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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Le négatif explose au centre de l’abstraction
Os Cangaceiros, n°3, s.d., p. 100-102.
Article mis en ligne le 28 février 2014

par ArchivesAutonomies
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Les informations qui suivent sont extraites d’un document établi et diffusé par une société de consultants, à l’adresse des responsables du service informatique de différentes entreprises privées et de services. Nous en avons retenu les exemples les plus significatifs.

SABOTAGE IMMATÉRIEL

INDUSTRIE : Modification illicite du programme de composition des mélanges de matières premières en entrée d’un four. Il s’en est suivi une perte du produit fabriqué (I MF), des pertes dues aux conséquences induites par le produit livré et non conforme (3,5 MF), des frais de réfection du four endommagé et différents frais supplémentaires (2,5 MF).

INDUSTRIE : Modification de la programmation d’un robot de soudage dans un atelier flexible entraînant la malfaçon d’une série entière soit une perte de 1,5 MF.

BANQUE : Un pupitreur a déclaré une bande de compensation invalide et a relancé illicitement le traitement. Les deux bandes identiques ont donc été envoyées simultanément à la Banque de France. Il s’en est suivi un retard de 4 jours entraînant une perte d’intérêt de 4 MF.

BANQUE : Virement illicite à partir de comptes de tiers vers des clients douteux et au contentieux. La perte est estimée à 1 MF.

SERVICES : Un responsable système a mis en place un sous-programme mobilisant de nombreuses ressources (notamment recopiant systématiquement et prioritairement des fichiers fictifs sur tous les disques). Il a introduit de manière aléatoire de nombreux appels à ce sous-programme camouflé dans de nombreuses chaînes en exploitation normale. Il a fallu environ deux mois pour localiser le sous-programme et l’ensemble des "call". La perte d’exploitation a été évaluée à 5 MF.

SERVICES : Un agent intérieur à la société avait remplacé plusieurs prog­rammes system par des duplicatas où avaient été insérées des instructions faisant appel à la technique du cheval de Troie, qui enregistraient dans des fichiers pirates tous les mots de passe et identifications. Les responsab­les du centre localisèrent en quelque heures les fichiers et les détruisirent mais ils ne purent localiser le cheval de Troie. Le lendemain, l’agent se servit des mots de passe et satura la machine pendant huit heures en en­voyant de faux résultats aux abonnés. Il s’en est suivi une perte de l’ordre de 3 MF.

ÉTAT : Pose de bombe logique dans la chaîne paye, puis actionnement en période de troubles sociaux, dans une entreprise nationnalisée sensible. Les difficultés de paiement des salaires ont précipité et durci la grève. Le coût en est estimé à 8 MF.

TRANSPORT : Suite à un conflit entre la direction et un groupe d’informati­ciens, ceux-ci ont posé des bombes logiques dans les programmes de réser­vation électronique de places. Les programmes étant en chantier, il n’a pas été possible d’utiliser directement les sauvegardes. Les perturbations ont été très fortes pendant deux mois et se sont traduites par des pertes de clientèle et des frais supplémentaires, pour un total de l’ordre de 30 MF.

DISTRIBUTION : Pose d’une bombe logique dans une chaîne informatique de gestion de PVC. Le saboteur a actionné quelques pièges pour montrer à la direction l’existence de bombes dans les originaux et les sauvegardes. Il a ensuite fait chanter la direction en la menaçant de bloquer complète­ment la chaîne. Celle-ci a du payer une rançon de 1,5 MF.

PROBLÈMES HUMAINS

BANQUE : Grève des principaux centres informatiques d’une grande banque pendant deux semaines. Les systèmes internes de secours n’ont pu être actionnés à cause de l’agitation sociale et il n’avait pas été prévu de télé- back-up externe avec du personnel externe. La perte d’exploitation totale a été de l’ordre de 8 MF.

INDUSTRIE : Suite à un conflit avec la direction, départ de la presque totalité de l’équipe informatique d’un petit centre. Les pertes d’exploitation ducs à l’impossibilité d’exploiter et de corriger les programmes par manque de documentation, même à l’aide de personnes compétentes extérieures, ont été évaluées à plus de 2 MF (soit le budget informatique annuel de cette entreprise).

INDUSTRIE : Des analystes avaient monté une application d’horoscope et se servaient du fichier mailing de l’entreprise pour leur propre démarchage. Le détournement d’heures machines a été évalué à 0,5 MF et le détourne­ment de service à 0,4 MF.

