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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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C’est métaphysique. Je dis non je disconviens.
{Marge}, n°7, Août-Septembre 1975, p. 7-8.
Article mis en ligne le 15 juillet 2013
dernière modification le 18 novembre 2013

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C’est métaphysique. Je dis non je disconviens. C’est métaphysique. S’il vous plaît. Je dis non. C’est physique alors. Je vous donne un exemple. Gardez votre physique, votre métaphysique. Je ne nie pas que ça soit utile à vos démangeaisons. J’en vois pourtant qui se grattent l’entrecuisse les oreilles, les aisselles, le crâne. C’est menterie idéologique m’est-il rétorqué. En fait, je ne vous donne pas d’exemple : c’est votre grammaire qui a fourché dans ma langue. Vous vous y connais­sez en fourchette. Vous êtes même doués, j’accor­de d’un sacré coup de fourchette. C’est vrai que vous ne crevez pas de faim. Moi non plus. Je mange seulement à ma faim. C’est tout. Vous, vous mangez à la faim des autres. Je n’invente rien. Il s’agit de fourchette, un nouveau Joujou économique, un nouveau petit machin du lexique scientiflic, un passe-partout adéquat, un outil ma gique pédagogique pour le moins, c’est ça qui agrandit le champ bien retourné ravagé des con­naissances, une fourchette, peut-être que vous parlez avec guillemets, je m’en fous : les guille­mets ce n’est pas comestible, une fourchette, et avec l’aide miraculeuse de cette dite fourchette vous nous faites avaler sans encombre ni indi­gestion oh ! malheur, sinon que un quart de la planète bouffe et que trois quarts de la planète crève, et vous continuer aussi sereinement ma niaques exhibitionnistes bonimenteurs à nous allé­cher en faisant tout un plat des résultats de l’élection de monsieur bide au poste de grand bâfreur à l’hôtel réfectoire de ville de..., et puis patati patata. Stop. Je réembobine. Stop. C’est là en toutes lettres. Pas la peine de renifler, de baisser joliment la paupière, d’essayer de révier, ergoter, de prétexter une migraine subite, une fringale. Pas la peine d’avoir des vapeurs, de siffloter, de faire de la gymnastique suédoise, le genre veuillez m’excuser ami d’ami comme la vie est mal fichue, j’ai justement rendez-vous dans un sauna finlandais avec une mignone, mais mi­gnonne, je vous montrerai si vous êtes sage, c’est une mignonne fantastique, vous savez ; experte comme quoi la véritable éducation moderne c’est quelque chose, imaginez ça hein ! ah ! vous dési­rez en savoir plus, je vous dirai à mon retour, le genre oh ! chéri pourras-tu me pardonner, mais je me dois à mon thalassothérapeute, mon obéso-thérapeute, mon gala pour la faim dans le monde, mon idéal. Pas la peine. Stop, TU MANGES COM­ME QUATRE.
Ne t’accroche plus à ta fourchette.
Débarrasse la table.
Tu es au point critique d’élasticité dermique.
Un steak frites de plus.
C’est l’éclatement.
Lève les yeux. Trois te fixent. Tu ne peux plus remuer. Tu pèses dix tonnes de merde. Tu pèses des siècles. L’hiver approche. Décembre. On tue le cochon. Et du cochon il ne reste rien après. Lève les yeux. C’est l’hiver. Sur les autoroutes, les fourchettes tombent des pancartes et se ruent sur ta carcasse, les trois autres tombent de l’arbre et se ruent vers toi. Il neige. C’est froid. Toutes les vitres sont fermées. C’est froid t’en­taille rouge sur ton ventre. Il neige. Le soleil est froid. Et les trois te fouillent avec les ongles et tes bras battent, battent, battent, heurtent le vo­lant, ils te fouillent, font saillir tes entrailles dans l’air froid qui ensoleille. Il est question de créa­tion artistique et tu coules de partout comme une figure ouverte.
