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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Parti Communiste
{Le Communiste}, n°14, 2e année, 10 Octobre 1920
Article mis en ligne le 7 novembre 2013
dernière modification le 29 octobre 2013

par ArchivesAutonomies
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PREAMBULE.

Sous le poids des crimes qu’elle a commis, la bourgeoisie agonise. Incapable de remettre en état la vieille machine économique, brisée par l’inommable massacre (1914-20), elle se cramponne à la vie par la pratique de la terreur et de la corruption.
En France, elle est plus arrogante que partout ailleurs.
Dans ce pays qui ose encore se réclamer des droits de l’homme, la pensée révolutionnaire est jugée subversive et persécutée par les maîtres du jour.
Les meilleurs des nôtres expient leurs délits de dévouement à la cause du prolétariat, dans les bastilles républicaines.
La réaction ne peut plus lâcher sa proie sous peine de se déjuger et de rendre un appoint formidable à la propagande révolutionnaire.
Tout cela est la prédiction inéluctable de la fin prochaine d’un régime qui ne se sustente que de cadavres et ne s’abreuve que de sang.
Ce n’est pas une raison pour que l’élite révolutionnaire attende passivement cette fatalité historique.
Au contraire, elle a le devoir de se mettre à la besogne dès à présent, pour précipiter la chute du vieil édifice chancelant et de préparer le prolétariat à la gestion de la Société Communiste.
C’est pour cette double tâche : destructive d’abord, constructive ensuite, que les ouvriers révolutionnaires de France ont fondé le "Parti Communiste".

CONSTITUTION - MOYENS - BUT DU P.C.

Le Parti Communiste est formé de groupes d’hommes d’action, choisis parmi l’élite du prolétariat.
Etant un parti de réalisation, il admet en son sein les camarades des différentes écoles : anarchistes, syndicalistes et socialistes. Il ne réclame d’eux qu’une qualité essen­tielle : l’activité révolutionnaire dans un sens communiste.
Ne comptant que sur l’action directe comme moyen d’expropriation totale de la bourgeoisie, le P.C. condamne formellement le parlementarisme et le corporatisme.

POSITION DE P.C. VIS-A-VIS DES AUTRES GROUPEMENTS.

Pour cette raison, il ne peut prendre parti en faveur de la gauche contre la droite des vieilles organisa­tions : Parti Socialiste et Confédération Générale du Travail.
Quoique sa sympathie soit acquise aux minoritaires, il dénonce au prolétariat leur insuffisance de programme, parce qu’enroutinés dans la vieille forme des organisations périmées et leur incapacité d’action, parce que respectueux des décisions dictées par la majorité.
Ce sont des démocrates au sein de leurs parlements ouvriers.
Le Comité de la IIIe Internationale ne voulant pas se désolidariser de la majorité patriotarde, le Comité des Syndicats minoritaires ayant ce même préjugé d’unité impossible, sont tous deux frappés d’impuissance. Le P.C. dénonce publiquement cette attitude équivoque devant l’imminence de la Révolution.
Il estime que l’époque est aux situations nettes et aux programmes clairs.
C’est encore une raison pour que le P.C. ne laisse pas supposer plus longtemps une possibilité de fusion avec des éléments dits de gauche et en réalité caducs, parce que évoluant dans les vieux cadres, craquant sous la moisissure.
Au contraire, le P.C. tend une main amie aux camarades qui ont jugé la lutte intérieure terminée et se sont séparés des organisations rétrogrades pour former la Confédération des Travailleurs du Monde. Il propose à ces camarades une entente permanente, afin de réaliser l’unité du prolétariat sur le terrain vraiment révolutionnaire, en dehors de toutes considérations légales ou corporatives.
Un seul moyen : l’action directe pour réaliser un seul but : LE COMMUNISME INTEGRAL.

ORGANISATION INTERIEURE DU P.C.

Pas de statuts rigides ; une tactique d’une parfaite souplesse lui permettant d’être toujours d’actualité.
Les Groupes recrutent leurs adhérents avec précaution. Chaque groupe délègue un camarade au Comité Central.
Le Comité Central est donc l’ensemble des délégués des Groupes (région parisienne bien entendu, ceux de province donnant leur avis par correspondance).
Tous les membres du Comité Central ont une besogne bien déterminée à accomplir. D’aucuns s’occupent de la propagande orale, d’autres de la rédaction du journal, de l’affichage, etc., etc.
Un secrétaire et un trésorier s’occupent de l’organisation intérieure et de la correspondance avec la province et l’extérieur.
Personne n’est rétribué ; aucune autorité. Toutes les décisions sont dictées par la simple logique et la communauté d’inspirations, réalisant une unanimité permanente.
Voilà, brièvement démontré, le fonctionnement du P.C.
Le Conseil d’Usine a sa base d’action ; il se donne comme but immédiat l’organisation du prolétariat en vue de la gestion de la Société transformée, sans avoir à recourir aux capacités techniques des embourgeoisés et des professionnels de la politique.
Le P.C. veut et croit pouvoir faire l’économie d’un Etat. Il aspire de toutes ses forces au Communisme fédéraliste.

RELATIONS INTERNATIONALES.

Internationalement, le P.C. joindra son action quotidienne à celle des camarades de tous les pays, luttant pour le triomphe du même idéal.
Pour jeter bas le régime abject que nous avons la lâcheté de subir ;
Pour aller d’un seul bond au Communisme intégral, le P.C. fait appel à toutes les énergies.
Elles surgiront nombreuses.

Le Comité Central.

P.S. :

Texte publié dans le Recueil de textes du Parti Communiste de France (1919) par la revue Invariance. Pour tout renseignement concernant ces textes, leur origine, leur contenu, nous vous invitons à prendre contact avec Jacques Camatte.




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