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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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On est communiste... ou on ne l’est pas
{Le Communiste}, n°1, 2e année, 4 Juillet 1920
Article mis en ligne le 7 novembre 2013
dernière modification le 28 octobre 2013

par ArchivesAutonomies
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Tout le monde en veut, tous les pantins de la politique veulent être communistes. Quel tapage intéressé ! Il y en a même, comme Raymond Lefebvre, qui le sont tellement qu’ils empêchent les copains du nord à former des groupements communistes.
"Vous comprenez, camarades, vous êtes communistes, c’est entendu, mais n’allez pas au parti communiste, adhérez tout simplement au parti socialiste qui est un parti de lutte de classe et de révolution (dans ses statuts)".
Il est vrai que Raymond Lefebvre appartient au Comité de la III° Internationale, où adhère notre cher Boris Souvarine qui traitait notre groupement d’ombre du Parti Communiste. Il vaut mieux, n’est-ce pas, demeurer au Parti Socialiste qui n’adhère plus à la Deuxième Internationale, tout en y adhérant, sans y adhérer, comme cela on est communiste d’un pied et anti-communiste de l’autre.
Vous avez cependant, le 16 novembre, soutenu les candidats socialistes que vous baptisiez pompeusement pour la circonstance de "bolchéviks". Paul Boncour, Varenne, Longuet, Mayeras, tout cela des "bolchéviks" ! Mince alors ! ça des bolchéviks !
Maintenant, vous les "enguirlandez" et pas assez fort pour le faire vous-mêmes, vous allez chercher le grand maître "Lénine". Mais si vous aviez fait comme nous, demeurer dans l’opposition, vous auriez la partie belle, tandis qu’après avoir plastronné aux tribunes comme présidents et assesseurs, vous avez encouragé la masse électorale à voter pour tous les candidats socialistes (quelque qu’ils soient) et vous êtes mal venus de venir leur faire des reproches, car vous les connaissiez.
Ah ! vous voulez vous emparer du communisme ! Vous voulez le monopoliser ! Doucement. Vus avez beau taper sur la grosse caisse, on ne comprend pas. Dans quelques jours vous allez encore aller assister à la grande pantomine du Conseil national Socialiste. Loriot n’y sera pas. Saumonneau n’est plus en sainte considération. Un autre ira soutenir les motions de la IIIe Internationale, pendant que Paul Faure, le communiste, soutiendra qu’il veut reconstruire ce qu’il a aidé à démolir et que le vétérinaire Renaudel inoculera les délégués du virus anti-bolchévik, anti-reconstructeur, anti-tout !
Tous au communisme ! Tous ceux qui pendant cinq ans ont voté les crédits de guerre, tous les revanchards de la Défense Nationale, tous les parlementaires, depuis Blanc jusqu’à Albert Thomas en passant par Varenne et sans oublier le rouge Brizon, l’homme de Zimmerwald, entrez ! Venez étrangler la IIIe Internationale, comme vous avez fait pour la Deuxième.
Accourez tous les "patrons" socialistes, les "déco­rés", officiers socialistes, arrivez les anciens ministres socialistes, adhérez en bloc au Communisme en vous affiliant à Moscou.
Ce jour-là, le Communisme français sera aussi bas, aussi plat que l’est le Parti Socialiste, puisque ce seront les mêmes éléments et que, si la majorité l’emporte au congrès, ce ne sera qu’une adhésion de forme, de principe. Rien ne sera changé, si ce n’est que nous aurons des députés, des conseillers municipaux communistes, qui mettront leur programme révolutionnaire sur leurs fauteuils et qui s’endormiront dessus.
Mais à propos, où étaient-ils ces communistes dans le dernier mouvement de grève de mai ? Où étaient-ils tous ces orateurs ? Ils attendaient, ou plutôt ils étaient dans la coulisse à faire les petites combines qui rapportent.
Il ne suffit pas de dire Varine "qu’il est nécessaire que le prolétariat subisse des échecs pour qu’il acquiert l’expérience du combat et que son âme se trempe aux épreuves". (Laisseriez-vous tomber vos amis ?).
Il faut faire l’impossible pour éviter des échecs aussi durs, surtout lorsque l’on a vu l’attitude si noble de la masse de ces prolétaires obscurs.
Tant pis si certains n’ont pas fait leur devoir. Notre "ombre de Parti" a fait le sien. Il a fait tirer et distribuer du 1er au 5 mai 140 000 tracts, nous avons eu sept camarades d’emprisonnés et, par notre Communiste, nous allons reprendre la campagne ardente contre tous les "ennemis des bol­chéviks".
On est Communiste... ou on ne l’est pas !
Prolétaires conscients, révolutionnaires d’idées : à l’ouvrage, il y en a !

MAURISKOFF.

P.S. :

Texte publié dans le Recueil de textes du Parti Communiste de France (1919) par la revue Invariance. Pour tout renseignement concernant ces textes, leur origine, leur contenu, nous vous invitons à prendre contact avec Jacques Camatte.




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