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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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La Révolution mondiale
{Le Communiste}, n°8, 2e année, 29 Août 1920
Article mis en ligne le 7 novembre 2013
dernière modification le 29 octobre 2013

par ArchivesAutonomies
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A lire les renseignements divers donnés par les journaux bourgeois contre la Révolution Russe, nous nous laisserions convaincre que celle-ci est loin de répondre aux désirs des peuples ; cependant, il nous suffit de remarquer avec quel acharnement on nous brosse le tableau sinistre et noir pour distiller dans nos pensées des doutes sur la sincérité de ces écrits.
Si nous posons en principe que seuls profitent de la situation privilégiée les jouisseurs bourgeois et que ceux-ci ont intérêt à maintenir le plus longtemps possible l’état social qui écrase tout le monde, eux exceptés, nous pouvons supposer qu’ils ont aussi intérêt à nous mentir constamment sur les faits de la Révolution Russe.
Si celle-ci ne les gênait pas dans leurs appétits, si elle ne leur donnait pas la crainte que les peuples qui subissent le joug capitaliste ne viennent un jour à imiter le geste du peuple russe, les bourgeois ne seraient pas aussi acharnés à combattre le bolchévisme.
Il ressort de cet exposé qu’aucun révolutionnaire, qu’il soit anarchiste, syndicaliste, socialiste, communiste et même seulement un révolté, ne doit combattre le régime des Soviets. Entre deux maux, il faut choisir le moindre. Reste à savoir, me diront certains, si le régime soviétique est supérieur en soi au régime bourgeois. Reste à savoir me diront d’autres si le régime bolchévique laissera la facilité aux peuples d’évoluer vers un idéal de liberté.
Ces points ne devraient même pas être posés, car depuis longtemps nous disions : la Révolution sera mondiale ou ne pourra pas exister. Or, nous constatons que la révolution à l’heure actuelle n’est pas encore mondiale, elle a conquis le pouvoir en Russie, elle étend ses ondes sur tous les pays d’Asie, elle secoue le vieux monde bourgeois, mais en Europe occidentale et particulièrement en France, malgré la sympathie des masses ouvrières pour l’idéal communiste, elle rencontre une opposition systématique de la part de ceux qui, mieux que tout autre, auraient dû comprendre dès le début de cette révolution où était leur devoir. Aucun des chefs des différentes sectes socialistes n’auraient dû, pour le vain prétexte de critiquer, prendre la position expectative, d’inertie, qu’ils ont pris jusqu’à ce jour. Aucun des hommes qui se réclame d’une idée de libération, n’auraient dû entrevoir autre chose à faire que d’aider, par la parole, par l’action, par une propagande incessante, la création d’un état d’esprit révolutionnaire en France.
Quelles que soient les critiques qu’on pouvait faire du régime bolchéviste, quelles que soient sincères les observations contre les Soviets, ces critiques et ces observations ne devraient exister devant le grand fait accompli.
Tant que nous n’aurons pas exécuté le même geste, nous n’aurons pas le droit de critiquer la forme courageuse des Russes, faire le contraire ce serait trahir la cause des Peuples.
Que l’on ne se retranche pas devant n’importe quel faux-fuyant plus ou moins spécieux et plus ou moins logique, le premier devoir de n’importe quel révolutionnaire est de détruire par tous les moyens la société capitaliste, ce n’est qu’en ayant créé la révolution mondiale qu’on permettra aux peuples de l’univers de bâtir l’avenir.

FLOTTER.

P.S. :

Texte publié dans le Recueil de textes du Parti Communiste de France (1919) par la revue Invariance. Pour tout renseignement concernant ces textes, leur origine, leur contenu, nous vous invitons à prendre contact avec Jacques Camatte.




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