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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Maison de verre
{Le Communiste}, n°3, 4 et 5, 2e année, des 25 Juillet, 1er Août et 8 Août 1920
Article mis en ligne le 7 novembre 2013
dernière modification le 30 octobre 2013

par ArchivesAutonomies
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PARTI COMMUNISTE ET PARTI SOCIALISTE

Un long coup de sifflet demandant la voie, le bruit de l’air entrant dans les Westhinghouses, le grincement des sabots sur les roues fatiguées par un voyage de plusieurs centaines de kilomètres, le lich-filtz du renversement de la vapeur et un arrêt légèrement brusque à l’approche des butoirs indiquent que les voyageurs à destination de la capitale de la IIIe République sont parvenus à destination.
Sur le quai, très peu de socialistes, mais on peut remarquer néanmoins l’ex-sous-lieutenant Le Trocquer, blessé de guerre, avocat par son métier et conseiller municipal socialiste du 12° arrondissement, pour ses heures de loisir (Recons­tructeur).
Les membres influents du comité IIIe ne se font pas remarquer aux côtés de Monsieur Intérim qui, paraît-il, n’a aucun degré de parenté avec Monsieur le Ministre Le Trocquer (ne pas confondre).
Lestement Frossard et Cachin descendent de leur confortable compartiment de première classe et sortent du quai comme des individus qui n’ont pas l’habitude de payer leurs voyages : ils sont cartés.
Monsieur Intérim et Verfeuil (des chaussures Raoul) attrapent mes "pélerins" et s’en vont prendre l’apéro dans un café de "première".
Nous saurons plus tard, nous autres du "populo", ce qui s’est dit à cette arrivée où tout le peuple de Paris aurait dû se trouver si ce voyage d’études l’avait intéressé.
Peu importe, nous savons maintenant que les citoyens Cachin et Frossard ont adhéré (après les eng...uirlandements de Lénine) à la IIIe Internationale Communiste de Moscou.
C’est rigolo, mais rigolo "tout plein", comme dit Gavroche, de voir Frossard et Cachin mandatés par Lénine pour venir expliquer au Prolétariat français qu’ils ont découvert un nouveau monde.
C’est un nouveau monde qui se lève là-bas, à l’Ouest, dit l’Humanité.
Nous qui ne sommes que matinés bretons nous ne prenons pas notre main gauche pour notre main droite et savons pertinemment que la Russie se trouve géographiquement parlant à l’Est de l’Europe.
Il se peut, néanmoins, que les délégués centristes du P.S.U. aient quelque peu perdu la notion des choses et qu’ils aient cru qu’étant à Moscou, ils étaient en France et qu’à l’Ouest alors, la révolution battait son plein. Ce n’était qu’un rêve !
Si la révolution n’existe pas en France, c’est beaucoup la faute des Frossard et des Cachin qui n’ont jamais osé prendre leurs responsabilités.
C’est heureux tout de même qu’ils aient découvert en l’an de grâce 1920 et au mois d’août, la République soviétique de Russie !
Vous avez feint d’ignorer jusqu’ici, camarades pélerins, que, depuis avril et mai 1919, s’étaient formés en France le Comité de la Troisième Internationale et le Parti Communiste.
Vous en avez cependant bien ri et Paul Faure, qui était à l’époque plus communiste que vous, a bien ri aussi quand on lui envoyait les convocations des "Soviets" que l’on essayait de créer suivant le radio de mars 1919 de Lénine.
Paul Faure avait refusé d’insérer dans Le Populaire les convocations du Parti Communiste parce que Le Populaire était un journal "socialiste".
Maintenant, Cachin nous fait connaître que les communistes russes sont des socialistes ; mais il oublie de dire que contrairement à lui, ce sont des socialistes qui ont "essayé" de mettre le socialisme intégral en application.
Quelle salade, camarades ! Quelle cuisine poli­tique ! Quelles vilenies, ce voyage avec passeports réguliers nous cache-il encore ?
Ou alors faut-il croire à une conversion heureuse, et faut-il croire à ce que les convertis fassent leur possible et même l’impossible pour convertir leurs adhérents ?
Il est permis d’en douter, les articles de Cachin et de Frossard n’étant que des articles "sans fond" et remplis de banalités.
Cachin fait appel aux intellectuels et Frossard a été émerveillé par les 1.600 clochers (seize-cents) des différentes églises moscovites.
L’atavisme reparaît toujours à la surface !
Enfin puisqu’à Moscou, les deux "délégués centristes" français se sont confessés et ont obtenu l’absolution, nous voulons bien croire qu’ils représentaient là-bas (à l’Est) le prolétariat français qui a inscrit à son drapeau rouge de sang les dates fameuses de 1830-1848 et la commune de 71, sans oublier la fameuse révolution de 89 à 93.
