement, les partis"révolutionnaires" se muent en organisation pour le parti (le parti du parti !)
    Ils ne font que traduire, ainsi, leur inadéquation à se placer sur le terrain réel de la vie du prolétariat, d’où leur existence de sectes, et leur impuissance à organiser les ruptures avec le système que sont les luttes les plus radicales.
    Ils ne peuvent désormais plus prendre que le parti de l’existence du prolétariat, puisque celui-ci peut à présent prendre lui-même et immédiatement le parti de sa propre négation. De ce fait, les groupuscules sont réduits à prétendre organiser le prolétariat en tant que communauté du capital, dans le capital ; d’où le caractère positif qu’ils confèrent à celui-là, mais aussi, par là même, à celui-ci (le pouvoir aux travailleurs !)
    Les divers groupuscules à idéologie "classique" sont autant de racketts qui font l’apologie du travail et s’affrontent concurentiellement sur le mode d’existence même du capital.
    La forme rackett est la vérité de la forme parti.

    2)- De ce fait, les partis anciens dirigés par les intellectuels trouvent leur vérité dans les racketts actuels essentiellement composés d’intellectuels, phénomène qui correspond à leur apparition en tant que couche sociale depuis la fin de la guerre. Alors qu’auparavant, les intellectuels, petits et moyans, apparaissaient comme "couche idéologique" "sans intérêts sociaux spécifiques" pouvant se mettre au service du prolétariat comme de la bourgeoisie, ils se sont réalisés pour la première fois, dans la Russie soviétique de 1917, à la fois en tant que classe sociale et classe du mensonge. Mensonge qu’ils sont obligés de répéter, aujourd’hui, indéfiniment non plus seulement au prolétariat,- ce qu’ils peuvent de moins en moins assumer-, mais surtout à l’intérieur de leur propre classe, en lui masquant sa prolétarisation (et donc en se la masquant), afin de la faire évoluer dans la seule sphère de l’idéologie politique. En fait les groupuscules exercent beaucoup plus leur rackett sur les intellectuels (profs, étudiants) que sur le prolétariat "classique", mais, par là même, ils tendent à se constituer en rackett sur la classe universelle qui tend à se former en englobant les couches prolétarisées.
    Or, l’attitude et la pratique de ces couches déterminent le devenir de la lutte des classes, et, en partie, leur issue. Tant que la classe universelle ne s’est pas encore effectivement formée, tant que ces couches moyennes prolétarisées n’ont pas choisie pratiquement et socialement l’affrontement avec le capital, pour sa destruction, (et c’est la cas lorsqu’elles évaluent encore largement dans la sphère politique), elles peuvent osciller entre la révolution et la contre-révolution. Cette dernière alternative est actuellement la plus plausible, puisque c’est à l’idéologie du prolétariat et à sa conscience immédiate, (et pas encore à sa pratique sociale et à sa conscience négatrice),que se rallient de plus en plus les couches moyennes ; ralliement qui fut la base même de naissance du fascisme, du nazisme, et du stalinisme.
    Certaines manisfestations dans la pratique maoïste peuvent même être actuellement interprétées cumme émergence de la contre-révolution ; nous examinerons ces manifestations dans la prochaine parution de "Négation".
    Ce que nuue appelons "maoïsme", ce n’est pas simplement les organisations maoïstes, effectivement en plus ou moins grande décomposition en France, mais c’est l’ensemble des déterminations sociales et de la conscience de classe qui entraînent une pratique autour de laquelle se groupe, et dans laquelle se reconnaît, semble-t-il la majorité des classes moyennes se prolétarisant. La décomposition du maoïsme en tant qu’organisations "classiques" est d’ailleurs le signe que les problèmes commencent à se poser à ces classes de façon beaucoup plus directement socialement, d’où l’enjeu qu’on peut entrevoir à cette situation : intégration aux luttes du prolétariat ou luttes contre le prolétariat.
    Pour nous donc, faire une critique du gauchisme en tant que rackett politique c’est moins faire une critique du caractère anachronique de l’existence politique et idéologique de ces sectes que comprendre la pratique sociale que cette existence traduit.

    VI- LES NOUVEAUX RACKETTS POLITIQUES

    (Potere Operaia)

