Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Prison et justice
{Marge}, n°8, Octobre-Novembre 1975, p. 7.
Article mis en ligne le 16 juillet 2013
dernière modification le 18 novembre 2013

par ArchivesAutonomies
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Cet enfer du silence qui fait peur à n’importe quel humain, rien que d’y penser cela vous fait frémir que de rentrer dans cet enfer terrible où la mort est la meilleure solution car pour certains passer beaucoup d’années enfermé dans cet en­droit où l’on rentre comme un agneau mais on en sort comme un lion enragé, cet endroit, ce trou sans fond, cette nuit sans lumière, car ta vie que vous y menez n’est guère bonne, y passer de longues journées à écrire à votre famille que vous adorez et qui vous a peut-être oublié, ou à votre pauvre mère malade qui peut d’un jour à l’autre mourir dans la faim et la misère toutes ses larmes que vous versez pour elle le soir dans votre lit en cachette de vos camarades de cellule car vous avez quand même de l’orgueil mais vous ne dites rien car vos copains vous considèrent comme un truand même si vous ne leur dites pas, ils savent très bien ce qui se passe en vous et vous comprennent, car eux aussi ils ont les mêmes malheurs que vous c’est d’ailleurs pour ça qu’ils s’en aperçoivent et sans le vouloir ils vous consolent de tout leur cœur et à vous ça vous soulage car vous aussi un jour vous en ferez autant pour eux et ainsi de suite, tout cela détruit n’importe quel homme qu’il soit fait solide et grand il sera pas détruit physiquement mais il le sera moralement, tout ça personne parmi ces bourgeois n’y pense, eux ils s’en foutent complètement ils sont heureux, ils mangent bien, ils dorment dans de beaux lits, ils sortent avec de belles bagnoles, ils ont de belles femmes, ou alors ils les paient pour aller avec eux, mais eux quand ils font une connerie ils n’auront rien car ces messieurs sont importants et un simple coup de téléphone arrange l’affaire, hé oui ! on vous dira que l’argent qu’ils ont gagné à la sueur de leur front, laissez-moi rire, quand je vois ces braves salauds car s’il y avait une justice elle doit être pareille pour tout le monde mais pas rien que pous vous qui êtes une poussière dans un tas de sable et autour de gros pavés qui le retient eh bien, ces pavés ce sont de gros bon­nets. oui, c’est la société, c’est eux qui décident, c’est eux qui vous enferment et ça on pourra rien y faire tant qu’il n’y aura pas une vraie JUSTICE.

Jean-Marc TORRECILLAS.




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