SI 1=4, C’EST QUE LA FOURCHETTE A QUA­TRE DENTS.
TU SENS LES VINGT-HUIT AUTRES ?
IL N’EST QUESTION QUE DE CREATION ARTIS­TIQUE.
D’un cochon trois hommes se font. Il ne s’agit de rien d’autre. Inutile. Tu sors ton carnet de chèques ? Bouffe ton carnet de chèques. Tu sors des billets ? Bouffe tes billets. Tu sors ta fille vierge de derrière tes joues flasques. Bouffe ta fille vierge et bouffe ta verge. Tu sors ton bébé du ventre enregistreur de ta femme crochue. Bouffe le bébé. C’est un ange pour le paradis. Le cochon bouffe les anges. Tous les infanticides et les sage-femmes te le diront. Tu offres ton savoir. Bouffe ton savoir. Bouffe ton bavoir. Toi, friand de sacrifices, sacrifie-toi quel beau geste transhistorique. Ta vocation de garde-manger trouvera fine bouche, fine comme lame. Tu avais infiniment raison : si un mange comme quatre, les trois autres n’ont plus faim.
Homme moderne tu es un sage.
Trois fois plus sages seront les trois qui ne t’étriperont pas qui ne te convoiteront pas, qui t’éviteront comme la peste, le poison, le faisandé, qui te laisseront sur l’au­toroute avachi dans toute ta graisse,
"tous ceux qui recevront un legs dans mon testament, à l’exception de mes affran­chis, le toucheront à la con­dition expresse de couper mon corps en petits morceaux et de le manger en public", a dit eumotpe le stratège, trois fois sages seront les trois qui s’affranchiront de l’héritage cousu venimeux dans la baudruche, tant pis pour ceux qui visent les ses­terces,
trois fois sages seront les trois sagaces qui s’écarte­ront de ton corps bouffi our­di en appât qui t’enjambe­ront et abandonneront ta vi­ande sur l’autoroute afin que la pluie s’amuse à faire danser dans tes mâchoires tes dents en or idiot,
Ils auront prouver la solubi­lité de la quadrature du cercle maléfique, mais s’ils aspirent à la suc­cession, au legs, qu’ils par­viennent à se boucher les na­rines à transiger, à festoyer de cette cargaison comateuse, infestée, gluante, toujours avide s’ils se piègent eux-mêmes c’est la dent en or qui les fera danser la gigue de l’encer­clement et de l’absorp­tion.
"Et qui crève pour l’instant et je souhaite, je ferai pour très longtemps ?", ricanes-tu carcasse pommadée, et pour bien montrer que tu es le roi accrédité, légitime, tu enfonces de ton gros doigt taché ie bouton du chauffage et sur l’écran gigotent en avalanches ces foutus hystériques de merde, de sous-développés, "et ça sera pa­reil pour les traîtres".
"C’est ou ce n’est pas métaphysique ?", dit ton chien d’homme exemplaire.
Ne t’excuse pas. Tu as sans doute un congrès quelque part bien ventilé et des liasses d’amis, relations qui te feront fête, te tireront les vers du nez pour composer des alexandrins à la gloire des fraternités qui t’inviteront à leur banquet ho­norifique et te nommeront certainement avec emphase à un poste de sous-secrétaire, comme tu en raffoles toi l’exubérant ventripotent. Va. Tu as ta place. Tu as des radiateurs au lieu de poumons ? Le principal est d’avoir une finalité non ? Tous les pantins en ont au moins une. Leur conscience n’est qu’un champ de manoeuvres. C’est si tortueux, fracassé, pilonné, puis ratissé, nivelé, présentable, net, aussi émouvant qu’un exploit d’huissier.
