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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Touché ! Réponse à des réponses
{Le Communiste}, n°12, 26 Septembre 1920
Article mis en ligne le 7 novembre 2013
dernière modification le 29 octobre 2013

par ArchivesAutonomies
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L’article intitulé "Casse Cou", de notre camarade Sigran, à la santé, m’a valu quantité de lettres et demandes d’explications.
On sent que notre petit organe "Le Communiste" a frappé une fois encore au but, alors que tout le monde a l’air de perdre la tête.
On a l’intuition que les individus " dirigeant l’action minoritaire ou une partie du syndicalisme ainsi nommé, s’enfuient vers la tangente.
Ne pouvant ou n’osant lutter de front contre le bureau confédéral, on prend les petits sentiers et on déclare dans sa résolution que : le Congrès déclare en principe, l’adhésion à la Troisième Internationale.
Les raisons citées dans mon dernier article sont inattaquables et ont fait ouvrir les yeux à certains qui ont plutôt décidé de "suivre" que de "penser".
C’est si bizarre, quand un copain vous répond : mais regarde Sirolle, mais regarde Monmousseau qui sont des libertaires, ils préconisent eux l’action directe avec le parti socialiste devenu tout-à-coup révolutionnaire.
Oui, camarades, c’est dommage pour eux comme pour tout le monde, car c’est incompréhensible, ces deux copains là n’ayant jamais voulu nous aider dans notre propagande communiste anti-parlementaire et se résignant à accepter la collaboration d’individus qu’ils ont toujours combattus et bafoués.
Si tu crois, mon vieux Sirolle, que tes "pantins" du Palais Bourbeux, vont devenir révolutionnaires parce qu’ils vont changer de veste, c’est que tu as perdu toute psychologie et je crois plutôt à une "boutade" qu’à une "certitude".
Quant à Monmousseau, il est "chambré" par les membres du Comité III° Internationale et ne voit que dans l’adhésion à Moscou, le seul moyen de mettre le bureau confédéral en minorité.
Cet après-guerre nous en aura fait voir de drôles ! Les arrestations pour le fameux Complot, nous aurons fait voir de plus vertes encore !
Ceci dit, il me semble maintenant qu’il est nécessaire de battre le rappel de ce qu’il reste de gens "non influen­cés", de réunir les tronçons épars "sabrés" après la grève de mai, de façon à ce qu’il existe chez nous un groupement conscient de "réfléchis".
Il est urgent dès maintenant de se mettre en relation avec les partis anti-parlementaires d’Europe et du monde entier.
Nous ne sommes pas les seuls qui ne comprenons pas ce "revirement" de l’Internationale Communiste. Il y a le groupe Malatesta en Italie, qui a fait du bon travail, quoique non affilié à Moscou ; il y a le Parti Communiste anti-parlementaire d’Allemagne, il y a aussi le Parti Communiste Anglais, qui avait reçu l’ordre de Lénine d’adhérer au Labour Party et qui a été, ô ironie, black-boulé par ce fameux Labour Party et, enfin les I.W.W. de New-York et le Parti Communiste Américain.
Du reste, les Cachin et les Frossard ont dit de tels mensonges à Moscou qu’il est ici impossible de les "avaler". Ils vont se charger de détruire l’enthousiasme que nous avions déclenché pour la Révolution Russe.
La Sainte Trinité des Loriot, Monatte et Souvarine commence à se faire moquer d’elle car leurs amis les "étouffent" sous les fleurs après avoir essayé de les "assassiner".
Le "battage" et les "boniments" ne durent qu’un instant. Vous avez jeté votre feu, la flamme va bientôt s’éteindre malgré votre alimentation en combustible.
Conclusion : impossibilité totale pour les syndicalistes révolutionnaires de suivre à Moscou des politiciens connus pour leur non-valeur et par conséquent se grouper en attendant la "reprise de possession" de la Grange-aux-Belles, car le bureau confédéral aura encore la majorité au Congrès d’Orléans.
Nous verrons alors cette chose bizarre de "noyaux" Troisième Internationale payer leurs cotisations aux membres de la Deuxième d’Amsterdam, ils gueule­ront "contre la C.G.T.", mais lui fourniront les moyens de continuer une propagande qu’ils critiquent.
Comprenne qui pourra, mais je suis comme gavroche : je n’y comprends que dalle
Il est vrai que je ne suis pas un as, loin de là.

MAURISKOFF.

P.S. :

Texte publié dans le Recueil de textes du Parti Communiste de France (1919) par la revue Invariance. Pour tout renseignement concernant ces textes, leur origine, leur contenu, nous vous invitons à prendre contact avec Jacques Camatte.




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