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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Les assassins des bolcheviks
{Le Communiste}, n°3 du 8 Novembre 1919 et n°4 du 7 Décembre 1919
Article mis en ligne le 7 novembre 2013
dernière modification le 28 octobre 2013

par ArchivesAutonomies
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La République des Soviets agonise. La réaction mondiale triomphe, ou va triompher. Momentanément.
A elle seule l’intervention armée n’eut point suffi pour réduire nos héroïques camarades. Mais la faim, le froid, les épidémies ont emporté, emportent chaque jour des milliers et des milliers de victimes. Les Etats-Unis regorgent de tout. Mais loin d’aider les Bolcheviks mourants, Wilson préside, contre eux, au Blocus infâme. Lentement, méthodiquement, avec une cruauté sans précédents connus, le grand champion démocrate, si cher à Longuet et à Cachin, assassine Lénine, tout un peuple, environ cent millions d’habitants.
On prétend que Bullitt vient de nous apporter la preuve de l’hypocrisie, de l’épouvantable noirceur de l’homme aux 14 articles. Il aura donc fallu que le trop fameux président des milliardaires dégoûte jusqu’aux bourgeois eux-mêmes pour que les Cachin et les Longuet se résignent enfin à paraître le lâcher. Mais jusqu’au dernier moment, ils lui auront conduit la foule. Ils la lui ont livrée. Et tandis que Wilson étranglait méthodiquement les travailleurs américains, russes, allemands, hongrois, les Cachin et les Longuet agenouillaient les travailleurs de France devant l’étrangleur de leurs frères !!
Les Longuet et les Cachin qui ont voté à l’acclamation la suspension des garanties judiciaires s’affichent, aujourd’hui, en paladins de l’amnistie ! Ils se proclament les meilleurs défenseurs... de leurs propres victimes !
Ces Cachin et ces Longuet qui ont toujours voté les crédits de guerre, même quand ces crédits servaient à combattre les bolcheviks, font mine à présent de s’élever très fort contre 1’ intervention ! Mais leur actuel, et tout apparent, si tardif, si criard pro-bolchevisme n’est qu’un nouveau masque de circonstance pour mieux tromper les masses. En fait, les Longuet et les Cachin n’ont jamais cessé de collaborer avec les pires adversaires de la République des Soviets.
Plus de cinq ans de trahisons, de lâchetés sans nom, ont montré jusqu’à l’archi-évidence que les Cachin et les Longuet sont des sous-Wilson d’une espèce encore plus répugnante. Et quand on voit le bon peuple de France faire encore confiance à de tels charlatans ; quand on voit la masse se gargariser de leurs paroles sonores, et toujours ne pas comprendre que les faits seuls comptent, c’est à désespérer de tout.
Il y a trois mois à peine, j’écrivais dans le numéro 18 de l’Internationale, ces paroles prophétiques :
"Se sentant sur le point d’être démasqués, la vérité ayant percé malgré tout, malgré eux, et la foule devenant menaçante à leur égard, nos charlatans se sont mis, eux aussi, à crier comme la foule, à crier plus fort que la foule : ’Il faut sauver les Bolcheviks !’.
"Mais on peut être certain, et tout un passé de cinq ans nous le garantit, d’innombrables trahisons nous le garantissent, que ce n’est que pour duper et trahir encore, trahir toujours, qu’ils s’époumonnent à crier, à présent A bas l’intervention en Russie
"Pour ma part, j’avoue n’avoir jamais tant tremblé pour les Bolcheviks que maintenant. Car, pour que de tels gaillards paraissent aussi résolus à agir, c’est pour moi une preuve presque évidente qu’il n’y a plus rien à faire, que les Bolcheviks sont désormais condamnés, que les préparatifs sont terminés, qu’on espère les abattre au plus tôt".
On voit aujourd’hui combien, dès lors, j’avais raison. Les Bolcheviks sont mourants. Tués non seulement par l’Entente capitaliste, mais aussi, mais surtout trahis, livrés assassinés par les Branting, les Henderson, les Vanderwelde, les Thomas, les Noske et les Hoffmann, les Pilsudski et les Daszinski, les Garami et les Peidl ; par les Cachin et les Longuet d’Allemagne, de Pologne, d’Esthonie, de Tchéco-Slovaquie, de Hongrie... de partout. Les Bolcheviks vont mourir, trahis, livrés, assassinés par tous les gredins de l’Internationale jaune.
