Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Les véritables occupations des infirmiers psychiatriques
{Marge}, n°6, Avril-Mai 1975, p. 7.
Article mis en ligne le 8 juillet 2013
dernière modification le 18 novembre 2013

par ArchivesAutonomies
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Bien que dans les hôpitaux de chirurgie, le rôle des infirmiers tienne une grande importance et beaucoup de responsabilités, là, au contraire, leurs tâches sont minimes. Sur trois équipes, il n’y a que celle du matin qui se trouve le plus à l’oeuvre, pour raisons de changer le linge, faire ou aider les pensionnaires à laver les canelages, noter sur le rapport ce qu’ordon­ne le médecin, ses entretiens avec ses ma­lades, aller chercher les permissions acceptées de certains résidents. Et, comme l’équipe de l’après-midi, préparer les cachets, distribuer ce "poison" aux heures voulues et ouvrier et fer­mer à clef les portes comme le fait un gardien de prisons pour les portes des cellules. Ce qui est intolérable, c’est lorsqu’ils battent (!) leurs pensionnaires, les écrasant de leurs remarques ou leurs ordres de supériorité, les "vous, fer­mez vos gueules. C’est nous qui portons les blouses blanches".
Le vrai désastre de l’équipe de l’après-midi, premier travail, préparer les cachets pour le soir, 20 heures, petite occupation d’un Infirmier, pendant qu’un autre de ses collègues va pour fermer les portes des dortoirs à clef. Si, par bonheur, des malades se trouvent allongés sur leur lit pour se reposer, la blouse blanche n’hé­site pas à mettre ses pensionnaires au bas du lit. Ils se pressent à faire leur petite bricole chacun, afin d’être au plus tôt réunis dans le bureau du pavillon, pour réaliser un travail qui dure toute l’après-midi. Celui-ci est le jeu de tarot, de belote ou même, par beau temps, de­hors, exécuter des parties de ping-pong ou de boules.
Que font les malades cependant car, étant donné que les Infirmiers se prennent pour des personnes de grande importance, ils refusent les contacts avec leurs pensionnaires, ce qui veut dire : "Vous, débrouillez-vous entre vous, mais ne venez pas nous casser les pieds, on a nos occupations !". Alors, pauvres d’eux, les ma­lades se promènent dans le parc, restent assis sur une chaise au pavillon, ne sachant que faire de leurs dix doigts.
A 18 heures enfin, ce n’est pas trop tôt, les blouses blanches reprennent un peu de courage pour aller chercher la soupe. Ah ! mais là, ils s’entendent bien avec leurs pensionnaires, par­ce qu’ils amènent un malade avec eux, pour que ce dernier pousse la charrette, porte les mar­mites. Les plats sont trop lourds pour les blou­ses blanches. C’est comme la vaisselle. Ces derniers ont peur de l’eau. Aussi, faut-il que ce soient les maltraités qui fassent ce que les bienheureux n’aiment pas faire.
Qu’a fait l’équipe d’après-midi ? Préparer les cachets, fermer les portes, servir la soupe et donner les cachets.
Quoi, quand on regarde bien la chose, ils ont passé plus de temps à s’amuser qu’à travailler. A rester à l’écart des blouses blanches et à s’occuper comme ils le peuvent. Quand un ma­lade a fait une bêtise, les infirmiers s’en donnent à cœur-joie pour le corriger ou l’enfermer dans le cabanon.
Alors, si des parents aimant leurs enfants se trouvent dans ces sortes d’hôpitaux, qu’ils ne se bercent pas d’illusions, en pensant : "Mon fils, ou ma fille, est bien soignée et je ne pense pas que mon enfant s’ennuie".
Bien soigné ! C’est une chose qui ne sera ja­mais pour des malades se trouvant dans les hô­pitaux psychiatriques car, dans ces lieux, les psy­chiatres, au lieu de se donner la peine de com­prendre le cas de leurs pensionnaires afin de leur donner les soins nécessaires à leur état, tout en les guérissant convenablement, et non pas faire ce qu’ils font actuellement, c’est-à-dire abrutir leurs pensionnaires de tranquilli­sants, comme s’ils faisaient des essais de ca­chets su ries premiers êtres humains, afin de voir le résultat de leur poison.
Pour en finir, c’est encore moi-même que l’on arrive à se soigner chez soi, quand une dépres­sion nerveuse vient pour s’installer.
Pour cela, il faut savoir que l’on est mal traité en hôpital psycyiatrique, avoir de la volonté et un bon entourage.

Yves GUISSE.




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