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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Le parti pseudo-communiste
{Le Soviet}, n°6, 20 Juin 1920
Article mis en ligne le 7 novembre 2013
dernière modification le 27 octobre 2013

par ArchivesAutonomies
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C’est le vaincu des élections allemandes.
Nous sommes tout à fait de l’avis du Bulletin Communiste quand il dit que les vrais socialistes n’ont pas à triompher le moins du monde de l’apparent succès du Parti Socialiste Indépendant allemand. C’est une victoire du Socialisme centriste, donc de ce que Jules Guesde appelait le confusionnisme.
Les récentes élections allemandes, considérées au point de vue du socialisme véritable, ne prouvent qu’une chose : c’est que le socialisme véritable ou, pour parler sans équivoque, le communisme n’a absolument plus rien à attendre de l’action électorale parlementaire.
Cette action qui, au point de vue doctrinal, est indéfendable, et qui, au point de vue tactique, ne peut être admise ou tolérée qu’à titre exceptionnel et transitoire,
est désormais condamnée, du moins pour les pays aussi évolués que l’Allemagne, la France, l’Angleterre, l’Italie.
Pour ces pays-là, la doctrine et la tactique à l’heure présente, coïncident exactement. Il n’y a, pour ces pays-là, qu’une action qui soit à la fois logique, probe et féconde : c’est l’action pour la réalisation immédiate du Communisme soviétique, sans étape intermédiaire, sans transition astucieuse et savante, sans palier.
Il y a un vaincu dans les élections allemandes : c’est le Parti Communiste électoral du Dr. Paul Lévy. C’est très bien ; au nom du Communisme véritable, nous nous en réjouissons. Il a 2 sièges contre 110 sièges attribués aux majoritaires, et 80 aux Indépendants. Il a 1,8 % de la
représentation parlementaire totale, contre 21,5 aux majoritaires, et 19,1 % aux Indépendants. C’est parfait, à la bonne heure !
Le Parti Communiste, ou soi-disant tel, du Dr. Paul Lévy avait déclaré : Nous méprisons le parlementarisme, mais nous prétendons avoir notre part du gâteau parlementaire.
Il avait, nous dit-on (F.Caussy, Humanité du 3 mai) dessiné une manoeuvre électorale qui le rapprochait du Parti des Indépendants (lequel, par une manoeuvre analogue, avait perpétré un programme électoral destiné à faire "loucher" les électeurs majoritaires). Grâce à cette manoeuvre, qui était plus savante et plus astucieuse que je n’ai le loisir de le montrer ici, le parti électoral du Dr. Lévy espérait visiblement créer chez les Indépendants, une hésitation, un flottement favorables à ses ambitions parlementaires. La manoeuvre a échoué, si bien combinée qu’elle fût.
Elle l’était même trop bien, si nous en croyons F.Caussy, qui donne d’ailleurs des précisions convaincantes. Le Parti Ouvrier Communiste d’Allemagne avait demandé son admission au Bureau Communiste Occidental d’Amsterdam. Ledit bureau le lui refusa sous prétexte que ce parti avait joué le rôle d’agent provocateur dans le coup d’Etat Kapp-Luttwitz. Or, il fut établi historiquement que cette accusation était fausse ( Humanité du 3 mai ). Le Bureau répara-t-il son erreur ? Rendit-il publique sa réparation, de même qu’il avait rendu publique une partie de sa réponse, à la sollicitation évidente ( affirme Caussy ) du docteur Paul Lévy ?
Voilà des choses sur lesquelles nous aimerions à être renseignés par une revue communiste honnête et sérieuse, comme celle de Humbert-Droz, qui est excellente Le Phare - ou comme celle de Rapoport. Il importe de ne laisser subsister aucune ombre, aucune obscurité, autour des partis communistes naissants.

P.S. :

Texte publié dans le Recueil de textes du Parti Communiste de France (1919) par la revue Invariance. Pour tout renseignement concernant ces textes, leur origine, leur contenu, nous vous invitons à prendre contact avec Jacques Camatte.




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