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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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On est communiste... ou on ne l’est pas
{Le Communiste}, n°2, 18 Juillet 1919
Article mis en ligne le 7 novembre 2013
dernière modification le 28 octobre 2013

par ArchivesAutonomies
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Je ne sais pas si les compères Loriot et Souvarine, ainsi que les pâles étoiles qui gravitent autour de ces astres sont satisfaits de la grrr...ande pantomine du dernier Conseil National du Parti Socialiste.
Toujours est-il que, comme aux autres congrès, nos bons "socialistes" se sont bien engueulés et la morale a toujours été la même : au prochain Congrès, les affaires sérieuses.
Pendant ce temps, le Congrès Communiste de Moscou fait ses préparatifs et Kamenev passe quelque chose à Cachin au sujet de la tactique du Parti Communiste Français.
Boukharine, également, lui passe une friction pas ordinaire.
Les deux orateurs "bolchéviks" lui font voir toute la honte et le discrédit jeté sur le prolétariat français qui a écouté ces mauvais bergers aussi bien socialistes que syndicalistes.
Des millions de morts, des millions de veuves et d’orphelins, des milliards d’impôts à "casquer" voilà le bilan de la collaboration de classe de cinq années de guerre avec les représentants de la bourgeoisie guerrières.
Pleurez, socialistes de défense nationale mais disparaissez dans le rang pour que l’on vous oublie ! C’est tout ce que je vous souhaite de mieux, car, vous méritez autre chose.
Ce que je ne comprends pas c’est que les obscurs, les militants sincères de ce Parti, qui croient à la Révolution restent se contaminer avec les filous parlementaires.
Que pensez-vous donc faire là-dedans, camarades ? Allons, faites le geste nécessaire et ne restez pas dans cette situation équivoque.
Puisque vous ne pouvez "bonifier" vos élus, il vous reste une chose à faire : plaquez-les ! et venez apporter votre force aux partis communistes, qui lui ne croit pas à l’opportunité du parlementarisme.
Il est grand temps devant les menaces de guerre qui se découvrent chaque jour de prendre fièrement une résolution.
Il n’est plus permis de louvoyer ! Il faut être ou ne pas être ! Le carnaval n’a plus d’attraits que pour les imbéciles et les intéressés qui en vivent.
Avouez bien haut que vous avez été trompés et que vous avez bien voulu vous laisser tromper.
Vous avez fait la grrr...ande guerre, la Dernière des guerres et voilà que de tous côtés les volcans à demi éteints reprennent leur activité.
Si vous demeurez dans le même état d’esprit, si vous conservez vos mauvais Bergers, alors il faudra "remettre ça", il faudra "remonter là-haut".
Vous permettez une fois encore que les Requins de la Finance Internationale se servent de vos os pour se hisser aux pieds du "Veau d’Or".
Allons, est-ce possible Non, n’est-ce pas !
Réfléchissez les socialistes, les vrais, les sincères, les révolutionnaires. Quittez vos sections que vous ne pouvez diriger grâce à l’action néfaste de la majorité de vos élus, et venez former avec nous la Phalange Communiste, celle qui est décidée, celle qui veut établir un régime nouveau lorsque celui que nous subissons se sera écroulé.
Il faut laisser de côté les vieilles méthodes et par conséquent les "roublards" qui les ont soutenu contre le bonheur des opprimés.
Du passé faisons table rase !
Depuis longtemps j’entends les cris impuissants du Comité III° : Epuration ! Epuration !
Vous avez constaté à votre dernier Congrès que l’épuration est impossible, alors puisque vous êtes incapables de faire l’épuration nécessaire, allez-vous en !
Du reste il y a longtemps que ceux qui combattent aux côtés de Loriot savent que le jour où ils arriveront à obtenir un vote de majorité, la minorité se séparera d’eux.
Alors pourquoi attendre ? Le mariage est impossible ? Vous avez perdu plusieurs années pour arriver au même résultat que vous obtiendriez aujourd’hui si vous veniez nous aider à propager le Communisme.
J’entends bien Loriot nous dire : mais vous, les Communistes, pourquoi ne venez-vous pas adhérer à notre Comité qui est moins rigide qu’un Parti et dont le cadre est plus souple !
O Loriot, trop souple, nous ne sommes pas pour les exercices d’assouplissement de l’échine devant les Rois du Jour, il ne nous est pas possible, mais pas possible du tout d’adhérer à votre groupement tant qu’il restera collé, figé dans le cadre du Parti Socialiste.
Vous vous targuez d’être seuls représentés au Congrès Communiste de Moscou, cette adhésion doit cacher des malpropretés envers les autres groupements.
On a trompé souvent Lénine, on le trompera encore mais néanmoins nous sommes décidés à faire la Lumière, à connaître l’exacte vérité et alors les calomnies, les mensonges intéressés seront connus et nous verrons qui avait raison.
A bas la politique des politiciens qui en vivent et gloire aux petits, aux obscurs qui sont entrés dans la lutte tête baissée, sans regarder s’ils y laisseraient leurs 81 plumes ".
Choisissez, Prolétaires conscients Accourez, Révolutionnaires éprouvés ! Plus d’équivoque ! Il faut être d’un côté de la barricade ou de l’autre.
Il n’y a pas de milieu : On est Communiste ou on ne l’est pas !

MAURISKOFF.

P.S. :

Texte publié dans le Recueil de textes du Parti Communiste de France (1919) par la revue Invariance. Pour tout renseignement concernant ces textes, leur origine, leur contenu, nous vous invitons à prendre contact avec Jacques Camatte.




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