"Ceux qui à notre époque merveilleusement ri­che, passionnante, féconde, crèvent de faim sont des imbéciles", dis-tu en disposant tes quatre assiettes devant toi d’un geste ample, bonhomme et tu engloutis sans ciller tout ce que le maître-queue t’offre, hé ! maître-cul. Qui crèvera avant d’autres ? qui est camé ?
Et tu as dans l’idée de mettre trois nouveaux sièges à ta table ?
Je dis que tu finiras bien par bouffer tout seul. Mais tu continues à t’entraîner au clin d’œil devant ta glace, et tu plisses les lèvres, et tu roules tes crottes de nez que tu envoies d’une pichenette étudiée, et comme tu fais ta boue, tu te couches sur ta femelle, et tu fais fortune tu dis. Vantard morose, tu baises aussi comme quatre ?
"Comme les musulmans ont de la chance", rêves-tu. II paraît que les adolescents sont éton­namment beaux pour des sous-développés, un pe­tit arabe ne coûte pas plus qu’un coup de brosse cirage sur tes belles chaussures bien craquantes, ces miséreux ça s’achète pour une bouchée de pain, ça vient même prendre poliment la becquée dans ton sabot farci monstre épanoui, toi l’hideux pélican chamarré, tu en frétilles alors par tous tes bouts qui suintent et tu te mets à suivre les stages de perfectionnement pédagogique afin de pouvoir en toute quiétude fourrer ta langue où ça te chante, te chantouille, de préférence dans une autre bouche pour mieux te faire sucer la science envahiseuse, de préférence au fond de la gorge d’oued où se baignent, s’aspergent des enfants nus tandis que sur les flancs maigrement herbus paissent les pittoresques moutons et les ânes bourbeux, de préférence là où se pourchas­sent de jeunes bergers bandant long, si long que l’eau t’en vient à la bouche toi le pacificateur, l’apôtre Immanent, triphasé, liberté bleuâtre, éga­lité blanche, fraternité rouge, le ciel, le soleil et la mer : le tiers-monde c’est excitant pour un immortel, un conquérant, un expansif, un senti­mental, malgré l’impression entretenue par mul­tiples organisations spéciales, forces pénétrantes, d’évoluer en terres, peuples dont l’allégeance fut le signe d’une grande maturité politique, c’est la preuve d’ubiquité irrévocable et de supériorité intrinsèque généreuse. Bref. Toute cette populace enchante. Sans toi que serait-elle vraiment, toi le sculpteur infatué, tes mains délèguent des for­mes sans aventures, modèlent, effacent, toute aspérité, unifient, incisent muscles, glandes, om­bres, pieds et mains annexés, diluent, pillent, tron­quent, arrachent, et tu claques des doigts, un garçon travesti apparaît dans l’alcôve du bordel traditionnel exotique où tu es étendu sur une banquette auréolé d’une déjection de bouteilles, le garçon attifé branche lui-même l’électrophne, pose un disque, il te fixe tout en commençant à danser, son sourire descend comme la marée sur des dents étincelantes, dures jusqu’à ses chevilles nues, tatouées de coquillages, et la musique remonte ses cuisses sous le kaftan qui scintille vers son bassin, ses reins, sa croupe, son ventre, son torse, ses épaules, son cou, ses dents qui sèchent la salive, dans des yeux immobiles com­me des piécettes, il ondule, se déhanche devant tes paumes, lui étrillé par les flûtes, les darboukas, toi étrillé mais qui mendie ? ah ! il te fascine hein l te subjugue, te fouette, t’allèche, t’affame, tu vas en baver, il approche, danse, recule, hyper­bole, revient, tremble, langue fuse, dénoue sa ceinture et par les fentes habiles du vêtement, aisselle à genou, tu scrutes ce corps mouvant, dé­tecté par les lumières suaves, il s’éloigne, tu supplies mais comme tu frappes en attendant de frapper, de mater, tu jubiles, il danse de profil, ses mains levées décident, elles baissent tour­noient, frôlent sa poitrine, glissent, il te fixe, glissent vers les fentes, les ouïes jouent, repar­tent, se dressent, se joignent