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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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L’incohérence attribuée au langage des femmes...
{Marge}, n°13, Novembre-Décembre 1977, p. 5.
Article mis en ligne le 27 juillet 2013
dernière modification le 18 novembre 2013

par ArchivesAutonomies
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L’incohérence attribuée au langage des femmes, n’est autre que le reflet de la multiplicité de son regard, de son oreille : c’est aussi marque d’adaptation de son être à l’exigence qui lui est imposée de participer à la marche d’un système de vie qui ne la reconnaît pas dans sa diffé­rence, qui fait de son corps un objet de posses­sion, relègue ses désirs à un autre temps que le présent. Ce terme, employé péjorativement est signe d’exclusion, signe d’anormalisation au lan­gage courant.
Renvoi au silence.
La parole des femmes quant aux choses de la cité, en même temps qu’elle fut reléguée au silence par la force du langage de l’ordre, est non-réponse, refus au tumulte matérialiste de l’homme.
Silence de la "futilité", du plaisir face au langage du devoir.
Siience des femmes face à un système de pensée, de vie qui rte lui est pas propre ; musi­que du corps et de l’esprit ultra-sensible, imper­ceptible aux oreilles fracassées de toute part par le bourdonnement activiste, collectiviste.
Par le double aspect d’exclusion et de refus, la femme se situe dans la marginalité.
Marginalité soumise, quand, aujourd’hui, son désir est à un pouvoir égalitaire à l’homme au sein d’une société qui a nié et nie encore son corps, sa vision des événements son être.
Soumission :
- dans les revendications de droit des femmes dans l’alignement des "droits" de l’homme.
- dans la participation à la marche des insti­tutions (où pour se faire reconnaître en tant que femmes agissantes, éloquentes, indépendantes, elles adoptent le langage d’un pouvoir.
Soumission qui relègue la parole de femme au silence.
Soumission par l’insertion à un système de pensée, à un système économique où toute indi­vidualité est quotidiennement astreinte, réprimée.
Répression invisible :
- dans les maternités, les crèches, les écoles, où les enfants ne suivent pas leurs besoins, leurs désirs, mais s’adapter coûte que coûte aux horaires des adultes, donc déjà aux impératifs sociaux. Besoins et désirs sont déjà ordonnés ;
- dans l’organisation du temps selon l’impé­ratif de travail : travail devenu vital au sens où l’individu y trouve sa source de revenu, de SURVIE, au détriment de la valeur de travail en tant que champ d’action, lieu de maîtrise du corps et de l’esprit, lieu où s’articulerait dans un geste vers la perfection la recherche de l’objet. Donc travail devenu vital au sens monétaire, économique. Efficacité, rentabilité du sujet-récepteur-émetteur de l’ordre institutionnel. Réduction de toute personnalisation, de toute initiative par la programmation dos gestes, leur répétition, leur accélération, leur épuisement. Aliénation du corps qui mène à la recherche de consolations- compensations par l’ascension au confort matériel, dé­sirs meublés, parfumés, habillés, travestis. Le cercle de production-consommation est ainsi bouclé dans l’inassouvissement des désirs réels, dans leur insatisfaction ;
- dans le discours des mass-médias sur la sexualité qui l’organise, la codifie, l’explique, la cerne, la fatigue, l’enferme dans le langage.
Echapper au carcan de l’organisation sociale, au cadran horaire, à l’enfermement pour vivre le corps, ses désirs, implique transgression de la Loi (morale, sociale, légale), délinquance, margi­nalité, insécurité, instabilité, "folie"... répres­sion, parce qu’il n’y a pas d’alternative, de com­promission VIABLES au corps, aux désirs, sans les mettre en danger de mort.
Répression visible de l’organisation sociale qui exclue toute altérité, toute différence, par la for­mation de ghettos : hospices de vieux, ghettos d’immigrés, ghettos asilaires, obligation de l’homme au service militaire, centres de réinser­tion sociale pour déviants.
Répression violente de toute insoumission, de toute émergence à l’ordre institué par la police. Répression policière de plus en plus dure, qui s’infiltre à la population, grâce à la participation des mass-médias, et qui se joue plus particu­lièrement sur tout ce qui ne ressemble pas à un homme, homosexuels, femmes, subversifs de par leur double marginalité :
- à l’homme ;
- au système politique. La répression de la police (arrestations abusives, interrogatoires et détention prolongée, pseudo-suicides) exercée sur les femmes avec la participation de la popula­tion, en France, en Allemagne, est une provoca­tion visant à réduire à tout jamais la femme après avoir spolié sa parole.

Michèle.




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