Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Y’en a un avec ses yeux de taupe
{Marge}, n°12, Avril-Mai 1977, p. 4.
Article mis en ligne le 21 juillet 2013
dernière modification le 18 novembre 2013

par ArchivesAutonomies
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Y’en a un avec ses yeux de taupe
il me disait :
pars, fous le camp, il mangeait sa merde
et suçait ses doigts
la fille miroir dans la pièce me regardait
et des ondes mirifiques, sur son corps bleu
glissaient doucement, avec les clients du quartier du crime
à ce moment ils apportèrent mon cœur cuit avec du persil haché
près de la théière, le thé vert chauffe la nuit d’amour
dans son ventre ébullitique et aphrodisiaque
mes hôtes font l’amour en mangeant,
et une trace rouge apparaît depuis la racine de leurs cheveux
jusqu’à la nuque
la fenêtre s’ouvre et tout vole pour tomber sur le trottoir
le tapis rouge, seul, reste avec les oreilles
du cœur et les murs blancs
puis, elle continue l’histoire sans parole
de mouches, de merde, de cul, de caffards
la fille dit que ça pue
un caffard écrasé
fruit, jamais goûté
mais subitement grâce à mes ailerons, je plane,
le spectacle sort par la fenêtre,
la corde de la sonnette je la prend me fait un collier
moyenâgeux, et dans le spasme du présent
je saute par dessus un vide de thé brûlant
pour m’écraser sur le pavé, la corde entre tes dents
oh, visages, découpés dans la coupe du vin chaud
le rouge, ne se boit jamais sans un bon cul
pour tremper sa chatte dedans
les nez s’allongent
et le tour est joué
ma chatte alcoolisée prend le volant
sur la rn6 avec des paillettes dans les chemins détournés
de l’auto route strass du soleil
elle avance toujours de l’avant et tout est bien ainsi
c’est alors que se voient les tours magiques
circus des êtres pour vous roter
sur la gueule, les vaches aux pis flasques, surtout,
les barrières restent fermées,
les enfants se battent à coup de molards
dans le terrain vague, décor,
cailloux, vieilles planches, bois sertis de clous
tout mon sang coule de la chatte écorchée
par les barres de fer rougies par
la misère des hlm
isolée,
elle se traîne de cave en cave,
des ombres s’échappent de temps en temps dans le noir
des toiles d’araignées
descendent sur son front, et
dérobe son visage au gardien flic du coin
un bras de poupée
traîne dans le sable
plus loin un petit tas de vêtements
avec un rat qui dort dessus et,
sur une pierre oblongue un œil d’ours, qui, me regardent,
qui, a vu la chatte, dans la nuit,
tache rouge sang sur la rétine
de l’œil qui baisse ses cils en peluche
ma bouche va mourir dans la fosse qui,
reçoit tout des mains.
des vide-ordures : des conserves, des litres de lait
plastique sans odeurs tombés, dans, un, grand, couloir,
vertical et sale, pour s’écraser, sur mes lèvres,
des rats essaient de remonter la pente pour trouver :
une nourriture plus fraîche chez les vivants
et dans le dernier spasme onirique d’une mort latente
je laisse tout se dérouler normalement,
quotidien magic, larmes de strass, tic, un petit rêve bleu,
mais bientôt cet été, les mouches, viendront me tenir compagnie.

Dome Soutra.




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