Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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En vain
{Marge}, n°1, Juin 1974, p. 6.
Article mis en ligne le 26 juin 2013
dernière modification le 18 novembre 2013

par ArchivesAutonomies
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Mon bonheur sombre dans ta tristesse.
Et dans la solitude.
Celle qui était ma déesse De l’amour est partie ; de lassitude.
En vain durant ma vie.
J’ai voulu ressentir autre chose Que cet idéal de connerie En m’en allant dans le cosmos.
De mon esprit, oh ! combien si lointain Maïs, mon corps lui reste dans la réalité Sur cette terre, où sont les morts humains Qui se font mourir i’âme sans pitié.
En vain, j’ai fait le point ;
Un acide, un shoot, ou un point, aidant Leur caresse est vraiment bien.
Mais je n’ai rien résolu pour autant.
Je suis condamné par la société A être une bête brûlée.
Un drogué, et pis encore un opprimé.
En vain, en vain j’ai cherché Devinez quoi ! la vérité Mais je ne l’ai guère trouvée.
Je sais que la mort existe,
Pourtant c’est la délivrance,
Plus de tristesse, plus de souffrances,
De l’autre côté chacun est humaniste.
Mais dans l’existence,
Chacun fait crever l’autre Par la guerre, le boulot, ou bien la sentence, Chacun se croit le dieu Intouchable, le bon apôtre I ! En vain, en vain, j’ai tout compris.
Ou bien alors absolument rien,
Métro, boulot, dodo, télé, frigidaire, patrie,
Je suis venu au monde, mais pas dans ce dessein. Je voulais connaître, aimer, mais pas cette merde. Je voulais vivre enfin sans ces tours affreuses autour de moi.
Qui m’oppressent, me raccourcissent, et m’écrasent comme de la merde. Et ces tours de con, c’est pour quoi faire ?
A quoi ça sert d’enfouir l’homme sous le progrès ? Réveillez-vous, bordel, bande de cons ; le racisme [frappe à vos portes, ou dans vos têtes. La mer, les moules, d’eux c’en est fait,
Dedans c’est la merde que les hommes ont mis, qui entête...
En vain, en vain j’ai cherché à savoir,
J’aurais pas dû, je sombre dans le désespoir.
Le suicide, l’autodestruction est à l’étage au-dessous Et bientôt il nous tombera dessus sans que nous sachions d’où. En vain, en vain, je suis peut-être pessimiste Mais tout là-haut, dans mon cosmos spirituel J’ai vu cette société humaine, pleine de caves souvent racistes, Parce que des hommes sont noirs, doivent-ils être les seuls criminels ?
Le blanc est terre à terre,
Tandis que le nègre, lui, il plane haut.
Mats le sale blanc lui fait porter la bannière De l’inférieur, de l’opprimé, en lui faisant faire les pires boulots. J’aimerais enfin que cette vieille terre Soit la planète de l’amour, et de l’amitié ;
Qu’enfin, il n’y ait plus de guerres,
Plus de flics pour nous surveiller ou nous matraquer... Et nous foutre dans des cages pour hommes Bafoués par des matons, gardiens à chair humaine. Ne serait-il pas plus facile en somme De vivre dans la joie, et non dans la haine ?
En vain, en vain, en vain, j’aurai tout dit,
Sauf que, de voir tout ça, j’ai envie
Parfois de me planter un couteau en plein cœur
Mais je ne le fais pas, car j’ai l’espérance d’un jour meilleur.
Mais en vain, en vain, c’est pour quand, la vraie liberté !
Dieu reviendra-t-il sur terre au point Que pour être bien vu il devra prêcher Non pas l’amour, mais montrer le poing ?
En vain, en vain, en vain...

PIERROT.




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