    1)- Si, en France, on en reste principalement au gauchisme classique, en Italie, une nouvelle ferme de rackett est apparu avec des groupes comme Potere Operaio qui tente d’organiser le mouvement de refus du travail.
    La stratégie européenne de ce groupuscule est résumée dans son mot d’ordre revendicatif : "salaire politique" c’est-à-dire salaire pour l’ensemble du prolétariat, travailleurs comme non-travailleurs, et en dehors de toute considération économique vis-à-vis du capital, et notamment la productivité.
    En somme c’est le salariat généralisé voulant se poser en contradiction du salariat. On voit tout de suite la contradiction fondamentale qui affecte un rackett comme P.O. : la politique en tant qu’activité spécialisée est apparue avec le travail en tant que double producteur de valeur d’usage et d’échange. L’idéologie politique colle étroitement à l’idéologie du travail dans le développement historique de la valeur. Lorsque celle-ci domine réellement et totalement, les bases matérielles de l’idéologie du travail et de l’idéologie politique, s’effondrent en même temps ainsi que nous l’avons vu dans ce qui précède.
    Et P.O. survient alors pour essayer d’organiser politiquement ce qui est une critique à la fois du travail et de la politique.
    Son raisonnement "théorique" est le suivant : puisque le refus du travail dépasse le cadre de l’économie (vu par P.O. comme limité à la sphère productive), ce mouvement est directement politique, d’où la possibilité de l’organiser. Or, s’il est vrai que le prolétariat, formé en classe et se niant, réalisera la politique en la suprimant définitivement en tant qu’activité spécialisée, toutes ses luttes tendant à cette auto-organisation et à cette suppression se déroulent sur le terrain de vie du capital qui s’est immiscé partout en auto-organisant la vie des prolétaires ; l’économie domine tout au point de sembler disparaître, d’où l’expression "tout est politique" produite par ce fétichisme.

    2)- A partir de cela, plusieurs caractéristiques à la fois déterminent et limitent l’existence du rackett P.O. :
    a)- Le mouvement extra-travail est considéré dans sa réalité immédiate, la place qu’il occupe dans le système, c’est-à-dire le négatif dans cette société (de même que les partistes traditionnels et les conseillistes ne considèrent l’usine que dans sa réalité immédiate : le positif dans cette société). Or seul le mouvement dialectique, interpénétrant les luttes se déroulant dans l’espace-temps extra-travail et des luttes d’usine, peut transformer la communauté extra-travail, de négatif dans cette société en négatif de cette société, et inversemment, conférer un caractère négateur à la communauté d’usine. P.O. est réduit à considérer indéfiniment la communauté de non travail comme le négatif dans le système, lui donnant ainsi une positivité politique, condition impérative de l’existence de rackett. De ce fait, ce ne peut être l’organisation des luttes destructrices de cette communauté qu’assume P.O., mais l’organisation de manifestations pour le salaire politique s’opposant spectaculairement aux manifestations des racketts classiques pour le droit au travail. Dans la stratégie de P.O., le mouvement d’usine doit venir se joindre au mouvement extra-travail sur le terrain de celui-ci, et, ainsi, devenir lui-même politique : c’est une caricature a-dialectique de la formation en classe du prolétariat, mais due aux nécessités du rackett.
    D’où aussi le moindre accent mis par P.O. sur le mouvement d’absentéisme qui, du fait qu’il figure déjà comme aux U.S.A., le mouvement dialectique des luttes exprimant un contenu communiste, s’avère totalement inorganisable politiquement.
    b)- Les séparations, voire les oppositions, entre les diverses communautés du prolétariat sont elles aussi considérées dans leur réalité immédiate comme base stratégique de l’intervention européenne sur les immigrés.
    Faisant une critique des groupuscules traditionnels qui veulent unir par des voeux pieux prolétariat immigre et autochtone, P.O. veut, au contraire, accentuer ces séparations, élargir la réalité produite par le capital "pour le conduire à un point d’éclatement où la réunification serait possible". On retrouve ici, la même gymnastique caricaturale qui tient lieu de dialectique à ce groupuscule et qui cache, mais en fait révèle, le contradiction où se débat P.O. dont la base de rackett est la séparation même des diverses communautés du prolétariat : l’unification des luttes par et dans les luttes, c’est la mort du rackett (car c’est la constitution de la classe se réappropriant sa conscience historique) d’où la stratégie combinée d’accentuation des séparations et d’unification idéologique par et dans la sphère politique où dominerait P.O., la Conscience.
    Ce pauvre rackett, malgré ses efforts pour paraître s’en démarquer, ne peut faire mieux que les groupuscules traditionnels : tenter d’organiser le prolétariat en tant que communauté du capital.</p<

    3)- Alors que les racketts classiques se voient privés de bouffe, et donc réduits à l’impuissance, par l’impossibilité actuelle de réapparition de la conscience immédiate du prolétariat - conscience de producteurs de valeurs d’usage - P.O., produit de cette impossibilité, en tire les conclusions pour faire une critique des conseils ouvriers qui est une critique de rackett [2], et pour sa placer sur le terrain d’apparition de la conscience historique du prolétariat ; la critique et le refus du travail.
    Ce qui revient à vouloir se substituer directement à cette conscience - en somme être la conscience de la conscience comme les autres groupuscules veulent être le parti du parti - et vouloir organiser sa propre négation en tant que rackett ! En fait, comme on l’a vu, ils ne peuvent tenter d’assumer la réalisation de cette conscience historique, à la fois en niant que les lieux de production sont les lieux de sa réalisation, et en niant l’unification réelle ; des diverses communautés en lutte du prolétariat : c’est le résumé de leur contradiction et de leur limite.

