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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Principes fondamentaux et but du Parti communiste
{Le Communiste}, n°1, 2e année, 4 Juillet 1920
Article mis en ligne le 7 novembre 2013
dernière modification le 20 octobre 2013

par ArchivesAutonomies
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ARTICLE PREMIER - Les éléments révolutionnaires du prolétariat français décident de rompre avec l’Internationale syndicalo-social-démocrate portant le n°2 et forment le Parti Communiste adhérant à l’Internationale de Moscou.
ART.2 - Le Parti Communiste se donne comme tâche immédiate la réunion en son sein de tous les éléments vraiment révolutionnaires, pour la lutte contre le régime capitaliste jusqu’à sa complète disparition.
ART.3 - Il ne reconnaît aucune loi bourgeoise, ni aucune institution en découlant Parlement, municipalité, jurisprudence, etc.
ART.4 - Tous ses actes, comme sa propre existence, s’accompliront donc sans aucun souci de plaire ou non aux maîtres du jour et à leurs valets, dont les plus plats sont les social-patriotes et les syndicats réformistes.
ART.5 - Le Parti Communiste ne se souciera pas davantage des formes corporatives ou géographiques des vieilles organisations pour sa constitution propre. Il propose,
au contraire, aux travailleurs de s’assembler intercorporativement, localement, régionalement et, en attendant la suppression des frontières, par affinité de langue.
ART.6 - Dans la période pré-révolutionnaire, le P.C. combattra avec énergie toute tentative de replâtrage de la société qui se meurt. Son rôle sera donc purement destructif jusqu’au jour où le prolétariat aura terrassé son adversaire.
ART.7 - Le régime d’exploitation de l’homme par l’homme sera détruit, le P.C. deviendra l’architecte de la Société Communiste. Il survivra donc à la révolution et ses adhérents se transformeront, de soldats révolutionnaires, en artisans ardents de la Société nouvelle. Leur rôle sera alors d’impulser l’énergie constructive des travailleurs, enfin dégagés de leurs chaînes.

Adhésions, Cotisations, Exclusions.

ART.8 - Peut et doit doit adhérer au P.C. tout travailleur adoptant les présents statuts, à l’exception expresse de tout soutien ou collaborateur de la bourgeoisie à quelque titre que ce soit.
ART.9 - Les cartes sont délivrées aux groupes, au prix de 1fr.50 et les timbres de 0fr.50 centimes.
ART.10 - Sera exclu, tout membre ayant dérogé aux principes fondamentaux, ou ayant porté un préjudice quelconque au mouvement.
ART.11 - Les présents statuts peuvent être modifiés en congrès.
ART.12 - Toutefois, les articles 1, 2, 3, 4 et 5 constituant la base même d’action communiste, ne sauraient être modifiés dans leur esprit, sans dévoyer le mouvement du Parti.

Paris, juin 1920.

Nous croyons bon pour compléter cette déclaration de principe, et pour qu’il n’y ait aucune confusion au sujet de notre attitude et sur le but que nous nous efforçons d’atteindre, de publier cette résolution sur l’unité dans le Parti Communiste, résolution adoptée à la séance du samedi, 7 février 1920 - du congrès communiste d’Amsterdam.

RESOLUTION CONCERNANT L’UNITE.

1° Les social-patriotes, et particulièrement les opportunistes, en affichant une tendance manifeste à gauche, constituent un danger redoutable pour la Révolution prolétarienne.
2° S’associer, ou coopérer avec ces éléments contre-révolutionnaires, signifie entraver d’une manière sérieuse le développement du mouvement communiste. Une séparation rigoureuse des Communistes d’avec les sociaux-démocrates est absolument nécessaire.
3° Tolérer des éléments opportunistes, ou social-patriotes dans le P.C. sous prétexte d’unité, signifie violer la seule unité révolutionnaire. Cette unité ne consistant pas seulement dans l’adoption de quelques principes généraux, mais dans l’accord sur le terrain de l’action fondamentale.
4° Il est nécessaire que les groupes communistes affiliés aux partis opportunistes, même si ces partis répudient la II° Inter., interrompent leurs relations compromettantes, et s’unissent au Parti Communiste.
5° L’unité dépend des conditions locales, elle ne doit pas se faire simplement par l’acceptation formelle de la théorie communiste ; mais elle doit être vivifiée par la pratique révolutionnaire issue de cette théorie.
Les bases de l’unité doivent être les suivantes :
a - La lutte de classe sans aucun compromis, aussi peu avec les partis bourgeois, qu’avec les partis social-patriotes, ou avec un des partis encore affiliés à la II° Internationale, ou avec des agents quelconques du capitalisme dans le mouvement ouvrier.
b - Action des masses prolétariennes pour la conquête du pouvoir, le P.C. étant la force directive et consciente dans le développement de l’action des masses.
c - La dictature du Prolétariat et en conséquence la répudiation de démocratie bourgeoise.
d - Le système des Soviets, accepté comme la force nécessaire de la démocratie prolétarienne.

(Bulletin de mars 1920 du Bureau auxiliaire d’Amsterdam de l’Internationale Communiste).

P.S. :

Texte publié dans le Recueil de textes du Parti Communiste de France (1919) par la revue Invariance. Pour tout renseignement concernant ces textes, leur origine, leur contenu, nous vous invitons à prendre contact avec Jacques Camatte.




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