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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Contre l’obéissance et la servilité
Os Cangaceiros, n°3, s.d., p. 99.
Article mis en ligne le 27 février 2014
dernière modification le 4 mars 2014

par ArchivesAutonomies
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Dans un tract diffusé le 19/1/87, le comité Pour une bonne préparation à la grève invitait les postiers à s’émanciper des structures officielles de l’information. En conséquence, nous utilisons cette possibilité de diffusion qu’offre l’acheminement des sacs postaux, en pariant sur sa généralisation.

Si beaucoup d’entre nous ont regretté de ne pas avoir saisi l’occasion qu’offrait la grève des cheminots pour rentrer dans la danse, nous avons par contre tous pu constater comment les chefs mettaient alors la pédale douce sur les rythmes de travail et la discipline : ils avaient reçu la consigne d’éviter l’étincelle qui mettrait le feu aux poudres. A ce moment, nous avons senti combien était fragile l’équilibre existant, fondé sur la résignation et l’idée imbécile de toujours s’aplatir.
En cet hiver printanier qui se singularise par le retour de la question sociale, il nous paraît opportun de désigner les ignominies que nous devons quotidiennement supporter, à commencer par celle qui les fait avaler toutes : la hiérarchie.
Nous n’avons jamais choisi nos chefs, pour autant qu’il soit raisonnable de nous en choisir un pour vivre ou travailler. Si le chef est un salarié, il est avant tout un salarié promu, c’est-à-dire un esclave un peu plus soumis et un peu plus obéissant. Le propre du chef est évidemment d’écraser ses subalternes et de s’écraser devant ses supérieurs. (Et c’est pour une misérable sur-prime et une éventuelle promotion qu’il est envoyé au casse-pipe pour faire accepter l’inacceptable, moyen commode pour les syndicats et la direction de noyer l’insatisfaction générale dans une indignation particulière face à des excès locaux).
C’est pourquoi un chef n’est jamais un collègue de travail mais toujours un flic envers lequel nous sommes comptables de nos moindres faits et gestes, tandis que nous n’avons aucun recours contre lui.
Ce n’est sans doute pas un hasard qu’en ces temps de modernisation, le pouvoir hiérarchique, la fameuse "grille au mérite", soit au coeur des questions actuellement soulevées (par les cheminots, les instituteurs etc.) ; car la seule modernisation qui soit réellement perceptible est celle du contrôle toujours plus accru de notre travail et plus généralement de toute activité sociale.
A la poste l’arbitraire de la maîtrise est une menace permanente. Elle a tout pouvoir sur l’octroi des primes comme sur les mutations. DE MÊME QUE LA FORCE DES SYNDICATS SE NOURRIT DE NOTRE IRRÉSOLUTION, L’ARROGANCE DE NOS CHEFS EST PROPORTIONNELLE A NOTRE PASSIVITÉ. La voie hiérarchique, le recours au chef, l’attente de la promotion, les pétitions et autres pilules syndicales, tout cela doit être critiqué : à cette condition, la fin de l’obéissance peut être à notre portée.
La perspective d’un mouvement social nous mène à débattre dès maintenant des exigences que nous devons le moment venu mettre en avant. La remise en cause de la hiérarchie est une des nombreuses questions que nous serons obligés de poser. D’ores et déjà nous invitons tous nos camarades des postes à refuser de signer leurs notations, si possible de manière collective, à négliger ces rapports de police que sont les PV, ou à les ridiculiser en les signant solidairement. Si ces initiatives ne constituent qu’un point de départ, elles permettront déjà entre autres choses de démoraliser les cadres.

L’HIVER EST A NOUS, PRÉPARONS LE PRINTEMPS !

Bobigny-C.T.A Paris 18-Pal.
Auberveilliers-Pal. Montparnasse-C.T.
COMITÉ POUR UNE BONNE PRÉPARATION A LA GRÈVE, 4/02/87.
Toute reproduction est vivement conseillée pour tous pays, y compris l’URSS.




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