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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Déclaration de la Fédération Communiste des Soviets
{Le Soviet}, n°1, 21 Mars 1920
Article mis en ligne le 7 novembre 2013
dernière modification le 20 octobre 2013

par ArchivesAutonomies
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1 - POURQUOI NOUS SOMMES COMMUNISTES.

Nous sommes communistes parce que les Partis Socialistes, qui n’étaient d’ailleurs qu’une forme de transition et qu’un compromis, ont fait faillite devant la guerre, et parce que leurs dirigeants ont trahi les intérêts du prolétariat et le Socialisme lui-même.
Nous entendons par Communisme le Socialisme véritable, opposé à l’impudente trahison dont se sont rendus coupables les "socialistes de guerre". Le Communisme consiste dans la destruction radicale du régime capitaliste, et dans la prise de possession, par le prolétariat national et international, de tous les moyens de production et d’échange.

2 - POURQUOI L’HEURE DU COMMUNISME EST ARRIVÉE.

L’heure du communisme est arrivée parce que la Deuxième Internationale et les partis socialistes qui la constituaient, ont renié les principes mêmes du socialisme ; parce qu’ils ont soutenu efficacement par leur participation ou par leur complicité, la "dictature de guerre" du capitalisme ; et parce que le régime parlementaire et la démocratie bourgeoise, avec lesquels les partis socialistes ont fait cause commune, se sont définitivement révélés, au cours de la guerre, comme une duperie et un piège.
En outre, le Capitalisme, à la faveur de la guerre européenne, qu’il a voulue, et qu’il prolonge contre la République des Soviets, est parvenu à son plus haut degré de concentration et de malfaisance. Il ne peut plus se maintenir que par la plus violente et la plus sanglante des dictatures. Partout, dans tous les pays du monde, la guerre a été l’occasion de l’établissement d’une tyrannie capitaliste qui ne pourra désormais prendre fin qu’avec le régime capitaliste lui-même.

3 - POURQUOI NOUS ADHÉRONS A L’INTERNATIONALE DE MOSCOU.

Le Congrès Communiste de Paris des 25-28 décembre 1919 a adhéré officiellement à l’Internationale Communiste de Moscou. Il a voté la nomination immédiate d’un délégué au Comité Exécutif permanent de Moscou. Il s’est placé sous la présidence d’honneur de Lénine et de Trotsky. Au moment où les vieux partis socialistes hésitent, se disputent et font scission sur cette question, il a pris nettement et publiquement position.
Par cette décision, il a voulu protester contre la trahison des partis socialistes. Il s’est solidarisé avec les héroïques Bolchéviks qui se défendent contre les armées et le blocus capitalistes. Il a reconnu et proclamé que seul le bloc du Prolétariat mondial pouvait abattre le bloc du Capitalisme universel.

4 - POURQUOI NOUS VOULONS RÉALISER LE RÉGIME SOVIÉTIQUE.

Le Congrès Communiste de Paris a déclaré aussi que sur les débris du régime parlementaire et de la démocratie bourgeoise à tout jamais discrédités, devait se constituer le régime soviétique, parce que ce régime est le seul qui soit capable de réaliser la dictature du prolétariat, dictature qui restera nécessaire tant que la classe capitaliste conservera la volonté d’exploiter le travail humain.
C’est aussi le régime soviétique, avec ses Conseils d’économie populaire, et ses Comités d’usine et de fabrique, qui seul peut réaliser la prise de possession communiste des moyens de production, leur exploitation et la répartition égalitaire de tous les produits.
Ce régime soviétique établit sur des bases indestructibles la propriété communiste, qui est le fondement unique de la liberté individuelle. Il répond à tous les besoins nationaux et internationaux. C’est lui qui réalisera l’unité nécessaire du prolétariat mondial par l’établissement de la République Communiste Internationale des Soviets.

5 - TOUT LE POUVOIR AUX SOVIETS.

De même qu’il n’y aura plus qu’un propriétaire, le prolétariat, il n’ y aura plus qu’un pouvoir : les Soviets.
Soit qu’il s’agisse du Soviet Élémentaire ou Direct, que la Constitution Bolchévique du 10 juillet 1918 définit : "l’Assemblée générale des électeurs (soviétiques) du village", soit qu’il s’agisse des Soviets de délégués (communaux, régionaux, nationaux), le Soviet est l’élément essentiel, la cellule de la Société Communiste.
Le Soviet n’admet que les salariés du régime actuel capitaliste, hommes ou femmes. Les délégués sont élus pour trois mois, révocables et remplaçables à chaque instant.
Les Soviets sont la force unique de tous les pouvoirs : économique, administratif, juridique, législatif, militaire.
Tout dépend des Soviets, et les Soviets ne dépendent que de leurs électeurs, c’est-à-dire du prolétariat seul.
La haute bureaucratie et toutes les autorités capitalistes seront supprimées.
Ministères, préfectures, mairies seront immédiatement occupés par les organisations soviétiques correspondantes.
Le régime parlementaire, qui ne servait qu’à masquer l’usurpation du pouvoir législatif par les capitalistes, sera supprimé. Le parlement bourgeois sera remplacé par les Congrès nationaux périodiques, et de courte durée, des Soviets.
La séparation des pouvoirs (qui n’était pour la bourgeoisie qu’un moyen d’accaparer les pouvoirs exécutif, judiciaire et administratif) sera également supprimée. Tous les pouvoirs seront électifs et appartiendront au prolétariat.
L’Etat, dans le régime de la dictature du prolétariat, c’est le prolétariat lui-même, organisé soviétiquement.
TOUT LE POUVOIR AUX SOVIETS.

Paris, janvier 1920.

P.S. :

Texte publié dans le Recueil de textes du Parti Communiste de France (1919) par la revue Invariance. Pour tout renseignement concernant ces textes, leur origine, leur contenu, nous vous invitons à prendre contact avec Jacques Camatte.




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