    4)- Cependant en intervenant sur le terrain réel et immédiat de l’existence du prolétariat et de naissance de sa conscience négatrice, de tels racketts peuvent ne pas apparaître immédiatement comme tels, ils doivent nécessairement coller à la réalité et paraître s’y fondre. Ils ont donc un rôle mystificateur et de réel frein aux luttes, d’où l’importance de la démystification par leur critique constante.
    Dépendant plus étroitement que n’importe quel autre de l’évolution du système et des luttes de classes, de tels groupuscules apparaissent dans les prys où la situation économique et les luttes sont parmi les plus avancées,,et ils apparaissent différemment suivant le degré de cette évolution. Ainsi en Italie, où est né P.O., ce groupuscule politique est apparu presque immédiatement en tant que tel, et cherche son second souffle, et sa virginité initiale - , dans son extension aux autres pays européens.
    Le Grande Bretagne, où la situation des luttes du prolétariat - tant sur le plan des luttes d’usines que sur celui de la critique en actes du travail par les prolétaires -, semble être le plus avancée d’Europe, ils apparaissent immédiatement dans les mouvements extra-travail tels les claimants Unions (organisation de défense des intérêts des chômeurs et non-travailleurs), et au moment même de leur apparition, ils semblent déjà ne plus pouvoir se manifester sous la forme groupusculaire traditionnelle, tout en appelant d’un autre côté, au soutien envers l’ignoble I.R.A. National-socialiste, avec tous les autres demeurés des groupuscules traditionnels.
    Quant au U.S.A., ils n’y sont jamais apparus, et la situation semble désormais au-delà de leur possibilité d’existence sous quelque forme que ce soit. Toute possibilité réformiste y semble déjà exclue des luttes. La révolution communiste arrive là-bas à l’ordre du jour, ce qui implique qu’aucune organisation extérieure à la classe et à ses luttes ne peut désormais y prendre d’essor.
    En France, un des pays les plus retardataires quant à l’évolution économique et aux luttes, il semblerait qu’un groupe comme P.O. ait de l’avenir ; il s’y est crée un sous-fifre balbutiant en la personnne du groupe "Matériaux pour. l’intervention" (Martin Adler, B.P. 42-06, Paris). Mais ce n’est qu’une hypothèse, car la France fait partie du monde capitaliste ; une évolution et un durcissement rapides de la situation des luttes dans les pays les plus avancés se répercuterait sur la France elle-même, la faisant passer directement au niveau de ces luttes. L’entrée de la Grande Bretagne dans le Marché Commun pourrait, entre autres, avoir cette conséquence.
    Des groupes comme P.O., semblent être l’expression d’une progression de la prolétarisation des intellectuels, et simultanément, de leur conscience. Si on s’en réfère au groupe français "Matériaux pour l’intervention", composé principalement d’enseignants, cela semble correspondre à la décomposition idéologique de ce milieu,qui est apparue visiblement depuis deux ans : le travail des profs débarassé de son apparat idéologique, le "savoir", tend à se révéler de plus en plus pour ce qu’il est, "du travail salarié". D’où sa critique par de plus en plus de jeunes enseignants, dont
    beaucoup reportent ce pouvoir idéologique sur la politique, sur l’organisation politique du prolétariat. Ils se posent ainsi en ultimes idéologues, et en ultimes politiciens.

    5) - Pour finir, disons que toute la contradiction de P.O. est contenu dons son nom même : s’appeler "Pouvoir Ouvrier" montre en effet, - en dehors de la substitution, mais l’expliquant -, que pour ce rackett, le prolétariat ne doit pas aller jusqu’à ce nier, mais il doit prendre le pouvoir, et en plus redevenir l’ouvrier collectif, ce qui signifie que le procès de valorisation et le prolétariat devraient faire marche arrière et revenir à la phase historique où ils étaient peu de choses, et où le travail humain et le producteur de valeurs d’usage étaient beaucoup !!
    C’est d’ailleurs une marche en arrière constante de l’histoire que tente dérisoirement P.O. qui à la prétention de la réécrire à partir d’un marxisme pur d’où seraient nettoyé les merdes social-démocrates, léninistes [3] et staliniennes. Il n’est d’ailleurs pas le seul à s’essayer à ce petit jeu de société : le vrai marxisme, le seul, l’intégral, le pas déformé, pas révisé, est à l’affiche comme Jésus !


[1Voir I.C.O. (Informations-correspondance-ouvrières), n° 115-116, "le contre-planning dans l’atelier", malgré les interprétations de l’auteur à tendance autogestionnaire, au prix de nombreuses contradictions risibles au sein même du texte. Adresse : P. Blachier, 13 bis, rue Labois-Rouillon, Paris I9ème.

[2Plus possible de se réaliser par les conseils en tant que conscience historique substituée (cf : texte de P.O. sur les conseils en Allemagne et Lénine textes dont nous ne savons pas de quelle brochure ou livre il est tiré.)

[3En fait, P.O. ne fait jamais une critique réelle du léninisme, il semble s"amorcer quelquefois, mais finit par le justifier entièrement. C’est d’ailleurs le cas de beaucoup de groupes divers qui "ont dépassé le léninisme" sans jamais l’avoir critiqué !


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