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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Histoire et Géographie (enseignement-contenu-idéologique-fonctions politiques)
{Archinoir}, n°1, Février-Mars 1969, p. 30-42.
Article mis en ligne le 3 novembre 2013
dernière modification le 18 novembre 2013

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1°) LE SYSTÈME D’ENSEIGNEMENT COMME LE SYSTÈME DE SÉLECTION :
Nous vivons dans une société de type capitaliste c’est-à-dire une société où le pouvoir appartient à une classe : la Bourgeoisie (détenant les moyens de production et leur utilisation). Les caractères principaux de cette société sont l’exploitation de la classe productrice et la division sociale du travail. Cela se manifeste par une hiérarchisation des fonctions et des individus. Notamment il y a division entre travailleurs manuels et travailleurs intellectuels. Il s’ensuit une valorisation de la culture qui fait que seule participe aux décisions l’élite qui sait. Le Savoir est propriété privée, il est synonyme de privilège, c’est-à-dire de pouvoir. Le système d’enseignement est le système par lequel un certain nombre de gens accèdent à ce privilège. Mais un privilège n’est un privilège que parce d’autres ne le possèdent pas et ne peuvent l’acquérir. Dire que le système d’enseignement a pour fonction de répartir le pouvoir entre un certain nombre de privilégiés, c’est-à-dire qu’il a pour fonction d’empêcher les autres d’accéder à ce privilège. La fonction du système d’enseignement c’est la sélection ; son mécanisme principal c’est l’élimination.
Le système d’enseignement a pour fonction de sélectionner par élimination successives une élite hiérarchisée. Il est le système d’appropriation privative du savoir par une couche de privilégiés.
Nous examinerons, (notamment au niveau du contenu et de la finalité de l’histoire et de la géographie) quelle est la crise qui frappe actuellement le savoir, propriété de la classe dominante. Voyons d’abord les mécanismes de la sélection (les procédés d’élimination).

2°) LA SÉLECTION COMME SÉLECTION DE CLASSE :
Toute la vie de l’élève du primaire, du secondaire ou de l’étudiant n’a qu’un but : le passage en classe supérieure, l’obtention du béni papier, atteindre le plus haut possible dans la hiérarchie des diplômes. En d’autres termes : Comment survivre ? Comment ne pas être éliminé ? Voilà l’objet de ses angoisses et de son obsessions, ou de celles de ses parents.
On élimine les élèves sur la base d’un savoir non acquis mais pour une bonne part dans le milieu d’origine. Le langage est le premier filtre : l’éventail de mots abstraits dont dispose un enfant de bourgeois est de beaucoup supérieur à celui dont dispose un fils d’ouvrier ou de paysans ; ce dernier possède par contre un éventail largement supérieur de mots concrets qui lui sont à peu près inutiles à l’école. En effet, le fils d’ouvrier ou de paysans possède une bien plus grande maîtrise de la réalité concrète (utilisation des objets quotidiens, connaissance de la nature ou de la rue).
Mais le savoir en fonction duquel on élimine les élèves est un savoir dissocié de son implication pratique : d’une part, développement des activités intellectuelles pour elles-mêmes : lire, compter, écrire ; d’autre part connaissance intellectuelles du monde. L’élève est jugé d’une part sur sa capacité d’abstraction (acquise en dehors de l’école), d’autre part sur les connaissances acquises par la conversation de ses parents, leurs voyages, et leur "culture" ; (et non acquises par son expérience individuelle comme c’est le cas pour les connaissances concrètes du fils d’ouvrier ou de paysan).
L’existence d’un savoir type (celui du livre, du maître) élimine donc les élèves issus d’un milieu socio-culturel ou prédomine une autre saisie de la réalité, un autre savoir que la "culture" bourgeoise [1]. Dans tous les cas les techniques de sélection (notation, interrogations, compositions, passages en classe supérieure, tests, épreuves, examens, concours...) opèrent un jugement continu et mesuré par la note sur...

  • La conformité du type de savoir acquis par l’élève dans son contenu et dans sa forme ;
  • La quantité détenue de ce savoir. Ce qui implique la hiérarchisation des élèves, des classes (entre classes fortes et classes faibles), entre établissements (CET, CEG, CES, Lycées...). Pour les non sélectionnés c’est l’usine ou le champs.

    Donc ce que l’on dénomme hypocritement "orientation" est une sélection sur une base de classe qui tend à éliminer les élèves issus de milieux ouvriers et paysans.