Je me souviens cependant qu’au Congrès Confédéral de 1918, le délégué Frossard nous a empêché de renverser "le Pape Jouhaux", cela d’accord avec les transfuges de la minorité, les trop fameux Merrheim et Dumoulins.
Je me souviens également que Cachin était le "camarade de bordée" du national Bidet-Garray.
Tout ce monde était très peu révolutionnaire et encore moins communiste.
Frossard et Cachin ont jusqu’au Premier mai combattu la tactique communiste des Loriot et des Souvarine qui ne sont pourtant pas bien terribles.
Mais ils ont combattu ardemment surtout les pauvres communistes que nous étions.
L’Humanité comme le Populaire n’a jamais voulu insérer nos convocations communistes et c’est justement le directeur de cette Humanité (journal à souscription) qui vient prêcher le communisme. Tant mieux s’il est sincère ou s’il a une part de sincérité, mais dernièrement encore quand nos camarades communistes Bott, Rabilloud, Maillard, Roux, Alliot, Chapelot et Gevens ont été condamnés pour impression et diffusion de 140.000 tracts, le 4 mai, l’Humanité a simplement annoncé que : six anarchistes avaient été condamnés.
Nous ne craignons pas l’étiquette d’anarchistes, mais pour un journal socialiste dont le directeur est devenu tout d’un coup communiste, la chose est plutôt bizarre.
Pour moi, elle ne me paraît pas bizarre du tout, parce que le gouvernement a donné des ordres pour faire contre nous le boycottage du silence.
Le relancement de notre Communiste nous a permis de nous "rappeler" auprès du public. Nous avions une tribune (non officielle) au Pré Saint-Gervais ; nous avions notre pancarte écarlate sur fond noir à Saint-Denis. Nous allons continuer notre propagande sans empêcher Cachin et Frossard de continuer la leur.
Mais alors une question très importante se pose : il ne faut qu’un Parti Communiste par pays ou plutôt la Troisième Internationale de Moscou n’en reconnaîtra qu’un officiellement.
Jusqu’ici, d’après ce que nous savons, seulement la fraction Loriot est reconnue officiellement.
Le Parti Communiste qui lui ne possède pas de députés (et n’en veut pas du reste) a envoyé des délégués qui ne sont pas encore revenus et qui ne reviendront peut-être pas.
Le Parti socialiste va-t-il donner son adhésion ? S’il l’a donné qu’y aura-t-il de changé ?
Au point de vue pratique, je ne vois rien de nouveau, le Parti Socialiste continuant à être un parti politique pourri par le parlementarisme.
Le Parti socialiste n’a aucune force morale sur les "organisés" de la C.G.T. Celle-ci n’a pas l’air de vouloir, dans ses organismes centraux, de l’adhésion de Moscou et c’est compréhensible.
Je sais que dans notre Parti Communiste, qui reprend "en vitesse" de l’extension, certains camarades proposent de faire adhérer le Parti Communiste au Parti Socialiste si celui-ci donne son adhésion à Moscou.
Cette solution ne peut être envisagée en aucun cas et ceux qui se sentent des aptitudes pour les emplois et les places grassement rétribuées n’ont qu’à y aller directement.
Quant à moi, enfermé pour mes idées et ma tactique intégralement communiste, je refuse cette solution comme impossible, mais impossible tout à fait.
Si beaucoup de camarades, comme moi, ont quitté le Parti écoeurés, c’était pour faire une action que le P.S.U. était incapable de faire.
Laissons faire les événements, attendons avec calme les nouveaux "communistes" au tournant dangereux. Examinons d’un oeil bienveillant leur nouvelle tactique, mais ne nous leurrons pas.
Avant que l’épuration demandée soit faite dans le Parti socialiste, avant que les "défenses nationales" soient exclus, il passera plus d’une crue sous les ponts de la Seine et je ne vois pas le P.S.U. faisant son adhésion "totale" à Moscou.
Du reste je sens du Comité de la IIIe une attitude hostile envers ces reconstructeurs qui ont le "culot" de devenir des communistes.
Loriot en maigrit à vue d’oeil et Varine (qui n’est pas sous (sic, ndr)) pique quelques crises coléreuses.
Les "reconstructeurs" (pas des régions libérées) se gaussent de leurs adversaires et sont heureux du bon tour qu’ils viennent de leur jouer.
Les "mayérascarades" vont devenir plus fameuses que jamais et je doute que le peuple conscient, les révolutionnaires dignes de cette étiquette se laissent prendre au piège. Camarades prolétaires camarades communistes soyez vigilants, ouvrez l’oeil et le bon et ne vous laissez pas manoeuvrer.
Exigez des gages sérieux et continuez surtout notre bonne propagande qui porte si bien depuis que l’illustre Juge Monsieur jousselin a eu l’heureuse idée de nous "cof­frer" pour "l’hilarant complot" comme dit Allombre.
Tous au "communisme", au véritable. A bas ! toujours à bas les politiciens intéressés qui veulent vivre de la classe ouvrière !

