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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Poésie : mort, hôpital, psy, marginalité
{Marge}, n°13, Novembre-Décembre 1977, p. 7.
Article mis en ligne le 27 juillet 2013
dernière modification le 18 novembre 2013

par ArchivesAutonomies
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Mots qui ont martelé ma tête durant des mois, des années.
La mort présente dans l’absurdité, l’abrutis­sement du quotidien.
Mort dans le travail qui tue toute création, toute imagination, mort présente dans le rapport avec les autres.
Désir de mort qui vous prend à la gorge à chaque moment de votre vie.
Vie passée entre le boulot, les transports, les quelques minables sorties, où tout est faussé car le vrai désir est absent.
Mort dans la vie.
Mort présente à chaque instant sur mon lieu de travail, mort à travers les discussions avec les "femmes de la majorité silencieuse".
Désespoir du lendemain, travail qui vous bouffe tout votre temps, qui tue tout vos désirs.
Il ne restait plus qu’attendre que le temps s’écoule doucement, et que la folie s’installe.
L’hôpital psychiatrique m’a paru quelques fois comme un moindre mal, mais c’était une mort lente.
La mort radicale et expéditive était à envisager.
Mais dans mon moi profond je sentais une vie autre, je sentais des désirs que ne demandaient qu’à s’éclater, qu’à exploser.
Mon moi vivant était là, présent, mais comment le faire vivre, comment le vivre.
Comment me sortir des contraintes du travail, du fric, de la sécurité, matraquées depuis si longtemps dans ma tête, dans mon corps, dans ma vie.
Dix ans de travail, dix ans de mort, dix ans de sommeil.
Comment se réveiller ?
Où se réveiller ?
Où vivre ?
Le déclic de vie, le déclic du réveil, fut la rencontre fut le contact difficile, mais vrais avec des gens dits "en marge".
Marginalité qu’est-ce que c’est ?
Lieu de fes désirs affirmation de ta vie, re­connaissance de ton toi en tant qu’individualité, me fut-il répondu.
Le carcan des interdits est volatilisé pour ta première fois la vie explosait en moi, j’étais la vie.
Les peurs se sont estompées, les angoisses ont rejoint le néant, les désirs fusent.
Tout bouillonne en moi, je ne suis plus seule.
La mort s’est tuée.
Je m’éclate parmi les hommes les femmes.
Je commence ma révolution.

Nicole-CIaude.




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