    3°) LA SÉLECTION COMME APPRENTISSAGE DE LA VIE SOCIALE :
    De toute façon, l’individu qui parvient à s’élever au-dessus de sa couche sociale d’origine set sélectionné parce qu’il s’est intégré à sa nouvelle couche sociale et à sa nouvelle fonction. En effet, les élèves sélectionnés sont ceux qui sont le mieux adaptés et ont le mieux intégré les valeurs justifiant l’ordre social établi : la discipline, le travail, l’absence d’originalité et l’esprit de compétition. Ces quatre critères de sélection opèrent tout au long du système d’enseignement, du primaire à la faculté, (alors qu’à l’Université la sélection de classe est déjà en grande partie effectuée et ne persiste que par le biais des critères "d’esprit de finesse" et de "style", d’une manière générale par le fait que la forme passe avant le contenu).
    La discipline : Tout le monde sait que ce sont d’abord les élèves indisciplinés qui sont éliminés en fin d’année ou exclus avant la fin. Car le chahut, s’il est loin d’être une preuve inintelligence, manifeste l’inadaptation de l’élève au système. Ce sont donc les plus soumis qui auront droit à plus de pouvoir.
    La crise du système d’enseignement s’est développée surtout à l’Université, c’est-à-dire au niveau où il y avait non seulement passage à la vie sociale des profs et cadres produits, mais aussi production du savoir lui-même. Les étudiants, du fait de cette inadaptation de l’Université, se trouvent dans une situation marginale et vivent cette crise sous ses deux aspects : crise des débouchés, crise du savoir universitaire, correspondant à la double fonction de l’Université : production du savoir, production des détenteurs du savoir.
    Nous ne nous occuperons pas ici de déterminer les failles du système de sélection qui expliquent la production en trop grand nombre de profs de Lettres par exemple. Ces failles ont été perçues depuis longtemps par le gouvernement qui tenta diverses réformes comme le plan Fouchet et maintenant, la réforme Faure. Nous ne sommes pas, quant à nous, des gouvernants, et nous nous foutons totalement d’adapter la production de l’Université aux besoins de l’économie. Nous ne nous attaquons qu’à l’aspect qui nous apparaît le plus intéressant dans cette crise : la dégradation du savoir universitaire (et corrélativement de la fonction de prof). C’est bien cette "crise de la culture" qui est l’aspect vécu quotidiennement par l’étudiant obligé de poursuivre des études qui lui sont totalement extérieures, et qui constituent un travail sans rapport avec la réalité.
    La crise de la Culture, c’est la difficulté qu’à la classe dominante à offrir une vision unificatrice du monde. La Culture, c’est l’ensemble des représentations dominantes dans une société qui se caractérise par certains rapports de production : elle est une vision totalitaire du monde qui explique les phénomènes apparents, mais qui en dévoile les mécanismes réels (les conflits de classe) c’est-à-dire qu’elle justifie la domination d’une classe. Le savoir, c’est l’ensemble des connaissances à un moment historique donné : il est simultanément une technique qui permettant la production, et une idéologie qui en voile les mécanisme réels : il permet l’acte technique : production d’un objet (une voiture par ex.), mais il ne permet pas de saisir les tenants et les aboutissants de cet acte qu’il présente comme un acte technique mais qui est aussi un acte social. C’est-à-dire qu’il ne permet pas de saisir les rapports de l’homme avec cet objet produit (la voiture est un objet totalement différent pour le patron, l’ouvrier, ou l’utilisateur, bien que ce soit toujours "objectivement", "scientifiquement", une voiture objet "neutre").
    C’est cette crise de la Culture et du savoir universitaire que nous allons étudier plus particulièrement au niveau de l’Histoire et de la Géographie : l’Histoire et la Géo sont devenus des savoirs universitaires, c’est-à-dire des connaissances non seulement spécialisées (idéologiques) mais aussi mortes (sans rapport avec la vie réelle). Nous allons disséquer leurs cadavres.
    La seule indiscipline ou "paresse" qui peut être acceptée, c’est celle du "petit doué" qui est déjà intégré, qui est déjà un bourgeois.

  • Le Travail : Les techniques de sélections (c’est-à-dire les conditions de la "promotion") exigent de l’élève un travail jugé quantitativement. Le professeur dira souvent : "plus que le résultat, ce qui compte c’est le travail". Le bon citoyen est un bon travailleur, un bon producteur de plus value.
  • L’absence d’originalité : L’exigence de conformité à un modèle type, d’acceptation de tous les cadres établis est la condition "sine qua non" pour se faire remarquer dans le troupeau. Une dissertation doit être "originale" mais en trois parties. À l’école commence la répression de la liberté, de la spontanéité, de la créativité.
  • L’esprit de compétition : Toute affirmation de la personnalité est canalisée vers la lutte pour le premier rang, orchestrée par la notation, l’échelle des blâmes récompense et sanctions.