Dans mon dernier article, j’ai passé rapidement en revue les différents groupements et j’ai constaté que les hommes dits d’action étaient rares sinon absents.
Je reprendrai chaque partie ensuite, mais comme toute charité bien ordonnée commence par soi-même, nous allons étudier aujourd’hui les organisations qui semblent se réclamer de l’Internationale Communiste de Moscou, et intitulée "Troisième".
Situation confuse pour les partis de la politique : Parti socialiste et son extrême-gauche loriotiste. Situation nette pour les partis anti-parlementaires, c’est-à-
dire : Fédération Communiste des Soviets et Parti Communiste.

Le Parti Socialiste et Comité IIIe.

Malgré le "bluff" fait par le Comité de la Troisième Internationale, personne n’ignore qu’en gens "discipli­nés" ils demeurent dans le Parti socialiste qui, à l’heure actuelle, n’appartient à aucun groupement international, ce qui ne les empêche nullement de crier "Vive l’Internationale Ouvrière !". Ils oublient simplement qu’ils ne sont plus que des girouettes tournant en suivant le vent qui souffle de Rome, Genève, Londres, Berlin ou Moscou.
Ce Parti dit "socialiste" se trouve à l’heure actuelle dans une situation bizarre ! Cachin et Frossard, centristes au dernier Congrès et par leurs fonctions de permanents au Journal et au Parti, représentent à titre auditif nos bons socialistes au Congrès de Moscou.
Notons en passant qu’ils ont envoyé de Berlin une dépêche au Congrès socialiste de Boulogne, annonçant "qu’un délégué du Parti Communiste Français avait réussi à traverser l’Allemagne". La police a quelquefois de précieux auxiliaires, et nous saurons bientôt quelles étaient les "fins" de ce télégramme, le Parti Communiste ayant envoyé par différents chemins six délégués, afin d’expliquer franchement la situation telle qu’elle existe, et discuter des adhésions.
Grâce à ce télégramme, deux de nos délégués faillirent être arrêtés à Berlin, et ce n’est qu’avec l’intervention vigoureuse du Parti Ouvrier Communiste Allemand qu’ils purent se mettre à l’abri et continuer leur route pour arriver à Moscou le 19 juillet, c’est-à-dire la veille de l’ouverture au Congrès.
Nos délégués, par leur séjour forcé à Berlin, constatèrent que l’on connaissait bien le groupe Loriot-Monatte, mais que l’on ignorait le Parti Communiste. Les soi-disant camarades du Comité IIIe nous passaient sous silence ainsi que la Fédération des Soviets et se faisaient "mousser" par la petite manifestation de leurs idées de "l’adhésion à Moscou" (adhésion toute morale s’entend !).
Des sommités "troisièmistes" firent un saut dernièrement de Strasbourg à Berlin et là, nous percerons peut-être le fameux mystère de la suppression du Bureau d’Amsterdam auprès duquel le Parti Communiste et la Fédération des Soviets étaient rattachés.
Je me souviens qu’un jour le camarade Loriot répondit à Lacoste, qui venait de lui lire une lettre d’ Amsterdam : "C’est bien la première que vous recevez, mais ce sera la dernière !". Heureusement qu’il est mauvais prophète et ne possède pas au plus haut point la psychologie de certains de ses camarades.
Toujours est-il que les explications doivent se donner à l’heure actuelle à Moscou, où les délégués du Parti socialiste, de la V.O. et du Parti Communiste vont se rencontrer et à leur retour il sera indispensable de faire le nettoyage en grand afin que notre Maison de Verre soit tout à fait "transparente" et de manière à en chasser tous les "mys­tères".
Souvarine a aussi de grosses responsabilités, car lui, l’homme qui cherchait "les Soviets", réussissait bien à en trouver dans d’autres pays, mais ne voyait pas le travail du Parti Communiste et de la Fédération des Soviets en France. Aux premières distributions de prix, nous lui proposerons quelque chose qui lui permettra de bien voir clair. "Une paire de lunettes sur les verres de laquelle sera gravée une ombre : L’ombre du Parti Communiste français".
Ce petit point d’histoire relaté, voyons un peu ce qui se passe dans le Parti socialiste. Cachin et Frossard, à l’occasion de l’ouverture du Congrès communiste de Moscou, adressèrent un télégramme à leurs fidèles qui ne veulent rien entendre et surtout rien comprendre.
Poisson E., le vigoureux leader "coopérateur", ami du 150.000 Albert Thomas, pousse des cris d’orfraie, il se souvient qu’en 1916, alors que l’on discutait l’adhésion au Congrès de Stockholm, il ne s’y était résolu que "la mort dans l’âme".
Bracke, qui ne l’est pas que de nom, noircit près de deux colonnes dans l’Humanité pour jeter le doute sur l’authenticité de cette dépêche.
D’autres encore, parmi les poltrons des moins poltrons, tirent les chevaux conduisant le char socialiste "à hue et à dia", et ne désespèrent pas de faire tomber le tout dans le fossé, souhaitant tout au moins de tomber dans une bonne ornière où on attendra patiemment les bonnes prébendes.
Que l’Étoile de la révolution nous préserve d’une telle adhésion, car comme je l’expliquais dans un de mes derniers articles : si les cadres du P.S.U. rentraient en bloc à la IIIe Internationale, cela en serait fini pour le Parti Communiste.
Nous n’accepterons d’ailleurs jamais de collaborer avec les "revanchards", avec ceux des députés qui dernièrement encore, oubliant leur drapeau Rouge, se découvraient devant l’Étendard de la Haine et de la Cruauté au 14 juillet.
Noua ne collaborerons au "Parti Communiste" qu’avec ceux qui ont un programme de sincérité, avec les prolétaires n’ayant aucune parcelle d’autorité et ne possédant qu’une fortune : Deux bras, un cerveau et la haine immortelle de tout ce qui soutient le capitalisme bourgeois.