redescendant, se plaquent sur l’étoffe, descendent du cou en sonde, en noyé, Il s’approche à te toucher les lèvres, tu baises te haut de sa cuisse parfumée et le kaftan tombe juste comme la musique étouffée de thrombus et l’enfant surgit voilé d’une courte robe transparente trouée pour le sexe et tu con­sidères tous les élèves de ta classe comme des trous du cul qui ne méritent pas tes enseigne­ments magistraux de protecteur des pauvres et tu dis que la coopération est un sacerdoce, une sorte d’expiation, après quoi tu regagneras ta métropole et tu auras plein d’historiettes à racon­ter et tu auras tout loisir alors de montrer comme tu as été bien noté et apprécié malgré, malgré ces salopards d’analphabètes et d’invertis mon vieux qui se promènent au vu et au su, main dans la main, tous obscurcis à fond par le coran ébré­chés par le chergui, confinés dans des bleds im­possibles à suçoter leur sebsi crasseux, toujours prêt, planqué sous la djellaba, c’est incroyable le niveau d’ici, on imagine mal ce que c’est, ils vivent au Moyen Age et regardent la télé, tu comprends le contraste ? et ça vit de rien, ça n’a aucune spiritualité, c’est raciste comme pas ça, vient vivre à nos crochets ici enfin, aucune reconnaissance en plus, je serais d’avis de les laisser pourrir dans leur marasme au lieu d’essayer de les aider charitablement, de leur apprendre, de les guider au mieux pour eux, car qu’est-ce que ça nous rapporte à nous ?
Je dis que le corps enseignant ne survit qu’en saignant.
C’est un corps mercenaire. Ce qui prime c’est la solde. Je veux dire la culture universelle. Les pays surnommés en voie de développement sont des pays en voie d’enveloppement. Les institu­teurs débarquent avec leurs grosses malles bon­dées de cataplasmes qu’ils appliquent brûlants et d’autorité et lorsque maintenant ils prennent quel­ques bons cailloux sur la voiture, ils n’envisagent plus qu’organiser des groupes d’autodéfense ou à pleurnicher sur leur portefeuille. Car ce ne sont que des comptables.
L’espérance avouée de tout coopérant est de bouffer comme quatre.
Le principe reste le même : sous-alimenter les trois autres, c’est-à-dire déféquer dans leur bou­che et se porter garant qu’ils s’en régalent. Vous voulez des faits précis, des statistiques, des preuves de ce que je dis ? Vous savez pertinem­ment de quoi je parle. Ou bien êtes-vous si em­bourbés que seule une poignée de cheveux dé­passe alors qu’aucune main de dieu n’agira, ne vous dépêtrera, et que même ne demeurera qu’une perruque sur le marécage que pas un crapaud ne prendra comme nénuphar. N’en désespère dit nietzsche, "l’homo pamphagus n’est pas l’espèce la plus raffinée".
Tous les nazis de quelque origine que ce soit sont des coopérants. Je suis fils d’ouvriers rigou­reux, j’ai été coopérant, j’ai été nazi. Esclaffez- vous si vous voulez. Je ne retirerai rien et vous ne me foutrez pas en tôle pour si peu non ? Ce n’est pas un crime et pourtant j’ai été criminel de guerre, c’est-à-dire représentatif, envoyé en mission avec pour tâche contrat de propager, d’épidémier, de répandre. Le coopérant quelles que soient ses intentions, contritions, quelles que soient ses forces de freinage ou d’aveuglement et un criminel de guerre parce qu’il défend une économie de guerre, peu importe de quel pays à rendement je parle, une économie de guerre bactériologique dans toute l’acception. Le coopé­rant est une bactérie. L’enseignement est une bactérie. J’ai été une bactérie. J’ai même été baptisé pour ça. Je ne suis peut-être plus qu’une bactérie qui a dévié de sa trajectoire et qui re­monte le goulot du fusil jusqu’à la crosse qu’elle entreprend de ronger et non pour l’amour du pa­radoxe ou par perturbation chrosmosomique. Je comprends mieux ce que signifie bouillon de culture. On m’a trop fait bouillonner. On est trop sûr de sa technique.
