Bandeau
Fragments d’Histoire de la gauche radicale
Slogan du site
Descriptif du site
Crève, Senghor
{Marge}, n°9, Décembre 1975-Janvier 1976, p. 2.
Article mis en ligne le 17 juillet 2013
dernière modification le 18 novembre 2013

par ArchivesAutonomies
logo imprimer
Quelque chose comme un cri
Quelque chose tarde à succomber
Appel rauque au temps malingre des sobri­quets injurieux
Quelque chose comme une sente herbeuse
Quelque chose grelotte
Grêles appartés des coupables congénitaux
Nimbée de pals la gloriette s’élance aux deux envahis du cadavre d’austère réputation
On jette au petit matin le linge souillé des égorgements
Quelque chose gît le col brisé
posture désarticulée du corps par sacca­des désarçonné
Les frisures blanches de la fièvre et l’absence au banquet des libertés conditionnelles Quelque chose comme un plasma
Quelque chose se répand aux crêtes acariâ­tres
Quelque chose que triturent les matrones ébahies
tout violet et qui beugle de haut le cœur
Quelque chose comme un suintement aux pa­rois des cavernes enfouies de calcaires incrustés
Quelque chose comme la haine celle qui monte des prisons où l’on tue ceux que j’aime
Madrid, Dakar, Sibérie tant d’autres Paris
Quelque chose comme un bruit de tornade inaudible pourtant le cri des tortures qui sourd des caves putréfiiées et me parvient quelquefois
Plaie vive des élancements de fureur et la peur soudain affleurant à mes doigts
Quelque chose comme l’épuisement, quelque chose comme la rage exténuée mais vivace, quelque chose comme le fer rougi qui marque l’œil transparent, quelque chose comme la douleur de l’amputé
Quelque chose tarde à succomber
Appel chétif des virulences écartelées
Débris épars rescapés des dénombrements fugaces et versatiles
Appel des amours fracassées résonne en mes os
Je ne veux plus de condamnés
Quelque chose comme un cri refuse de succomber
Ils ont tué Omar.

Nicole DELAINE.




Site réalisé sous SPIP
avec le squelette ESCAL-V3
Version : 3.87.53