Parti Socialiste et Comité IIIe - Jeunesse et Etudiants.

Je disais dans le n°2 du Communiste, intitulé "On est Communiste ou on ne l’est pas", que si la majorité du parti socialiste entraînée par la fraction Loriot adhérait à la IIIe Internationale, la minorité s’en irait. Je me suis trompé en ce sens, c’est que ce n’est pas Loriot, ni Souvarine qui entraînent le Parti socialiste à Moscou (et cela va embarrasser ce pauvre Jousselin) mais bien les centro-reconstructo-pseudo-socialo-communistes Cachin et Frossard.
Pleurez, Comité IIIe, vous êtes enfoncés par vos cadets.
Pendant ce temps, Renaudel fait sa cuisine à Genève, avec un ramassis d’anciens honnêtes gens catalogués. Est-ce que ce vétérinaire normand voudrait changer de métier pour se mettre horticulteur, afin de cultiver avec haut brio, la rose du rosier de la France Libre ?
Pour cacher son jeu, il se fait passer pour correspondant de l’Humanité, comme si ce journal n’avait pas autre chose de plus sérieux à faire !
Allez Pierre, vas-y et tire la morale logique de ton article "Lénine ou Jaurès", en ne suivant ni l’un ni l’autre, en bon normand que tu es du reste. Dépêche-toi d’aller rejoindre le bon journal des "40" qui ne sont que "19" comme dit ce fumiste de "Mayéras" qui, plus heureux que Souvarine, a trouvé un soviet en France : le soviet du bistrot I Fais attention à ta barbe, député manqué !
Je vais attendre le retour des enfants prodigues de Moscou, mais je crains bien qu’en changeant de climat, ils changent d’idées et que la traversée de l’Allemagne en sens inverse ne les refroidisse. J’ai toujours éprouvé le plaisir et la satisfaction de voir que j’ai été compris. Les camarades du Gard, dont Malbos, archiviste de la Fédération Socialiste du Gard, Brunet, ex-secrétaire de la section de Nîmes et ex-membre du Conseil fédéral, Traversier, ex-secrétaire de la Fédération du Gard, Colly et Gévaudan, trésorier et secrétaire adjoint du Comité de la IIIe Internationale du Gard, viennent de "plaquer", avec claquement de porte, ce pauvre socialisme dit "unifié" en fondant une section communiste. Bravo les gars du Gard : propagez cette sacrée idée autour de vous et aidez-nous à faire un fort Parti Communiste, où n’entreront pas les "arlequins" qui vivent de la classe ouvrière.
Chaque jour, nous enregistrons de nombreuses adhésions de camarades dévoués, qui ont compris, enfin, notre méthode d’action. Les "embastillés" que nous sommes sont joyeux des résultats acquis grâce aux lettres de cachet délivrées par le Monsieur Jousselin contre les militants du Parti Communiste.
Grand plaisir également de savoir que notre jeune Parti a été capable d’installer une tribune au Pré Saint-Gervais, à la dernière manifestation, et plaisir énorme d’avoir appris que les Jeunesses socialistes avaient "planté" leurs drapeaux rouges à côté du caliquot sur fond noir où était inscrit : Parti Communiste !