Qui dit que nous ne vivons pas en économie de guerre ?
Tant qu’on parlera de marché mondial nous vivrons en économie de guerre.
Ce n’est pas à démontrer. Vole un morceau de pain et tu verras que tu vis en économie de guerre. Lis le journal et tu verras. Entre dans une usine et tu verras. Entre chez toi et tu ver­ras. Une manière de vivre qui n’est qu’une ma­nière de pourrir vite. Car c’est une guerre bacté­riologique. Comment peuvent résister les trois qui meurent de faim ? Et toi-même dodu, dorlotté, enduit, flatté ? Seuls ies insectes. La rumeur de leurs mandibules gonfle, s’élargit. Qui dit qu’il échappe ?
Celui qui tient le manche maintenant recevra les coups. Le brevet de fabrication des manches ne lui appartient plus. C’est même une grande prolifération de manches. Ce qui n’a rien de réjouissant. Tu risques de te casser les dents sur ces agapes. Tu seras condamné à la bouillie. Tu y es sans doute déjà condamné. C’est pour ça que tu te fais hargneux, vindicatif, belliqueux, atroce, ton dentier claque trop court sur la peau des fesses des fillettes que tu ne vamprriseras plus.
On dira que je suis optimiste.
On dira que je suis pessimiste.
Je dis que je ne suis pas de cette écumoire. Et pour la deuxième fois j’ai rencontré nietzsche qui faisait le pied de grue au bord d’un quai vide, i ! m’a regardé de ses pupilles crevées - ne plus jamais rien écrire qui n’accule au désespoir tou­tes les sortes d’hommes "pressés" - et je lui ai laissé mes valises.
Là se rompt toute coopération. S’évaporent les principes euristiques, les marchands de vin qui font vinaigre. Ceux qui spéculent sur l’érémophobie. Se rompt toute coordination. Les séma­phores de la conjugaison brassent en vain. Là se rompt toute distance car ce n’est plus une ques­tion d’empan mais de lumière. Se désombilique la connivence, la connection d’avec l’économie de guerre. Je ne dis pas innocence. Ni culpabilité. Ces limites de démarcation électrifiée suceuses de nos tensions. Qui innervent des vérités qui sont autant de nos calamités. Qui torpillent toute indépendance. Oui holocaustent. Qui légifèrent l’éocnomie de guerre. Qui étreignent, qui pous­sent. Qui harnachent. Et où allez-vous avec sur le dos votre barda ? Nous sommes les soldats de l’économie de guerre, ânonnez-vous. Nous som- les fleurons de l’intelligence service.
Et à celui qui medemandera ce que j’entends exactement par :
économie de guerre
qu’ai-je à lui répondre ? Lui faut-il un gros rap­port de 500 pages ? Les œuvres complètes aug­mentées d’inédits, commentaires, postpréfaces, biblrograffitis de tous les philosophes ? 3 km des pensées de machin machinant ? une balance à peser ce qui se dit entre les lignes ? un stéré­oscope utilement perfectionné ? les livres de bor­dée des astronautes ? une charretée de cailloux lunaires ? lui faut-il assister à trente-six congrès par minute ? lui faut-il l’avis de son psychologue ? de son curé ? de l’opinion publique ? lui faut-il un fusil ? Si tu ne vois pas que tu vis en écono­mie de guerre et depuis longtemps, si longtemps que tu argues que c’est naturel, tu ne poseras même pas la question.
Si tu ne vois pas que tu es rationné.