Oh ! la tactique de l’Entente capitaliste a été simple. On a tenté, tout d’abord, de faire discréditer les Bolcheviks et le Bolchévisme. Pour une telle besogne d’infâme mensonge, l’Entente a eu comme auxiliaires les grands charlatans du socialisme jaune, les Branting, les Henderson, les Vanderwelde, les Thomas et aussi le silence sournoisement complice des autres. Mais l’immonde campagne s’est révélée impuissante à tromper les masses, instinctivement, irrésistiblement attirées par le nouveau régime des Soviets. Dès lors, les dirigeants bourgeois et ceux du socialisme jaune se sont donnés pour tâche d’endormir les travailleurs par des concessions momentanées, par le mirage trompeur d’une fausse sécurité.
Il fallait, avant tout, et à tout prix, détourner les travailleurs de l’action directe, de la grève générale, seule arme efficace pouvant sauver les Bolcheviks.
La situation était telle, en effet, que deux ou trois jours de grève générale eussent obligé les dirigeants à capituler. Il s’agissait donc d’éviter l’écueil à tout prix. Et c’est dans ce but que, pour retenir et calmer les masses populaires en effervescence, pour avoir les mains libres contre la Russie des Soviets, les gouvernements ont concédé, momentanément, certaines hautes payes, et, en apparence, la journée de 8 heures.
En même temps, et toujours dans le même but, on inventait, on fabriquait de toutes pièces un Wilson et un Lloyd George, ennemis de l’intervention ! Chaque semaine, chaque jour même, des dépêches de circonstance et de mensonge, apportaient aux masses la fausse certitude que l’Amérique et l’Angleterre retiraient leurs troupes, voulaient faire la paix avec Lénine !!! Le jeu criminel s’est prolongé des mois et des mois, plus d’un an, tandis qu’en réalité, l’Entente capitaliste toute entière multipliait les efforts, s’acharnait de plus en plus contre les Bolcheviks.
Les grands canards du socialisme jaune, Humanité et Populaire en tête, collaboraient de toutes leurs forces à l’immense et monstrueuse mystification. Matin et soir, soir et matin, les Longuet et les Cachin s’employaient à convaincre les travailleurs qu’il n’y avait qu’à avoir confiance en Wilson et en Lloyd George, qu’à les laisser faire, qu’à les soutenir, qu’à les applaudir !!!
Dès le début de la guerre et pour les besoins de la cause, les capitalistes de l’Entente et leurs infâmes larbins de l’Internationale jaune, avaient inventé, à l’usage de la foule, et fabriqué de toutes pièces une Guerre de Civilisation et de Justice contre la Barbarie et l’Impérialisme allemands.
Plus tard, et toujours pour les besoins de la cause, pour regalvaniser les masses qui commençaient à renâcler, les capitalistes de l’Entente et leurs infâmes larbins de l’Internationale jaune, inventèrent et fabriquèrent de toutes pièces un "Wilson, champion idéal de la Démocratie et de la Société des Nations qui devrait préserver le monde de la guerre".
Plus tard encore, et pour détourner les travailleurs de toute action directe, efficace, en faveur des Bolcheviks, les capitalistes de l’Entente et leurs infâmes larbins de l’Internationale jaune, ont inventé et fabriqué de toutes pièces, "un Wilson et un Lloyd George adversaires de l’intervention en Russie et toujours sur le point d’offrir la paix à la République des Soviets" !!!
Or, il n’est pas admissible, il est absolument impossible que les tristes sires et les journaux qui ont accueilli et colporté les innombrables fausses nouvelles d’une imminente paix entre Wilson, Lloyd George et les Bolcheviks, aient pu y croire un seul instant. Même les plus bornés avaient tout de suite compris que Soviétisme et capitalisme ne sauraient coexister sur la planète Terre. Il y a donc eu tout un concert de mensonge et de " bourrage " parfaitement organisé. Pendant des mois et des mois, l’Internationale capitaliste et l’Internationale jaune ont, délibérement, dupé les masses ouvrières, pour avoir ainsi les mains libres contre les Bolcheviks. L’ignoble tactique a d’ailleurs merveilleusement réussi. Tous les sincères, tous les naïfs, et ils sont innombrables, se sont laissé tromper.