SERVICES : Des employés avaient monté une application de paris en temps réel ainsi qu’une application de statistiques concernant des épreuves sportives destinée à améliorer les gains. Le détournement d’heures machines a été évalué à 1 MF et le détournement de service à 3 MF.

ÉTAT : Un responsable system, pris d’une crise de folie, s’est enfermé dans la salle de pupitrage d’un gros ordinateur vectoriel servant à l’armée en menaçant d’effacer certains programmes, ce qui aurait conduit à une alerte générale. Les coûts liés à son arrestation ainsi que quelques frais de réfection ont été assez élevés (0,4 MF).

DÉTOURNEMENT D’INFORMATIONS

BANQUE : Copie d’un fichier d’aide à la décision de crédits pour industriels et commerçants dans une banque. Le fraudeur a recensé les sociétés en difficulté et les a menacé de divulguer l’information à leurs principaux fournisseurs et clients, contre des rançons s’élevant au total à 2,5 MF.

ASSURANCE : Le vol du fichier "objets de valeur" a conduit en moins d’une semaine à une perte de l’ordre de 12 MF (cambriolages en série).

DISTRIBUTION : Vol du fichier historique des clients d’une société de distri­bution spécialisée dans les produits de luxe. Le fraudeur a opéré un chantage qui lui a rapporté 1 MF après avoir saboté les sauvegardes.

DÉTOURNEMENT DE FONDS

BANQUE : Fraude sur les taux de devises dans une grande banque d’affaires, provoquant sa faillite ainsi qu’une perte de 3300 MF.
BANQUE : Accès frauduleux à un terminal ayant permis de virer 5,2 MF sur des comptes bancaires dans cinq succursales avec la complicité de deux autres personnes.
SERVICES : Modification illicite (dans un grand centre de météorologie) de paramètres entraînant la sortie de prévisions de pluies au moment de certaines récoltes. Les agriculteurs de la région concernée ont immédiate­ment commandé plusieurs tonnes d’un produit anti-putréfaction dont l’emploi se révéla inutile. Le fraudeur était probablement en collusion avec le négo­ciant. La perte des agriculteurs est évaluée à 2,9 MF.

ÉTAT : Un cadre informaticien avait modifié illicitement un programme de versement d’allocations de maladie (arrondis, barèmes, etc.) impliquant des différences faibles, diffuses et nombreuses par rapport aux montants réglementaires. Les écarts étaient versés sur de nombreux comptes réels et fictifs d’assurés complices. La fraude a duré pendant trois ans avant d’être découverte, pour un montant total de 5 MF.

Dans les trois rubriques qui suivent, le rapport n’indique pas si la cause des erreurs ou des sinistres est volontaire ou accidentelle...

ERREURS DE SAISIE ET DE TRANSMISSION

INDUSTRIE : Erreur de transmission d’un ordinateur gérant le transfert d’un satellite de télécommunication d’une orbite basse à une orbite géostationnaire, entrainant la perte du satellite (320 MF).

INDUSTRIE : Erreur de transmission d’un ordinateur gérant le positionnement des barres de graphite dans une centrale nucléaire à eau pressurisée. L’échauffement excessif de plusieurs cellules a nécessité l’arrêt de la centrale pendant six semaines, entrainant une perte d’exploitation de 20 MF.

ERREURS DE CONCEPTION ET DE RÉALISATION

INDUSTRIE : Par suite d’une erreur dans un test de branchement dans un programme de recouvrement de factures impayées, certaines créances étaient illicitement annulées et certaines autres ne donnaient pas lieu à relance. L’anomalie n’a pu être constatée, localisée et réparée qu’après neuf mois de fonctionnement et a occasionné 0,7 MF de perte.

SCÉNARIOS DE SINISTRES

FINANCE : Sabotage par bombe de gaz corrosif lancée par un exutoire de fumées. Le contrôle et la remise en état (ou remplacement) du matériel ont bloqué le centre pendant six jours. La perte - essentiellement perte d’exploitation - est évaluée à 5 MF.

ASSURANCE : Inondation conséquente à une rupture de canalisation de nuit, au mois d’août. Les agents de sécurité essaient de mettre en oeuvre les pompes mobiles. Un premier retard est engendré par un court-circuit de l’alimentation principale (il faut brancher les pompes sur l’alimentation de secours) puis par la difficulté à briser les glaces pare-balles pour évacuer l’eau (le problème n’avait pas été étudié). La perte totale est estimée à 1 MF.

BANQUE : Panne de trois jours d’un réseau télématique de transferts de fonds internationaux ayant entraîné - pour la principale banque touchée - une perte de l’ordre de 38 MF.




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