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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Du fric ou on vous tue !
{Os Cangaceiros}, n°1, Janvier 1985, p. 53.
Article mis en ligne le 2 février 2014
dernière modification le 1er février 2014

par ArchivesAutonomies

"Je reviendrai tout casser !"
Dans la nuit du 21 mars 84, Jean Moreau, un chômeur de 49 ans, a saccagé les bureaux des Assedic de Rennes, qui refusaient de lui donner l’argent qu’il en attendait. Terminaux d’ordinateurs, téléphones, machines à écrire et à calculer, sanitaires broyés par dizaines à la masse. Tous les dossiers qui traînaient là ont été bousillés à coup d’extincteur. De la belle ouvrage !
Ce que Jean Moreau a fait, nous sommes des centaines et des milliers à avoir eu envie de le faire. A avoir encore envie...
Pas question pour nous de pleurer misère !
Pour tout le temps perdu au travail (même si ce n’est que 3 mois afin de toucher ensuite les Assedic), pour notre jeunesse usée à çà, la société et l’État nous doivent une rançon !
Nous refusons toute idée d’une vie qui serait fatalement rédui­te au minimum vital.
La nécessité de l’argent absorbe notre vie. Elle nous bouffe la cervelle, elle nous bouffe les couilles. A présent, voilà que l’État, en accord avec les patrons et les bureaucraties syndicales, a dé­cidé de réduire les misérables allocations-chômage et de couper les vivres à ceux des chômeurs qui n’ont visiblement pas l’inten­tion de retourner au chagrin.
On ne se privera pas pour autant. Aux employés des Assedic qui font les flics, qui s’identifient à l’argent de l’État et nous cou­pent les allocations : AVIS !
Pour le reste, c’est-à-dire pour l’essentiel, on saura se servir. Sans payer.

Des chômeurs-à-vie.

fin mars 84

Diffusé à Nantes puis à Paris et au Havre dans les ANPE ainsi qu’à Marseille dans la banlieue