    Ainsi le système d’enseignement produit des moutons bien disciplinés, bien travailleurs et luttant même entre eux pour le palmarès du meilleur bêlement. Cet apprentissage de la hiérarchie, du travail et de la soumission est en fait l’apprentissage de la vie dans notre société où toute l’importance de l’individu est mesurée par sa place dans la hiérarchie - place qui lui procure la "respectabilité" d’une certaine image, certains pouvoirs, et certains privilèges (un certain salaire). Cet apprentissage de la hiérarchie se fait aussi par le rapport pédagogique à un seul sens (le savoir descend du maître vers l’élève).
    En effet, l’exécuteur de cette basse besogne de sélection, c’est le prof’ (ou l’instituteur). D’une part il est détenteur d’un savoir présenté comme extérieur et absolu, en un mot un savoir sacré. D’autre part, il détient l’autorité qui lui permet de sélectionner. Le curé justifie les agissements du flic, le flic exécute les jugements du curé. Flic et curé, le prof’ est un second père [2].

    4°) LA CRISE DU SYSTÈME DE SÉLECTION ET DU SAVOIR UNIVERSITAIRE :
    Toutefois quelques grains de sable se sont glissés dans ces rouages harmonieux. Un certain nombre d’individus peu disciplinés, encore moins travailleurs, quelque peu originaux et pas du tout compétitifs (des ratés quoi...) ont eu l’audace de penser que malgré leurs diplômes, ils n’étaient pas des cons. Et si les grains de sable en question ont arrêté la machine, c’est bien qu’elle avait des ratées ; en l’occurrence : dégradation du savoir universitaire et par là désacralisation de la fonction de prof’, inadaptation de la structure universitaire aux autres secteurs de la production.

    5°) RAPPEL : LE RÔLE DE L’HISTOIRE ET GÉOGRAPHIE
    Il n’y a pas de différence à proprement parler entre les études d’histoire et géo dans le primaire, le secondaire et le supérieur. Le but suprême est toujours de faire avaler un certain stock de connaissances pré-digérées. Généralement, ces connaissances sont apprises par coeur (souvent sous forme de résumé). Alors que, par exemple, les maths et la physique sont transmises au moyen d’exercices et de manipulations (une relative démarche autonome de l’élève), le professeur d’histoire et géo n’a de ressources que dans le verbe. Ce qui lui donne le choix entre une démarche missionnaire, cabotine, mystique, prophétique, emphatique, pontifiante, lénifiante... dans tous les cas logocratique.
    Toutefois :

  • 1) Les sections d’histoire et géographe de l’Université sont orientées presque exclusivement vers la production de professeurs du secondaire (c’est donc leur fonction principale.
  • 2) Le système d’enseignement donne dans le primaire et le secondaire un rôle explicitement politique à l’histoire et géo : la préparation de l’élève à son rôle de citoyen.

    C’est donc alors au niveau du primaire et du secondaire que nous examinons maintenant la vision du monde donnée par cette histoire et géo. Il faut bien noter que c’est cette vision du monde qui permettra à l’individu de déchiffrer le journal, d’appréhender les images et commentaires de toutes les marchandises culturelles ou informatives. Tout le monde est allé à l’école primaire : c’est donc là que le politique de l’histoire et géographie est le plus important. Cette vision du monde c’est la vision officielle de la bourgeoisie française : l’histoire et géo est nationaliste, patriotique, raciste, manichéiste, moraliste... [3]
    L’Histoire et la Géographie dont d’abord l’Histoire et la Géographie de la France (et de ses colonies). Ravaillac est plus important que Gengis Khan, Privas est plus important que Wu Han. Le premier objet de l’histoire et géo est donc de démonter que la nation française préexiste à tout. La géographie énonce le principe (frontières naturelles, homogénéité de l’hexagone et autres fadaises). L’histoire raconte la construction du royaume de France, qui, lorsqu’il atteint ses "limites naturelles", ne s’étend plus (les guerres ne sont que le rajustement aux limites naturelles [4] Dès les Gaulois, la nation française luttait contre l’envahisseur ; mais elle n’était pas organisée, c’est ce qui explique la victoire romaine ; ainsi, le seul apport extérieur à la civilisation française reconnue par les livres d’histoire, c’est l’apport de l’État centralisé et de la religion chrétienne. "Le génie gaulois s’est coulé dans le moule romain".
    Corrélativement, l’histoire et géo est foncièrement manichéiste et raciste. L’Histoire est la lutte du bien contre le mal (l’étranger, c’est le mal). On ne raconte que les victoires, de même que l’on insiste sur les secteurs de l’économie où la France tient le 1er rang. Tout (vrai) français doit vibrer à l’idée que la France possède le premier gisement de Tale du monde. Ce que l’on inculque de cette manière à l’élève, c’est l’idée que lui, français, possède tel gisement ou telle usine, ou que c’est lui qui a remporté la bataille de la Marne. Alors que ce gisement ou cette usine appartient à une société capitaliste (qui d’ailleurs peut être étrangère) de même qu’une guerre n’est gagnée, ou une colonie conquise, que pour la bourgeoisie nationale.
    Le Nationalisme est l’idéologie qui associe exploiteurs et exploités sous la domination de français (ou d’allemands, etc.) et qui fait ainsi lutter les exploités les uns contre les autres, pour les empêcher de lutter contre leurs exploiteurs. Le but de l’enseignement de l’histoire est explicitement d’exalter chez l’élève les vertus du courage et du patriotisme (principales qualités du héros) c’est-à-dire d’exalter la soumission à la bourgeoisie nationale [5].
    De toutes façons, même si ces caractères (imposés par les livres [6], les instructions, les programmes) sont parfois légèrement atténués par le professeur, il n’en demeure pas moins que l’histoire et la géo présentent une réalité totalement déformée où sont privilégiées les apparences officielles et juridiques. La géographie définit l’individu par son appartenance à un état. On ne connait que les frontières, les "conditions physiques", le nom des villes, les chiffres de production et de population. La géographie est un catalogue stérile qui ne rend aucunement compte de ce qu’est le pays étudié. De même l’histoire est un catalogue chronologique qui n’étudie que l’évolution des apparences juridiques officielles et des faits et gestes de la classe dominante. C’est l’histoire telle que la reconnaît la classe dominante "a posteriori". L’histoire est présentée comme réalisée par un certain nombre de grands hommes (Vercingétorix, De Gaulle, Jeanne d’Arc, Kennedy...). Le héros est un bon dirigeant, un grand serviteur de l’État : prenons modèle sur lui et croyons que c’est lui qui fait l’Histoire... On inculque ainsi l’idée qu’il existe de bons et de mauvais dirigeants. Ainsi, une période de misère comme le 7e siècle s’explique tout simplement par le fait que les rois étaient fainéants. Ben voyons !... Justifier le pouvoir des dirigeants développe tous les mythes sur lesquels s’appuie l’idéologie bourgeoise (Progrès, Grands Hommes, Démocratie) tel est le rôle de l’histoire et géo dans le primaire, le secondaire, voire dans le supérieur...

