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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Décontrole d’aiguilles
{Os Cangaceiros}, n°1, Janvier 1985, p. 58.
Article mis en ligne le 4 février 2014
dernière modification le 1er février 2014

par ArchivesAutonomies
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Paris, Août 1984

La fraction syndicale de l’Etat social-démocrate français avait programmé, au sein de la SNCF des journées de grèves tournantes et perlées selon le risque d’explosion de la base locale. Cette manoeuvre de printemps, destinée à consommer dans l’impuissance et l’isolement tant l’énergie, l’argent que le moral des prolétaires du rail, avait pour but officiel d’obtenir l’application des 35 h avec embauche sans perte de salaire.
La plupart des salariés, à qui la CGT et consorts proposait une grève nationale de l’entreprise le 25 mai, savaient bien avant, que cet objectif serait partiellement atteint, et que la réforme entrerait en vigueur à partir du 2 juin 1984 pour s’accomplir à moyen terme. Ils n’ignoraient pas non plus que les technocrates avaient tout mis en oeuvre pour en supprimer les maigres avantages, aggravant de fait les conditions de travail.
Aussi le coup du 16 mai est-il l’expression d’une insatisfaction illimitée qui a désarmé le mensonge réformiste et décapité son personnel syndical, les fumiers d’État ne peuvent se moquer indéfiniment des nécessiteux sans s’exposer h des ripostes de taille !
La grève de l’après-midi du 16 mai sur la banlieue de St. Lazare fut une grève sauvage. A la plus grande fureur de leurs patrons et de leurs syndicats, les employés chargés de la sécurité de la circulation des trains de la gare d’Asnières ont tout arrêté (on fermant les signaux), suivis peu après par leurs homologues de St. Lazare. Les réactions furent aussi brutales et maladroites que le coup était puissant. L’État-SNCF expédia les casqués faire le siège d’Asnières puis nettoyer les abords de la gare St. Lazare des porcs-bâtards qui menaçaient de casser la gueule aux aiguilleurs, la CGT désavoua immédiatement les auteurs de ce trouble à l’ordre public, et tous ses groupuscules locaux qui, la veille même, soutenaient des appels à la grève illimitée, accusaient les grévistes d’être manipulés par le patronat.
En cherchant à les isoler par la procédure stalinienne désormais classique, la CGT a confirmé auprès de nombreux salariés que sa tâche est principalement policière.
Les crapauds de la CFDT tout en légitimant le mécontentement des travailleurs condamnèrent prudemment la forme qu’il prenait et proposèrent de l’adoucir techniquement jusqu’à la rendre inopérante et ridicule.
La colère de quelques prolétaires du rail, désabusés à force d’être humiliés par le mensonge réformiste d’État, prenant de vitesse tous les bureaucrates et leurs calculs, fait apparaître le point de non-retour à partir duquel se produiront les prochaines offensives des salariés. Dans une telle entreprise, réputée forteresse syndicale, c’est un fait nouveau et exemplaire qui s’est produit. L’insatisfaction s’est concentré pour atteindre une forme autonome ; elle n’est plus désarmée.
A cet égard les ouvriers de Talbot-Citroén se sont bien battes, le niveau le plus haut atteint dans la lutte du compte-à-rebours que leur imposait le capital s’est retrouvé immédiatement dans ce début prometteur.

Des prolétaires du rail.

Diffusé à la SNCF par des gens qui y bossent




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