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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Bas les pattes !
{Os Cangaceiros}, n°1, Janvier 1985, p. 56.
Article mis en ligne le 3 février 2014
dernière modification le 1er février 2014

par ArchivesAutonomies
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Novembre 79 : l’État assassine Jacques Mesrine.
Les Militants humanistes, qui viennent toujours compter les morts après la bataille, pleurnichent : ils auraient voulu un beau procès assorti d’une juste peine ! Comme si ce monde avait pu tolérer que son ennemi déclaré reste en vie et prenne encore une fois la parole !
LA LIBERTÉ EST LE CRIME QUI CONTIENT TOUS LES CRIMES.

Fevrier 84 : l’ordure cinématographique A. Génovès croit pouvoir se fai­re quelques bénéfices en toute impunité en faisant un film du cadavre bien refroidi.
La famille et les copains de Mesrine tentent de s’opposer à la sortie de ce film. Le tribunal les renvoie chier, en précisant à Charlie Bauer qu’étant donnée sa "peine de prison infamante" il n’a que le droit de fermer sa gueule.
En revanche le même tribunal ordonne, à la demande du milliardaire Lelièvre, que toutes les scènes où celui-ci apparaît soient supprimées.
Il n’y a là ni justice ni injustice. C’EST L’ÉTAT DE GUERRE PERMANENT CONTRE CEUX QUI FONT LA GUERRE A L’ÉTAT.

La polarisation de la vie de Mesrine n’est qu’un prétexte pour l’enter­rer sous la calomnie. Ainsi (F. Calvi dans Le Matin) Mesrine se serait battu "contre tout le monde ou presque". Comme si tout le monde était proxo, flic, journaliste ou PDG, les seules "victimes" de Mesrine ! Ou encore, il aurait été une sorte d’humaniste militant pour la cause carcérale, qu’on va même (G.Millet à france-inter) jusqu’à comparer au crétin télévisuel Yves Montand !

Mesrine ne combattait pas tout le monde, mais la totalité de ce monde, et il le disait. C’est justement pour celà qu’il a été abattu. Et c’est aussi pour celà que des milliers de gens se sont reconnus en lui, comme en Lacenaire au siècle dernier. Il n’avait fondé sa cause que sur sa propre vengeance, il ne prenait pas la parole au nom des autres, ce n’était pas un militant.

"Je savais l’irrationalisme de ma théorie, qui était Inapplicable pour fonder une société. Mais qu’était-elle, cette société, avec ses beaux prin­cipes et ses lois ?"
"Elle admirait le truand, confondant la cruelle réalité avec ses héros de cinéma."

(Mesrine, l’instinct de mort )


"Mesrine" fait courir la police

Il était 22 h 45, hier soir, au "Quatre Eden". quand, quelques minutes avant la fin du premier film, les responsables et organisateurs de la soirée "Clap2", qui présentaient en avant-première national "Gorky Park" et "Mesrine", prièrent le public de toutes les salles d’évacuer momentanément leur fauteuil.
Ils avaient reçu, trente minutes plus tôt, un appel téléphonique anonyme qui les informait qu’une bombe "exploserait si la projection du nouveau film de A. Genoves, "Mesrine", avait lieu.
Déjà, à l’entrée du cinéma, avaient été distribués des tracts violemment hostiles à cette réalisation parce que anti-Mesrine. "La polarisation de la vie de Mesrine n’est qu’un prétexte pour l’enterrer sous la calomnie".
Quoi qu’il en soit, l’évacuation se fit dans l’ordre et le calme. Après de minutieuses recherches, les policiers n’ayant rien trouvé, autorisèrent la reprise de la soirée "spécial polar".

F.M.L.




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