    6°) L’HISTOIRE
    Toute classe dominante a toujours cherché à justifier son existence et à en voiler la réalité par une vision du monde dont les fondements sont situés "en-dehors" (au-delà, en-deçà, Surnaturel ou Passé) de la société qu’elle domine (c’est la fonction principale des mythes, des religions, des idéologies). Du Pharaon-Dieu au Roi de Droit Divin, le sacré unifie les sociétés pré-industrielles. L’avènement de la bourgeoisie, c’est-à-dire la mise en place de rapports de productions où domine un marché, où les rapports entre les hommes (devenus des individus) sont fondés sur un contrat marchand, détruit toute possibilité de vision unitaire d’un monde base sur la séparation [7]. Nous vivons l’époque des idéologies. En décapitant Louis XVI, la bourgeoisie a livré l’homme à l’histoire. C’est la fin du sacré [8]. La bourgeoisie, consciente de n’être plus qu’historique s’approprie l’histoire.
    C’est donc au 19ème siècle que se développe la "science de l’histoire". Cette histoire n’est plus un simple récit soi-disant neutre, elle prend alors un sens expressément politique. L’idéologie régnante, celle du Progrès (scientisme, positivisme, rationalisme), liée au développement des sciences, assimile le "gouvernement des hommes" à une science et présente le modèle existant comme la meilleure : ceci, justifié historiquement par le caractère tyrannique de tout ceux qui l’ont précédé, (Tocqueville, Guisot, Michelet...). Le rôle de cette Science de l’histoire est donc de voiler les conflits de classes du capitalisme naissant et de justifier le mode de domination politique de la bourgeoisie (La Démocratie Parlementaire).
    Aujourd’hui, l’histoire a perdu son rôle de clé de voute de l’idéologie bourgeoise. Elle est devenue un savoir universitaire, elle ne prétend plus avoir d’implications politiques ; en fait, elle n’en a plus, elle n’a donc plus de rapports avec la réalité.
    Au 19ème siècle, le rôle historique de la bourgeoisie était de réaliser la société industrielle. Aujourd’hui, cette société ne survit qu’au jour le jour. Son seul problème, c’est qu’il ne se passe rien, s’est de durer : le quotidien remplace l’histoire. Le mois de Mai, a bien montré la fragilité de cette société ; la grève généralisée a rappelé que les ouvriers sont toujours les producteurs réels ; cette société survit sur l’antagonisme entre une classe productive et une classe qui s’approprie le travail de cette classe productrice, elle est donc constamment à la merci d’une révolution, d’une prise de pouvoir sans retour en arrière possible par la classe productrice (seul moteur possible d’une transformation historique) [9]. L’Histoire réelle, c’est l’histoire de la lutte entre producteurs et possédants. On constat du reste, cette mort de l’Histoire dans la disparition de son rôle social. Les sciences économiques, la socio, la psycho... ont pris le relais pour fournir à qui-mieux-mieux des justifications scientifiques à l’ordre établi et au mode politique de domination de la bourgeoisie. La Bourgeoisie craignant sa propre histoire a inventé l’histoire neutre, c’est-à-dire l’Histoire neutralisée.
    C’est ce qui explique le premier aspect de l’histoire universitaire : c’est un savoir gratuit. Aspect vécu par l’étudiant comme par le lycéen. Il étudie l’histoire "comme ça", on ne sais pourquoi, pour la "culture", pour la beauté du geste... Lorsque Tocqueville étudiait les origines de la révolution française : ce n’était pas pour rien : il prétendait en tirer des arguments (qui justifiaient l’ordre bourgeois du 19ème). Sa recherche était motivée directement par les problèmes politiques réels du moment.
    Évidemment l’étudiant studieux vous dire que "l’histoire est pleine d’enseignements" parce qu’il a appris "à faire de l’histoire" comme d’autres jouent aux échecs. Allez en cherche un, à plus forte raison un prof, pour qui une analyse historique est motivée par un problème réel qui se pose à lui dans sa pratique politique. D’abord, généralement, il ne "fait" pas de politique, et puis ensuite l’histoire, ça existe "en soi", comme ça, pour le développement de l’esprit, parce que c’est l’histoire. UN tel savoir gratuit est un gadget encombrant (il accapare pourtant l’esprit de notre belle jeunesse, ma chère madame...)
    Dans ces conditions l’histoire étant à ce point "neutre", à ce point "extérieure" à la vie de l’étudiant, comment voulez-vous qu’il formule lui-même ses hypothèses, qu’il mène ses études de façon autonome ? Du reste, il n’est pas du tout dans l’intention des professeurs qu’il puisse le faire. En effet l’historien dira : "Tout ça, c’est bien joli, mais pour l’élève puisse critiquer les interprétations que je donne, il faut d’abord qu’il connaisse les faits" ; et il conclut par exemple que pour la Ière année en fac il faut que l’étudiant acquière d’abord des bases solides de connaissances. Une fois ainsi "formé" (déformé), il pourra causer. C’est un truisme de dire que l’on ne peut pas parler de ce qu’on ne connait pas. Mais ce n’est pas une raison pour conclure que moi qui sais, je t’imposer une méthode de connaissance (Ma méthode...). En fait, ici, l’historien se voile, il croit qu’acquérir passivement des connaissances, c’est "neutre" ! La passivité, c’est la soumission ; les connaissances ne sont pas neutres. Et si la seule méthodologie historique enseignée à la faculté c’est la méthode d’acquisition passive, comment peut-elle permettre le développement d’une "recherche" historique ? Nous verrons justement que la démarche de l’historien (la recherche historique) est par définition absence de méthodologie par soumission au fait historique sans aucune interprétation totalisante.