Pourtant la criminelle manoeuvre a failli échouer. La fièvre contagieuse du Bolchévisme opérait malgré tout. Au moment des grands mouvements ouvriers de la région parisienne, et aussi, lors des événements du premier mai dernier, chacun a parfaitement senti que le grand souffle de la révolution menaçait de tout emporter. Mais les Longuet, les Cachin de la C.G.T. veillaient. Le Gompers de France, le sous-Appleton qui a nom Jouhaux, le chien du Malvy des fonds secrets, faisait bonne garde. Ce repoussant échantillon de crapulerie politique est, en quelque sorte, comme la nauséeuse incarnation des successives "unions sacrées" qui, depuis cinq ans, permettent aux dirigeants capitalistes de toutes nuances, et aux mauvais bergers, de prolonger indéfiniment la duperie sinistre, le sacrifice des masses. Avoués ou sournois, tous les antisocialistes, tous les antibolchévistes de France devaient se rencontrer, communier en Jouhaux. Dans l’immonde coalition qui soutient et vante cet homme, l’on trouve côte à côte tous les forbans de l’Internationale capitaliste, et tous les infâmes larbins de l’Internationale jaune. En faveur d’un Jouhaux, le Petit Populaire et l’Humanité, l’Action Française et le Populaire sont parfaitement d’accord.
Clémenceau et Jean Longuet, Charles Maurras et Marcel Cachin sont pareillement satisfaits du chien de Malvy des fonds secrets.
Secondé par les autres chiens de garde, par les Merrheim et -les Dumoulin, le Jouhaux est parvenu, quoiqu’assez difficilement, à retenir, à arrêter, chaque fois, le troupeau cégétiste de lui-même en mouvement. Soutenus par toutes les forces gouvernementales, par la presse capitaliste et par la presse jaune, les chiens cégétistes se sont mis à hurler terriblement contre l’esprit d’initiative et de révolte, contre les imprudences d’une solidarité trop généralisée. Et la masse a reculé. La masse a... obéi. Le corporatisme, la discipline, l’antisocialisme, l’antibolchévisme triomphaient.
Si ce n’étaient les circonstances, on pourrait croire qu’il n’y a plus rien à attendre, du moins avant longtemps des travailleurs français.
Pour accentuer leur victoire, les Jouhaux, les Merrheim, les Dumoulin, les Bidegarray n’ont pas craint d’ordonner un semblant de grève générale pour, après, la décommander la veille même du jour fixé et la faire sombrer dans le pire ridicule. Un Jean Longuet a pu proposer, sans rire, et sans soulever une seule protestation, que pour sauver les Bolcheviks, les cheminots n’avaient qu’à faire une grève d’une heure, pas davantage !!!
Trahie, livrée, sacrifiée par ses propres élus, sermonnée, " bourrée ", abrutie par les charlatans de l’Internationale jaune, par la presse de gauche plus encore peut-être que par la presse de droite, la classe ouvrière française en est arrivée à un degré d’incompréhension, de déchéance inimaginable.
On a pu lui faire encaisser cinq ans de massacres et d’un esclavage sans précédent, dans la pire ignorance, sous le règne exclusif du mensonge entretenu plus encore par la Censure jaune des Renaudel, des Longuet et des Jouhaux, que par celle gouvernementale. Pendant des ans, l’Humanité a menti à la classe ouvrière française et fait volontairement le silence sur l’action vraiment socialiste des Camarades des autres pays.
On a pu faire croire aux travailleurs de France que, pour défendre leurs propres intérêts de classe, il n’y avait qu’à crier éperdument : "Vive Wilson, l’homme des milliardaires !". Et pendant des mois et des mois, la foule lamentable a hurlé : "Vive Wilson !!!".
