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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Poésie : Moi je suis une femme
{Marge}, n°13, Novembre-Décembre 1977, p. 7.
Article mis en ligne le 27 juillet 2013
dernière modification le 18 novembre 2013

par ArchivesAutonomies
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- C’est ce qu’on m’a dit.
C’est donc ce que je devais être. Robes, ma­quillage, Le Mec et le reste.
Puisque je suis une femme, il faut me battre, dans le rang des femmes.
- C’est ce qu’on m’a dit.
J’ai donc laissé tomber tes autres (armes et luttes] je suis partie me promener vers la contre- escarpe et je me suis bien amusée avec Kamel Laurent Amida et les autres. Mais les Arabes c’est tous des phalos.
- C’est ce qu’on m’a dit.
Sûr que je me faisais baiser et exploiter.
Alors j’ai quitté la contre-escarpe, je suis allé peindre, éclabousser les murs, les gens et moi-même. C’est bien pour une femme, dommage que ce ne soye pas politique.
- C’est ce qu’on m’a dit.
J’ai donc fait des vacances avec des enfants mais c’était utile et social
- Qu’on m’a dit.
Alors je suis retournée chez ceux qui me di­saient tant de choses mais its étaient très occupés à se détruire parce que deux mecs pour une nana c’est pas cool. Alors j’ai ramassé le ceusse qui ôtait par terre et qui ne disait plus rien. En fait je me ménageais des petites baises.
- C’est ce qu’on m’a dit.
Alors je me suis couchée et j’ai flippé.
Là on ne m’a plus rien dit.
Très étonnée, je suis allé voir ce qu’ils faisaient, je me suis mis à jouer comme eux. Mais je venais pomper.
- Du moins, c’est ce qu’on m’a dit.
Alors je suis partie me promener dans la montagne et j’ai trouvé une maison et j’y ai retrouvé le jeu - dans la poubelle - j’ai regardé et j’ai beaucoup ri ! J’ai pris mes pinceaux pour peindre une autre histoire. Et tu sais ce qu’on m’a dît ?
"Que ce n’était pas une histoire de femme."

Stéphane.




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