    Rappelons par opposition à cela, ce qu’est pour nous une démarche positive de connaissance qui vise à l’élaboration d’une analyse historique critique. Cette analyse a un enjeu politique réel : notre présent et les contradictions que nous vivons se situent dans un moment historique ; la réalité politique que nous vivons est le produit de l’histoire, dans ces conditions l’hypothèse historique que nous formulons est fonction du présent. C’est un enjeu important que d’arriver à saisir historiquement ses propres conflits et d’en tirer des conclusions pratiques. En conséquence, l’importance de l’enjeu est garante de la rigueur et de la cohérence de l’analyse. Cela n’est plus neutre et universitaire mais sérieux et politique.
    Mais il ne suffit pas à la Bourgeoisie que l’historien lui fasse une histoire "neutre", encore faut-il que cette histoire soit la seule existante, qu’elle soit incontestable. C’est pourquoi l’historien se définit comme spécialiste de l’histoire, c’est-à-dire que c’est lui qui possède seul la connaissance du passé. Lui seul a le droit de parler du passé, l’Histoire elle-même lui appartient, du moins le croit-il... Cette volonté du spécialiste de posséder un savoir incontestable s’exprime par la prétention d’être "objectif" donc absolu (pur de tout compromission dans le réel).
    L’Histoire prétend être la science du temps, c’est-à-dire que son premier objectif c’est d’être une classification dans le temps, entre autre de définir des périodes entre des dates. Son unité de mesure, le temps officiel qui s’oppose au temps vécu (il est bien évident que le temps est vécu différemment suivant les couches sociales et suivant les sociétés. Mais toute appréhension du qualitatif échappe au spécialiste parce que la spécialité ne s’étale que dans le quantitatif).
    Cela veut dire, première, que l’historien prétend s’en tenir aux faits, et qu’il se refuse par là toute tentative d’explication réelle.
    Examinons par exemple comment un historien rendrait compte du Mouvement de Mai : avant d’entrer dans la relation des évènements, il va rassembler dans un premier chapitre inévitable toutes les causes du Mouvement de Mai. Il nommera par ex : le chômage, l’abaissement du niveau de vie, la crise de l’Université, le développement des groupuscules, etc... Généralement, les explications lumineuses s’arrêtent à ce stade. Il pourra aller jusqu’à dire que s’il y avait chômage et abaissement du niveau de vie, c’est que l’économie française devait se rendre concurrentielle vis-à-vis de l’étranger (et cela à cause de son entrée dans le Marché commun), ou bien que s’il y avait un développement de groupuscules étudiants, c’était parce que le P.C. n’était plus "révolutionnaire". Dans tout les cas ce qu’il nomme "causes" de fait historique, c’est un autre fait historique. Il est bien évident que tel fait se produit parce que tel autre fait s’est produit avant. Cela n’explique en rien les mécanismes. La notion de moteur et celle de contradiction, échappent totalement à l’historien. Ainsi le chômage n’a pas pour cause l’entrée de la France dans le Marche Commun, mais la contradiction du système capitaliste entre l’état des forces productives et leur utilisation sociale, qui fait que la bourgeoisie à intérêt à ce qu’il y ait de chômeurs pour accroître ses profits en abaissant les salaires.
    L’Historien ne donne qu’une explication apparente à l’aide d’un raisonnement causaliste . En fait l’historien ne comprend rien à l’histoire.
    Deuxièmement, c’est que l’explication apparente porte sur un fait historique qui lui-même n’est qu’apparent, tout ce qui n’est pas spectaculaire échappe à l’histoire ; toute journée non "datée" n’apparaît pas. L’évènement historique c’est celui qui fait la une des journaux par exemple.
    1882 fait historique : loi déclarant l’école primaire obligatoire ; victoire des républicains réformateurs sur les monarchistes conservateurs. > fait réel : la production arrivée à un certain stade nécessite des travailleurs plus instruits. L’augmentation du budget de l’éducation nationale est devenue un investissement rentable pour la bourgeoisie.
    1864 fait historique : Napoléon III laisse voter la loi libérale sur le droit grève. > fait réel : le rapport de forces existent entre le prolétariat et la bourgeoisie (le prolétariat à la force de faire grève)
    Le fait historique, c’est la représentation officielle, juridique, institutionnelle ou spectaculaire. Le fait historique cache les conflits réels, il empêche donc de les vivre consciemment (l’histoire nous apprend à dormir debout). La seule chose que l’historien soit capable de montrer c’est que tel fait est arrivé tel jour. La datation est sa seule spécialité. C’est normal puisqu’il reconnaît le pouvoir de tous les spécialistes chacun dans son domaine (la spécialité de l’économie politique, celui de l’histoire de l’Église, celui du linge bien lavé). L’historien se trouve donc acculé au catalogue, il a le choix entre le catalogue chronologique et le catalogue soi disant analytique par catégorie. Dans ces catégories il croit englober la réalité lorsqu’il a juxtaposé des connaissances spécialisées (les aspects économiques, sociaux, intellectuels, etc...) sans les relier autrement que formellement (par ex. causes, faits, conséquences)
    Ces catalogues ôtent tout mouvement à l’histoire ; le passé comme le présent est réduit à l’état d’objet. Il est impossible de tirer un enseignement d’une objet, impossible découvrir dans ces catalogues les mécanismes qui produisent notre présent et déterminent notre avenir. L’histoire universitaire n’a pas d’avenir.
    Les historiens perdent leur temps car ils ont perdu l’histoire (d’ailleurs l’histoire les perdra).