On leur fait croire en ce moment que leurs délégués vont rapporter de Washington et des banquets en compagnie des trusters richissimes la panacée qui libèrera le travail sans toucher à l’ordre capitaliste !
On leur fait croire aujourd’hui que le plus sûr moyen de sauver les Bolcheviks agonisants, c’est de déposer des bulletins dans une urne ! de voter à la fois, pour Sadoul et pour Albert Thomas !!!
Comme on comprend l’anathème de Lénine, le grand cri d’indignation des Bolcheviks :
"Ces misérables ont oublié que des individus peuvent accepter des cadeaux et des pourboires, mais qu’une classe tout entière ne peut ni recevoir des pourboires, ni se contenter d’une aumône.
"La flexibilité de leur échine constitue une heureuse particularité de beaucoup de leaders ouvriers qui s’accrochent aux basques de Wilson".
Ce radio, venu de Moscou le 20 octobre, marque au fer rouge l’ignoble bande des Jouhaux et des Jean Longuet, des Dumoulin et des Renaudel, des Merrheim et des Cachin...
Le radio a été lancé rédigé en français. Mais le Populaire et l’Humanité se sont bien gardés de le publier. On comprend que les larbins de l’Internationale jaune ne tiennent pas à faire connaître que l’héroique République des Soviets vient, encore une fois, de leur cracher son mépris à la face.
De "bonnes âmes" veulent encore trouver naturel que l’on ait pu prendre au sérieux les simulacres, les apparentes "bonnes intentions" de l’Entente puisque Lénine lui-même a paru plusieurs fois y croire. Mais Lénine n’a jamais eu le choix. Il n’avait pas d’autres moyens de montrer aux peuples, et d’une manière tangible, que l’abominable guerre faite à la Russie actuelle était voulue uniquement par les capitalistes. Et, au surplus, cela n’a pas empêché Lénine de dénoncer la duplicité, l’hypocrisie féroce des dirigeants ententistes.
Dans un manifeste, aujourd’hui célèbre, Gorki flétrissait Wilson comme le chef de la bande ignoble acharnée contre la République des Soviets. Naturellement, Populaire et Humanité s’empressèrent alors de faire systématiquement le silence. M. le député Brizon fit pis encore. Il s’offrit le luxe de publier un manifeste volontairement tronqué, où le passage relatif à Wilson manquait totalement. La Vague ne prenait aucun soin d’avertir ses lecteurs abusés.
On voulait, à tout prix, cacher la vérité sur "le plus grand hypocrite du monde". Et, depuis Brizon jusqu’à Compère-Morel, devenu d’ailleurs collaborateur de La Vague, toute la clique des députés dits socialistes n’avait qu’une préoccupation : tromper la masse, la détourner de Lénine et de l’action directe, la maintenir indéfiniment agenouillée devant l’homme des milliardaires, représenté comme le grand libérateur des peuples, comme le protecteur des Bolcheviks.
Mais la presse étrangère avait tout de même pu introduire en France le véritable manifeste, le texte intégral de Gorki. Quelques camarades privilégiés purent le connaître et le communiquèrent. Dès lors, le trompeur et persistant silence des journaux dits socialistes devenait un scandale. L’Humanité et le Populaire se virent obligés de consentir enfin à la publication. Mais ce fut avec un bon mois de retard, avec assaisonnement de commentaires perfides destinés à détruire toute la portée du document. Le Populaire insinuait qu’à Moscou on était mal renseigné ! Le sieur Jean Longuet faisait ou laissait écrire que les Bolcheviks, qui accusaient Wilson, ne savaient pas du tout contre qui ils se battaient ! Pour avoir osé dénoncer l’homme des milliardiares, Gorki et Lénine étaient taxés d’ignorance et presque traités de fous par les infâmes larbins de l’Internationale jaune !!!
Ce n’est là qu’un exemple écrit, mais combien caractéristique du parti pris général de trahison et d’abject jésuitisme de tout l’état-major socialiste et cégétiste. Pour conserver ou accroître leur influence sur les masses, ces gens-là font parade en paroles, mais en paroles seulement, d’un pro-bolchévisme qui n’est que charlatanesque. En fait, en actes, et seuls les actes comptent, les larbins de l’Internationale jaune, obligés de renoncer à leur collaboration ouverte avec Wilson, aujourd’hui démasqué, n’ont pas cessé de combattre, plus ou moins sournoisement les Bolcheviks.
