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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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À bas le parlementarisme !
{Le Communiste}, n°3, 2e année, 25 Juillet 1920
Article mis en ligne le 7 novembre 2013
dernière modification le 28 octobre 2013

par ArchivesAutonomies
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Ca va barder !
Le groupe socialiste au parlement, pour répondre aux provocations du Baron Millerand, vient de prendre une décision qui ne manquera pas d’aboutir à un résultat définitif.
Ces messieurs, en bonsbourgeois qu’ils sont, ne pouvaient mieux faire que de reconnaître une fois de plus la légalité bourgeoise en demandant la convocation de la Chambre des députés.
Au milieu de hurlements, des cris inarticulés d’une bande de sauvages, des glapissements des Daudet et sous-Daudet, ils interpelleront le gouvernement.
Cela risquera fort de provoquer une de ces bagarres assez fréquentes dans ce milieu spécial, où la fine fleur des charognards et des politiciens, est sensée représenter le peuple français. Pauvre Peuple !
Et après ? Après avoir bien gueulé, demandé, gesticulé, aux exclamations ironiques de la bande de coquins qui assument la tâche de faire les lois à leur profit, la mise en accusation des différents ministères, on ira tranquillement se rafraîchir à la buvette.
Et les Travailleurs qui liront dans leur journal le compte-rendu de la séance s’écrieront enthousiastes "Quels types ! qu’est-ce qu’ils lui ont cassé à Millerand !".
Et ce sera tout.
Et la guerre suivra son cours, en Syrie, en Pologne, en Russie, partout.
Les mercantis de la mort continueront à envoyer aux Wrangel et autres Pilsdusky, les munitions dont ils ont besoin pour contenir la marée rouge qui monte irrésistiblement.
Ils continueront si le peuple continue lui aussi à écouter et à croire les boniments aussi trompeurs qu’intéressés de ceux qui, depuis qu’un Parlement existe, ont toujours menti, volé, trahi.
Droit constitutionnel des parlementaires, interpellations, demandes de poursuites suivant une juridiction bourgeoise, autant de cautères pour jambes de bois.
Une seule action s’impose, une seule méthode peut être efficace, c’est l’action révolutionnaire, la lutte de classes dégagée de toute compromission ou collaboration bourgeoise.
Quant à la mise en accusation de Tous les responsables, elle est chose faite pour nous, et le réquisitoire continuera jusqu’au jugement que nous espérons proche.
A nous d’en hâter le jour, en nous libérant de nos mauvais bergers et en ne nous laissant pas prendre au miel de leurs phrases grandiloquentes.
A bas le parlementarisme, tous à la lutte franchement révolutionnaire.

Pierre MUALDES.

P.S. :

Texte publié dans le Recueil de textes du Parti Communiste de France (1919) par la revue Invariance. Pour tout renseignement concernant ces textes, leur origine, leur contenu, nous vous invitons à prendre contact avec Jacques Camatte.




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