    7°) LA GÉOGRAPHIE
    Si les historiens sont totalement insensibles à leur propre dégénérescence historique, chez les géographes, la crise est ressentie directement : le géographe souffre de n’être plus qu’un universitaire possédant un savoir inutilisable dans les secteurs productifs. Il se sent frustrer de voir la bourgeoisie recruter ailleurs ses serviteurs planificateurs : économistes, urbanistes, architectes, sociologues, énarques et autres flics divers.
    Car la géographie a toujours eu un aspect technique plus développé que celui de l’histoire. Nous avons vu en effet les origines des premiers récits historiques dans les mythes et les religions. La représentation de l’espace dans les sociétés primitives est elle aussi dominée par le sacré. La distinction entre lieux bons et lieux mauvais est parfois la seule géographie du primitif. Mais avec les grandes découvertes et la conquête des terres inconnues apparait dès le 16e siècle la nécessité technique (déjà désacralisée) de décrire, d’inventorier les terres et les richesses exploitables des pays à conquérir (développement de la cartographie).
    Au 19e siècle, avec l’épanouissement du mode de pensée scientifique (la désacralisation effective consécutive à la prise de pouvoir par la bourgeoisie) la "science géographique" prend son essor, stimulée notamment par l’attrait des terres "vides". L’époque de l’expansion coloniale (fin du 19e) est l’époque des "grands" géographes" (Vilbache de la Dalle). La "Royal society of geography" ou la "Société géographique du Congo", sont au même titre que les explorateurs (donc géographes) Stanley ou Brazza, les agents de l’expansion Européenne en Afrique ou en Asie. Les colonisateurs apportaient la "civilisation", notion qui justifiait la domination de la bourgeoisie et ses entreprises de conquête des terres vierges peuplées de "sauvages" (cf : ethnologie). Ces notions étaient directement intégrées dans la vision du monde positiviste ’désacralisée) servant de base à l’idéologie du Progrès ’voir chapitre Histoire). Cette tendance déterministe de la géographie au 19e se marquait par la grande importance accordée aux phénomènes naturels à partir desquels elle expliquait le paysage humain. Aujourd’hui encore les nouvelles générations de géographes piaffent d’impatience à l’idée d’allée cartographier la lune (la géographie est infinie dans l’espace...)
    Toutefois aujourd’hui le développement même des sciences multiplie la spécialisation et rend dérisoire le rôle technique de la géographie. Chacun dans son domaine, les spécialistes font eux mêmes la description "objective" (ou "technique") des phénomènes. Avant de se lancer dans l’exploitation, par ex. agricole d’une région quelconque le capitalisme ne fera pas appel à des géographes mais à des agronomes, des géologues, éventuellement des économistes (idem pour la lune...)
    La seule géographie appliquée que nous connaissons c’est le tourisme [10].
    Quels sont les mécanismes qui sont à la base de cette évolution ? Nous avons vu que la politique, au lieu d’être la domination de la société sur l’histoire, était la domination de la bourgeoisie sur la société. Ceci se manifeste par le nombre croisant de phénomènes qui se développent de façon contradictoire et sans contrôle. (Par exemple la spéculation est une contradiction entre l’intérêt général de la bourgeoisie, la survie de son système de profit et l’intérêt particulier immédiat de certain bourgeois). La société industrielle "avancée" n’est pas du tout "bien organisée". Rien n’y est prévu, le capitalisme n’est le désordre qui ne survit à lui-même que par la police (la coercition seule cohésion de cette société). Dans ce désordre organisé la course au profit est toujours la seule raison d’être de la bourgeoisie. La bourgeoisie pour survivre est condamnée au développement sans fin, à accentuer toujours l’exploitation... La seule orientation de la production est le profit de la bourgeoisie, ce qui implique une contradiction croissante entre l’outil technique produit et son utilisation sociale (la machine représente une potentialité d’action sur le réel qui n’est pas utilisé en fonction des choix, de la collectivité mais selon les nécessaires profits de la bourgeoisie).
    En effet, le développement des forces productives s’est caractérisé par les concentrations, les monopoles, la domination du capital financier, etc... c’est-à-dire que face à l’augmentation constante de la part du capital fixe et des investissements et à la réduction de celle du "capital vivant" (le travail salarié seule source de plus-value), la bourgeoisie pour maintenir son taux de profit doit constamment restructurer la production. L’extension de la domination de l’économie sur tous les secteurs de la vie sociale implique pour la bourgeoisie la nécessité d’étendre son contrôle non seulement sur la production elle-même, mais aussi sur la vie même des gens (organisation d’une vie soumise à la marchandise et à la "rationalité" du système capitaliste) [11].