Vous sauvez l’honneur de ces Jeunesses socialistes qui, désemparées comme leurs aînés, ne savent de quel côté se tourner. Votre Conseil national est pourri comme celui du grand parti. Ils veulent être "communistes" d’étiquette, mais pas "communistes" de coeur. Vos délégués ont les mêmes tares que leurs anciens, et c’est forcé.
Le geste de ces "jeunes" sera profitable, car ces camarades ont "vu" et "entendu" des communistes. Ils diront à ceux qui veulent se partager l’assiette au beurre : Nous, nous ne voulons pas aller avec Lainé ni avec Laporte, nous allons directement à la seule organisation où on ne fait pas du communisme pour s’amuser, nous allons directement au Parti Communiste, expression exacte du Socialisme intégral.
Ce jalon étant posé dans les Jeunesses socialistes,
nous laissons la latitude à nos jeunes camarades d’en planter d’autres et de former d’ici quelque temps : la "Jeune Garde Communiste".
Sur cette route, ils se retrouveront avec les Jeunesses syndicalistes, qui, elles, ont toujours été sur la bonne voie.
Des essais de fusion ont déjà été tentés mais sans aucune certitude de réussite, tandis qu’en venant grossir nos rangs, vous êtes certains de réussir à faire des groupements vivants, forts, qui nous rendrons heureux de voir que la semence a enfin germé et que le grain arrive à maturité.
Depuis quelque temps, je suis passionnément les débats des Étudiants qui, eux aussi, s’intitulent "Commu­nistes". J’ai peur que là, encore plus que dans les Jeunesses, ce ne soit que de la façade !
Cependant, s’ils voulaient ces camarades qui possèdent l’instruction, le temps et souvent l’argent, ils pourraient aider au développement des Jeunesses, ils pourraient faire des causeries, des articles pour diffuser le Communisme. Mais je crains bien que ces "Étudiants" ne prennent une étiquette violente que pour se distinguer de la "Camelote Royale". Cela n’est pas suffisant.
Quoi qu’il en soit, le vent souffle vers Moscou, les "grands", les "moyens", les "jeunes" veulent adhérer à la Troisième Internationale, mais cette Internationale est sévère, parce qu’elle veut être communiste. Cette adhésion à Moscou signifie que doivent disparaître tous les parasites bourgeois et leurs dignes soutiens.
Plus de pantins, plus de démagogues, plus de parlementaires, plus de "gens" qui vivent de la classe ouvrière !
C’est l’épuration totale. D’un côté : le Travail ; de l’autre : les Fainéants et leurs élèves.
Socialistes sincères, jeunes ou vieux, étudiants qui voulez vous grouper sérieusement, accourez tous nous aider, et serrez-vous aux côtés des pionniers du Communisme qui grandit malgré les vexations, les brimades et les emprisonnements.
Tous au Parti Communiste !

MAURISKOFF.

P.S. :

Texte publié dans le Recueil de textes du Parti Communiste de France (1919) par la revue Invariance. Pour tout renseignement concernant ces textes, leur origine, leur contenu, nous vous invitons à prendre contact avec Jacques Camatte.




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