Car toi l’hyperventre c’est la famine qui te guette. Tu appelles ça dyspepsie et tu cours chez ton médecin conventionné mais si ce n’est qu’un suppositoire de plus que tu veux ou l’absolution ? si tu ne réclames qu’un somnifère ?
Tu auras tout ce que tu veux.
Ou
bien l’opéra-bouffe.
Ta pitance.
Ton dû.
Ta croix de guerre.
Ton spectacle.
Ta rédition.
Et tu ingères dix fois plus de pilules pour dor­mir plus vite que le voisin qui ne possède pas ton super pouvoir d’achat et de rachat, qui n’a pas encore la dernière voiture sortie bien qu’il s’échine dix heures par jour dans une usine d’em­ballages et que tu précèdes donc, que tu sur­plombes, que tu devances, surveilles inexorable­ment, et tu lis beaucoup plus vite que lui, tu comprend beaucoup mieux que lui, quant à moi je comprends ce que signifie prise de conscience
lorsque je suis du coin de l’œil les bombardiers qui égrènent leur chapelet comme un prédicateur acharné à évangéliser les peuplades frustes à catéchiser les tripes.
lorsque je vois les enfants jouer avec tes barbi­turiques,
je vois s’arc-bouter les néons qui tirent derrière eux les tonnes de marchandises éboulis du fond des poches des amuseurs, basculer un épileptique de métèque aux godasses trouées que toi l’esthéticien vient d’abattre com­me tu dis qu’il faut à tout prix éliminer toute tache aberrante sur la texture urbaine comme tu dis qu’il faut abattre sans reproche ni scru­pule mal placé les murs qui n’ont pas d’oreilles comme tu dis que tu n’es pas en économie de guerre et que si tu fabriques des armes c’est simplement d’ordre préventif comme tu dis qu’il faut mieux prévenir que guérir tout en tenant des médicaments en réserve prêts à l’usage, et que plus tu as d’otages de ton côté plus sûre sera ta prise de conscience, comme tu collectionnes les scalps dans un coffre- fort. Ou des croûtons pour un musée lapidaire.
Ou des symboles des affiches des grimoires des esclaves des concepts des peaux des adages des certificats des journaux des pommades des rêves des photos des miniatures des os des fleurs des fiches des quittances des monuments des oiseaux des éloges des définitions, etc. toi-même tu es tout un commerce une salle aux enchères toi-même tu marchandes tout comme tu démar­ches, car il te faut du répondant des garanties des autorités une gamme éclectique spongieuse de références un système d’aiguillage prénatal une orchestration assermentée de tes instincts un jury pour corriger tes devoirs pour décider de ton sort de ton sortilège de ta séduction de tes prouesses de tes manigances pour titulariser ton esprit expertiser tes mérites décerner tes lau­riers calmer ta toux dégrafer ton corsage te téta­niser l’œil à flanc de rides, et tu appelles dis-tu les choses par leur nom afin qu’elles n’aillent pas se perdre dans la nature et même que l’on te paye en proportion.
Tu n’es qu’un intoxiqué alimentaire.
Ce qui est homologué aussi hygiène, l’haché menu de la provende à manducation des fidèles de n’importe quelle messe qui au moment de la grande communion partisane se livrent bien régis à l’intoxication alimentaire, moralité du chewing- gum famine patrie hostie tandis que toi-même qui mâche l’empoisonné est mastiqué.
C’est qu’il convient de suivre impeccablement les lois de la bonne table et les tablettes four­rées chocolat lait de nègre des lois pointilleuses à gâchette. C’est qu’il convient que ce qui t’ali­mente t’électrocute et que ceux qui t’alimentent ?
Alors quant à convoiter ce qui t’encloque ?
Hé !
we are in a fix !
câble allen noamie ginsberg kad.
MAIS QU’EST-CE QUE LA FESTINÉE HUMAINE ?

Ghislain RIPAULT.




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