    Cela explique qu’un des premiers besoins actuels soit le besoin d’une planification et en particulier d’une adaptation de l’espace au rapports de productions capitalistes. Cela se manifeste par le rôle grandissant des états ; les collaborations entre états et les tentatives d’autorité supranationales. "L’aménagement du territoire" est le système par lequel, sous couvert de nécessité de "l’expansion" ou de "technicité" la bourgeoisie perpétue son système de profit. Il s’agit d’organiser la division du travail [12] non plus simplement par la spécialisation des individus, mais par leur spécialisation dans l’espace : répartition des fonctions par régions au niveau national et international (Marché Commun, accords...). Rappelons que le spécialiste n’a qu’un savoir parcellaire, il n’a de pouvoir que dans sa spécialité c’est-à-dire qu’il n’a pas de pouvoir du tout. La spécialisation est la réduction d’un problème à un de ses aspect en prétendant l’aborder totalement mais en fait, l’abordant totalitairement. La spécialité n’ayant aucune capacité de vision globale n’a aucune capacité de vision critique. Victime d’une illusion de pouvoir, le spécialiste ne fait que renforcé le pouvoir des illussions, celles que la bourgeoisie entretient chez ceux qu’elle exploite.
    ... Un bel exemple en est la géographie.
    Nous avons vu que l’historien d’idéologue officiel était devenu idéologue spécialisé (spécialiste du temps, chien de garde de l’histoire). Le géographe, quant à lui, voudrait devenir spécialiste de l’espace et à ce titre avoir lui aussi son illusion de pouvoir. En tant que science universitaire, la géographie préserve l’espace de toute analyse critique. Comme l’histoire, la géographie est un savoir absolu, incontestable ; comme l’histoire est est un savoir universitaire gratuit (et vécu comme tel par l’étudiant...). La méthodologie du géographe est encore plus dérisoire que celle de l’historien. La volonté de la géographie d’être "scientifique", "objective" fait qu’elle n’est que descriptive. De plus, cette description, quant elle n’est pas uniquement formelle (le géographe voit toujours la même chose : des conditions physiques et des facteurs humaines ; un état de développement économique, politique, social) ne porte que sur le mode d’existence juridique des objets et des personnes, leur valeur marchande. Et sans aucun humour, le géographe appelle son catalogue une synthèse. La seule synthèse que peut autoriser une société qui parle de "rationalité" et de "scientificité", afin de masquer les véritables conflits en présentant tous les problèmes comme des problèmes techniques, c’est ce catalogue des différents spécialitées. Au contraire, la seule synthèse réelle possible est la critique révolutionnaire qui dévoile les luttes véritables et permet aux gens d’assumer réellement (politiquement, ou si l’on préfère historiquement) leurs propres conflits.
    Le dernier échappatoire du géographe est encore plus risible : il croit redorer son blason affirmant qu’il est un humaniste (comme l’historien d’ailleurs). Il présente cela comme une conception nouvelle de la géographie qui s’oppose à la géographie (positivisme) déterministe. L’humanisme est cette nouvelle religion qui a trouvé dans l’homme un modèle métaphysique. Un nouvel au-delà qui permet d’établir une nouvelle morale et de nouvelle limites à l’activité et à la pensée humaine. Il n’est pas étonnant de voir les géographes (qui travaillent journellement à réduire l’espace à la platitude) chercher à réduire l’homme à la même platitude.
    Par ailleurs, les tentatives de créer une géographie "adaptée à l’économie" représentent des tentatives de réponses à ce besoin de la bourgeoisie dont nous avons parlé : besoin non pas tant d’une synthèse que d’un "répartisseur" de spécialistes, un spécialiste des spécialistes. Du reste le géographes se définirait lui-même volontiers comme le spécialiste de la synthèse alors qu’il n’est même pas parvenu à la synthèse de sa spécialité. Mais on voit mal quelle autre "géographie" que le catalogue est capable de produire l’espace mental réduit du géographe.
    Non seulement il n’est pas du tout évident que le géographe trouve dans sa spécialité le pouvoir de devenir un technocrate ; mais encore l’idéologie technocratique est-elle autre chose que l’expression falsifiée de la nécessité de dominer cette société chaotique, nécessité en contradiction avec le maintien de la domination d’une classe. Le besoin vital pour la bourgeoisie d’une planification totalement totalitaire, c’est aussi le besoin vital pour notre société de dominer sa propre histoire, de planifier totalement, collectivement, c’est-à-dire d’éliminer la bourgeoisie qui l’accapare. (La bourgeoisie n’est victime que d’elle-même).
    "L’histoire qui menace ce monde crépusculaire est aussi la force qui peut soumettre l’espace au temps vécu" [13].