Payés par les gouvernants, qui font généreusement les frais du voyage, les Jouhaux, les Bidegaray... s’en vont à Washington pour y élaborer une prétendue charte du travail, d’ores et déjà à l’usage exclusif des anti-bolcheviks. Après avoir fait semblant de protester en paroles contre l’intervention, ces chiens couchants des capitalistes s’en vont, en fait, s’asseoir à la même table que les bandits qui interviennent !
Les Jean Longuet et les Cachin rivalisent de zèle servile. Ces tristes individus qui, il y a quelques mois à peine, votaient encore les crédits de guerre contre les bolcheviks, affichent aujourd’hui, pour leur profit personnel, un pro-bolchévisme de circonstance. Mais ce pro-bolchévisme est tout en paroles. En fait, ils participent, à leur façon, au blocus infâme. Et, trouvant sans doute que la République des Soviets n’est pas encore assez isolée, les Jean Longuet s’en vont en Suisse, en Italie, à travers l’Europe pour... s’efforcer de détacher de Moscou les trop rares socialistes sincères qui ont eu le courage de se solidariser avec ses frères de Russie.
Naturellement, toute la députaille dite socialiste, la chiennerie du Bureau Confédéral, les compères du Populaire, de l’Humanité, de La Bataille, font l’impossible pour masquer leur jeu misérable et criminel. Plus encore que leur apparent, hypocrite et tout verbal pro-bolchévisme, ils exploitent auprès des travailleurs de France les relations personnelles ou d’autres qu’ils ont pu avoir, ou qu’ils conservent encore, avec les dirigeants bolcheviks. Mais de même que ceux-ci ont été obligés d’écouter toujours les délégués ou les prétendues propositions des gouvernements de l’Entente, de même Lénine et Trotsky restent obligés, pour pouvoir se faire entendre des divers prolétariats, de s’adresser parfois aux élus, quels qu’ils soient, de divers pays. Car lesdits élus accaparent partout, avec la presse, les plus puissants moyens d’information.
Mais quand la Russie des Soviets engage des pourparlers ou une conversation quelconque avec un Wilson ou ses délégués, il n’en résulte pas précisément que l’homme des milliardaires puisse se targuer de jouir auprès des dirigeants bolcheviks de la moindre sympathie. Tout le monde est fixé, n’est-ce pas, à ce sujet. Et quelles que soient ou paraissent être les prétentions des Jean Longuet et des Cachin, nul n’ignore plus aujourd’hui l’opinion de Lénine à l’égard des infâmes larbins de l’Internationale jaune.
Une armée esthonienne forte de dix-mille hommes a coopéré à la récente action de Youdénitch contre Pétrograd, alors que tous les amis sincères de la République des Soviets tremblaient pour elle. Mais le public ignore, et il faut que les travailleurs sachent, que le peuple esthonien a envoyé à la Chambre esthonienne une forte majorité de social-démocrates de gauche, de ceux qu’en Allemagne on appelle indépendants, et en France néo-majoritaires. Le pouvoir, le ministère, sont là-bas entre leurs mains. Ce sont donc les Jean Longuet et les Cachin d’Esthonie qui gouvernent le pays. Et ces gaillards-là fraternisent avec les Cachin et les Jean Longuet de France au sein de la 2° Internationale jaune.
Or, tandis que les Jean Longuet et les Cachin de France manifestaient en paroles seulement, une indignation bruyante contre les assaillants de Pétrograd, les Cachin et les Jean Longuet d’Esthonie, côte à côte avec les brutes de Youdenitch, tentaient, hier encore, de parachever l’assassinat des bolcheviks I !!

B.G.OLIVE, du Soviet de Dijon.

P.S. :

Texte publié dans le Recueil de textes du Parti Communiste de France (1919) par la revue Invariance. Pour tout renseignement concernant ces textes, leur origine, leur contenu, nous vous invitons à prendre contact avec Jacques Camatte.




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