    CONCLUSION :
    HISTORIENS ET GÉOGRAPHES SONT DES VERS GROUILLANTS SUR DES CADAVRES.
    LA CAUSE EST ENTENDUE

    L’AUDIENCE EST LEVÉE

    Lyon Novembre 1968.
    Texte rédigé collectivement par des étudiants d’histoire et géographie de Lyon

Notes :

[1cf notamment les analyses de Bourdieu et Passeron dans "les héritiers" et la "lettre à une maîtresse d’école" par les enfants de Barbians

[2Ça va Latreille, tu suis ?

[3Cet enseignement ne fait que surajouter aux autres moyens de pression idéologique. Les tentatives de "neutralité" du prof sont vouées à l’échec car les valeurs sont réintroduites par les élèves eux-mêmes.

[4"La Lotharingie dans la suite s’est appelée Lorraine. Elle a été depuis 10 ans le champ de bataille de l’Allemagne et de la France".

[5"Le citoyen du XXe siècle, pour jouer consciemment son rôle, a besoin de l’histoire"

[6"De ces examens, de ces méditations se dégageront les idées que le professeur veut laisser dans l’esprit des élèves et que ces derniers enregistreront d’autant plus facilement qu’ils auront l’impression de les avoirs découverts eux-mêmes et qu’ils y auront réfléchi."" (Institut pédagogique national : Enseignement dans les CET 1967

[7La séparation c’est le fait qu’il n’y ait pas d’autres rapports reconnus entre les hommes que les rapports marchands, c’est-à-dire médiatisés par les objets et l’argent.

[8Le processus de désacralisation est entamé dès le 16ème siècle à la naissance du mode de pensée scientifique

[9...

[10Activité réifiée par définition. L’acte touristique c’est la visite : la contemplation d’un objet séparé de toute utilisation de cet objet pour vivre (le contraire de la jouissance).

[11L’urbanisme fonctionnel par exemple

[12C’est-à-dire la séparation. Absence de vie sociale effective.

[13Debord : "La Société du Spectacle"




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